CHAPITRE I
titra : c'est ce que j'ai exécuté sur des salamandres , des grenouilles et des crapauds.
J'excisai le cœur à quatre salamandres crêtées S. triton ) , avec la précaution d'enlever le bulbe' de l'aorte; j'en exposai deux à l'air, et je plongeai les deux autres dans l'eau à la même température, et privée d'air par l'ébullition. Dans l'une et l'autre circonstance, elles furent très-vivacespendant long-temps ; mais leur activité diminua ensuite et ne se manifesta plus que par des mouvemeos à d'assez longs intervalles. Au bout de quatre i cinq heures, les salamandres dans l'eau paraissent mortes; mais on s'assura qu'elles existaient , en les remuant ou les pinçant , sans les exposer à ïair, précaution absolument nécessaire. L'une mourut au bout de huit heures, et l'autre de neuf. Les salamandres qui étaient dans l'air vécurent , au contraire, de vingt-quatre à vingt-six heures, différence considérable en faveur de l'action de Fair, mais qui avait besoin d'être constatée par d'autres expériences. Je les répétai donc, avec les même s précautions, sur six autres salamandres, et j'obtins des résultats analogues. Les salamandres qui étaient sons l'eau vécurent de sept à huit heures , et présentèrent les mêmes phénomènes que les précédentes ; tandis que celles qui étaient exposées à* Fair prolongèrent leur existence jusqu'à vingtquatre ou vingt- neuf heures. Ces différences trandées et comparatives ne pouvant dépendre que delà différence des milieux, il en résulte ce fait
•que l'air, comparé à l'eau, estbaucoup plus propre à entretenir Faction du système nerveux de ces animaux > et que ce fluide a une action vivifiante sur leur économie, indépendamment de son influence par Fintermède de la circulation du sang et de la respiration»
Il fallait étendre ces recherches aux grenoui lies •
Je fis l'excision du cœur et du bulbe de Faorte suir
douze grenouilles (R. esculenta, R. tempera— ri a ) (i) , dont je plaçai six dans Feau non aérée ^ et six à Fair. Après cette opération , elles saute— rcirt avec une vivacité extraordinaire qui dura quelque temps. Celles qui étaient dans Feau non aérée vécurent deux heures, et les grenouilles exposées à Fair vécurent une heure de plus. 11 est h remarquer que le décroissement des mouvemens. jusqu'à leur cessation , malgré les moyens d'excitation dont j'ai parlé , est bien plus rapide dans Feau que dans Fair. Je répétai ce genre d'expériences un assez grand nombre de fois pour constater le fait. La même expérience réussit également sur les crapauds, et d'une manière comparative pour la durée.
La différence de Faction de ces deux milieux sur le système nerveux et musculaire des batraciens devient encore plus évidente par l'expérience suivante : Lorsqu'on a excisé le cœur 1 une gre—
(i) Les autre* expériences ont été faîtes sur les m péces de salamandres et de grenouilles*