‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 122 sur 206 · CHAPITRE Xi · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xi

cette fonction les diverses modifications de l'air. Ce n'est que depuis peu que les physiciens sont parvenus à déterminer l'influence du poids de Fat-* mosphère sur la vaporisation. Ils nous ont appris que la diminution de pression sur les liquides accélère leur conversion en vapeur. Après toutes les preuves que nous avons rapportée? de l'empire que les causes physiques de ce genre exercent sur la transpiration, nous ne saurions guère douter que celles que nous venons d'indiquer n'agissent de même sur l'économie animale. Cependant j'ai cherché à m'en assurerpar des preuves directes. J'ai comparé la transpiration d'animaux placés sous le récipient de la machine pneuma*» tique, en y raréfiant l'air, avec celle d'individus de même espèce exposés en même temps à l'air libre. Les animaux à sang froid sont les plus propres à ce genre d'expériences. Us souffrent peu de la raréfaction à laquelle iPfaut- porter l'air pour obtenir promptement des effets sensibles j l'on écarte ainsi les causes de complication qui rendraient les résultats peu décisifs en opérant sur les animaux à sang chaud, et l'on reconnaît que dans l'air raréfié et dont , par conséquent, on diminue la force élastique , ce qui représente la diminution du poids de l'atmosphère , les pertes par la transpiration sont augmentées. J'ai rapporté ces expériences dans le premier chapitre de cet ouvrage. Je n'hésite pas à en appliquer les ré*. sulfata pu* aqimam h sung chaud , et à l'homme*

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§ V 1. Trcuispircdion par waporaOùn et par

• transsudatioTi*

Voilà trois conditions qui influent notablement ,sur la transpiration , l'état hygrométrique , le -mouvem^it et la pression de l'air. Remarquons qu'elles n'agissent que sur la transpiration insensible ; c'est elle qui est augmentée par la sécheresse, l'agitation et la diminution de poids de l'atmosphère. Ces causes ne provoquent pas la sueur, .du moins directement, et la raison en est évidente : c'est quelles agissent d'une manière physique; -elles diminuent la masse des liquides en déterminant une partie à se convertir en vapeurs. La sueur, au contraire, est une perte qui se fait ordinairement par une action vitale sous la ferme •d'un liquide qui transsudej ce qui nous conduit à distinguer deux modes de transpiration , l'nn par évapo ration, et l'autre par transsudation, lis paraîtraient d'abord équivaloir à la transpiration insensible et à la sueur; mais ces dénominations, quoiqu'elles puissent quelquefois être substituera l'une à l'autre, ne sont pas équivalentes, La distinction est facile : tout ce qui se perd par la transpiration insensible ne doit pas être eoqsidérti comme le résultat de la transpiration par évap«>— ration. La peau n'est-elle pas un organe eicrt*-» leur capable d'éliminer du corps une certainequantité de liquide, indépendamment du cou-

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cours des agens extérieurs, comme les voies urinairës séparent une partie, àe& matériaux du sang et la portent au dehors ? Tout ce que la peau perdra en vertu de cette faculté se fait par transsu-* dation. Le liquide qui sort par ce moyen peut être en si petite quantité, ou s'il est abondant, se dissiper si prompte ment en vapeur, qu'il soit insensible | et Ton ne donne ordinairement le nom de sueur qu'à la transsudatiotî visible. Même «on peut, appeler sueur le produit de la transpiration par évaporation, lorsque, par des causes quelconques , il vient à être condensé et précipité sur la peau sous la forme d'un liquide.

Toutes les pertes par la transpiration se rap-r portent à ces deux modes d'action. Elles se partagent entre l'évappration , qui est un procédé physique, et la trapssudalion , qui parait le plus couvent une action vitale.

La transpiration par évaporât ion a lieu, comme nous, l'avons déjà remarqué, sur le mort comme sur le vivant. Elle est indépendante de toute es-* pècp de transsudation, Elle est une conséquence de la porosité des corps organisés, porosité telle que les liquides près des surfaces en contact avec l'air diminueraient de quantité en se convertissant en vapeurs, quand même les pores ne seraient pas de nature à donner passage à une seule goutte de liquide; mais les corps vivans ont la faculté d'éliminer par leur surface extérieure une certaine quantité de liquide;, fonction qu parait s'exercer

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toujours! seulement avec plus ou moins d'activité; qui peut être modifiée par les agens extérieurs , mais qui dépend essentiellement de cauâest inhérentes à l'économie vivante : c'est sous ce rapport seul que la transpiration est une sécrétion comparable aux autres sécrétions du corps. Nous avons dit plus haut que si cette sécrétion n'existait pas, la transpiration par évaporation ne laisserait pas d'avoir lieu ; réciproquement la transsudation a lieu indépendamment de l'autre mode de transpiration.

Comme ils sont ordinairement réunis , il serait intéressant de déterminer la part de l'un et de l'autre; nous saurions ainsi ce que nous devons aux procédés physiques, et ce que nous devons aux fonctions vitales. Rien ne payait plus facile en théorie que d'établir cette distinction. Il ne s'agit que de supprimer les conditions physiques qui permettent l'évaporation , et s'il se fait encore des pertes par transpiration , elles proviendront de la transsudation. On obtiendrait ainsi le rapport dans des conditions données entre la transpiration par évaporation et celte par transsudation. Mais pour que cette méthode puisse être appliquée , il faut avoir égard aux considérations suivantes.

Remarquons que, pour supprimer entièrement la transpiration par évaporation , il faut non-seulement que l'air soit à l'humidité extrême, mais aussi à un degré de température qui ne doit pas être

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inférieur H celui de ranimai. Si fair était phe froid, il s'échaufferait par le contact du corps; il cesserait alors d'être k l'humidité extrême, et il permettrait une % évaporation relative au degré dont . il* serait échauffé. Plus la température de Tanimal est élevée au-dessus de celle de Fair, plus ce fluide pourra s'échauffer par le contact , s'éloigner/ par conséquent, davantage du point de saturation , et augmenter la part de l'évapo» ration. En se servant de vertébrés & sang froid, on peut supprimer presque entièrement la perte par évaporation. Leur température n'est pas toujours supérieure & celle de .1 atmosphère , comme ou le pense assez généralement ; elle est quelquefois même plus. Lasse; et lorsqu'elle s'élève aud&sps 9 ce n'est ordinairement que de quelques fractions de m degré, et au plus d'un ou deux degrés centigrades. La moyenne de ces différences, eu plus ou en moins , en donne bien une au-dessus de la température de l'air ; mais elle est si légère qu'on peut la négliger dans ce genre d'expériences.

Nous regarderons donc l'évaporation comme nulle lorsqu'on place un vertébré à sang froid dans fair porté à l'humidité extrême.

Pour trouver Je rapport des pertes par transsudation et par évaporation dans l'air sec, il faut retrancher de la perte totale celle qui a lieu dans de l'air humide. On voit par les tables de la transpiration des vertébrés à sang froid que le rapport

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froid. Voyons ce qui résulterait pour les premier* d'une très-bafte température* On sait , par l'effet que le froid produit sur la sueur , qu'il diminue la transsudation. Or , supposons qu'il puisse, par son intensité , la supprimer totalement ; il restera la transpiration par évaporation qui aura toujours lieu , quoique l'air soit à l'humidité extrême : nous en avons donné plus haut la raison- La température élevée de l'homme et des animaux à Sang chaud échauffe l'air en contact avec* leur corps , change son état hygrométrique en .l'éloignant de l'humidité extrême, et détermine l'évaporation. Si , au contraire f on élève la température de l'air au niveau de celui du corps en même temps qu'on le porte à l'humidité extrême pour supprimer l'évaporation , on excite la transpiration par transsudation ; et ce sera à tel point que, chez l'homme et d'autres animaux , la sueur ruissellera par tout le corps. On ne peut donc dans aucun cas supprimer leur transpiration ; elle aura lieu d'une façon ou d'autre , soit par évaporation , soit par transsuda* tion. Ainsi l'on doit te garder de prendre à la lettre ce que l'on trouve dans tous les livres de médecine relativement aux suppressions de la transpiration. Il n'y en a pas, et il ne saurait y en avoir ; mais il y a des suppressions de sueur : cela est visible potyr tout le monde. Il ne s'ensuit cependant pas que même dans ces cas il n'y ait pas de transsudation ; car <lans les cas ordinaires de la transpiration insensible , il y a une perte qui se

mimât H; &ty

fait par" tftitissudatt&n , comme tioùs ratons fait Voir plus haut.

Gomme il est difficile de s'assurer directement si la transpudatiofl est jamais entièrement Supprimée obes l'homme et les animaux 4 sang chaud > voyortp ce qqe les vertébré* à sailg froid nous présenteront sur cette matière*

Les batraciens sont les plus propres k ce getift? de recherches, à cauje de leur peau nue* de la finesse de ce tégument , de l'abondance des pertes qui peuvent se faire par cette voie , et par conséquent des rapports que leur transpiration prér sente avec cpHe de l'hdmme*

En soumettant des gnentutUlee k U. température de zéro dans de l air humide pour supprimer lia transpiration par évaporation , ejles ont perdu par transsudation, dans difféi^ntessé*ie$ d'expérience la trentième partie de leur poids. La traq&ncUtMV est plus abondante chez ces animaui que chez l'homme plqcé dans des circonstance* heatjLcoùp plus favorables. Lorsque Ton considère la sensibi-* lité de ces êtres à l'action du fcsid, combien il diminue à ce degré l'activité de tontes Jtanfs fonctions* et combien ils peuvent perdra pat» la trarnssudation k nue aussi basse température* ij p'e» pa$ pré* somable que le froid supprime et mode de tfaftts? pîration chez l'homme* doutant plus qu'ayant un* chaleur propre qui varie très-peu avec If tçùipérar tare extérieure, c'est une condition qtti doit coïttriboer puisssmtnent à entretenir la transsndatiom

Elle pourra être très - diminuée par l'action du froid ; mais il ne paraît pas qu'elle soit susceptible d'être totalement supprimée.

- C'est une chose remarquable f quçique ce soit un lait connu de tout le monde, que même lorsque la vie est défaillante et qu'elle* paraît prête à nous échapper , le corps se couvre de sueur , tant cette fonction a de tendance à persister.

Comme nous ne pouvons guère déterminer par des* expériences directes sur l'homme et les animaux à sang chaud les variations dans les proportions de la transsudation à des températures inférieures à celle de leur corps, parce que les pertes par ce mode de transpiration se confondent avec celles par évaporation , ainsi que nous l'avons expliqué plus haut , il faut avoir recours aux moyens indirects qui nous ont déjà servi en pareille occurrence.

§ VA. De l'Influence de la Température.

JSxi étudiant l'influence de la température sur la transaudation des batraciens à difierens degrés, de 0° à 40 centig. , dans de l'air saturé d'humidité popr supprimer la transpiration par évaporation , nous avons observé que l'augmentation dd pertes par la transsndation de o° à io° était trèslégère ; qu'il en était de même de io° à 20° mais qu'il 40* l'accroissement était considérable qutai comparant la somme des pertes dans Tes

cHÀPfrafe xi; 35g

pacfc de six heures à la température de o° et celle qui a lieu à 4<>0, elles étaient à-peu-près comme i : 5,5k

Eu élevant la température de l'air humide à 4o°, on peut obtenir d'aussi grandes pertes par la trabssudation que celles qui résultent de la seule transpiration par évaporation dans un air suffisamment sec , mais à une température qui n'excède pas 200*

Quelle induction pouvons-nous tirer de ces faits relatifs à des animaux à sang froid qui soit applicable à l'homme et aux animaux à sang chaud?

Nous dirons d'abord qu'il est probable, d'après ce que nous venons d'exposer , que la transsuda** tîon chez eux ne reçoit que de faibles accroisse-* mens par des élévations de température à difFé-* rens degrés entre o° et 20°; que, si nous cher-» chons à vérifier cette application par les indices que la simple observation peut nous fournir, dans l'impossibilité où nous sommes d'appliquer deg mesures exactes, nous en trouverons la confirmai tîon. Tout le monde a eu l'occasion de reconnaître, qu'entre les limites de température que nous venons d'indiquer, on n'observe guère de sueur* chez l'homme lorsqu'il est dans le repos $ en parfaite santé et libre de toute agitation de l'âme ;• mais lorsque la chaleur s'élève au - dessus de • ce terme, seulement de 5° à 6°, on voit la transsudation se manifester sur un grand nombre de personnes dans la situation la plus paisible du corps et de l'esprit , pourvu que l'air ne soit ni trop stc ni

trop agité. Pour peu que la chaleur devienne pttts intense, la sueur s'accroît dans uqe proportion qui paraît beaucoup plus forte que celle de la température. II y aura donc un degré où la perte par la transsudation pourra égaler celle que produit la transpiration par évaporation dans un air très-sec Il 20e et au-dessous.

Suivons les modifications delà transpiration dans un air dont la température s'élèverait progressivement. Il en résulterait deux effets que nous allons comparer. L'accroissement de chaleur au-dessus de ao° augmenterait rapidement la transsudation ; d'autre part, l'air, devenant plus chaud, augmenterait révaporafioQ dans une progression croissante; mais la transpiration par évaporation ne suit pas nécessairement la même maiçhe. En voici la raison : i mesure que la sueur devient abondante, eUe se répand sur le corps, y forme une couche extérieure plus ou moins étendue. Dans cet espace où ht sueur intercepte le contact de l'air avec la peau, il n y a point de transpiration par évaporation ; il y a de 1 évaporation aux dépend de la couche de sueur toujours entretenue par la traassudatum 9 mais point de liquide dans ces parties qui s'évapore de l'intérieur & travers le» pores, et partant, plus de transpiration par évaporation. Cette suppression sera générale pour les tégnmens lorsque la sœur les recouvre partout. L'évaporation aura toujours lien; mais ce ne sera pas par transpiration; ce qui if est pas une circonstance indifférente pour

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