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CHAPITRE XIII

Absorption dans l'Air humide.

Lorsque nous nous sommes occupés de la transpiration dans l'air humide, nous n'ayons pas examiné si le corps pouvait absorber de la Tapeur aqueuse. Nous pouvions en faire abstraction, puisque dans tous les résultats que nous avons présentés , nous n'avons vtf qu'une diminution de poids dans l'air humide ; diminution due à la perte par transpiration. Nous en avons tiré parti pour envisager cette fonction dans les rapports simples nécessaires à la clarté.

Après avoir considéré la transpiration dans l'air, nous l'avons comparée avec celle qui a lieu dans l'eau, et nous avons reconnu que si, d'une part, le corps perd de l'eau par la transpiration , d'autre part il en reçoit par absorption ; mais Veau absorbée est à l'état liquide ; ce qui nous conduit & examiner s'il a la faculté d'absorber l'eau à Tétât de vapeur.

On ne saurait conclure rigoureusement de l*af> sorption de l'eau à celle dé la vapeur aqueuse pai des corps aussi imprégnés d'humidité que cet*? des animaux , surtout si l'on considère les pot*^ mons, que nous trouvons toujours abreuvés de U-

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quides , même à la surface en contact avec l'air* Quoiqu'on puisse regarder la cause qui influe sur l'absorption de la vapeur et sur celle de l'eau par les corps inorganiques comme étant la même , et, par conséquent, leur point de saturation comme le même dans l'un et dans l'autre cas , cependant , si le corps est très-poreux , il recevra dans ses pores , lorsqu'il est plongé dans l'eau , une quantité de liquide qui s'y interposera, en supposant qu'il puisse encore en contenir , et dans le cas contraire, il se ferait un échange de liquide à cause des mouvemens qui existent toujours dans an milieu quelconque.

lies corps hygrométriques, ceux particulièrement qui absorbent de l'humidité sans changer d'état ou sans altérer sensiblement leur texture , attirent sur leur surface et dans leur intérieur la Tapeur aqueuse , et la condensent indépendamment de toute action sur l'air dans lequel elle est répandue.

Mais si , dans de certains cas , ils en prennent à l'air, dans d'autres ils lui en cèdent, et les animaux, à cause de la quantité de liquide qu'ils contiennent de toutes paris , semblent plus en état d'en céder que d'en prendre : ceci est particulièrement applicable aux animaux à sang chaud, et par conséquent , à l'homme ; parce qu'en supposant l'air ambiant à l'humidité extrême, le corps des mammifères et des oiseaux ayant une température qui est ordinairement beaucoup plus éle-„

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vée que celle de l'atmosphère , échauffe l'air en contact arec sa surface , et par cela même change l'état hygrométrique de l'air, qui est alors susceptible d'admettre de la vapeur ; condition dans la* quelle il paraîtrait plutôt que les fluides dn corps dussent en fournir.

Ce que je dis ici se borne à la vapeur aqueuse , la nature des autres vapeurs pouvant influer beaucoup sur leur absorption , comme lorsqu'elles ont de l'affinité pour l'eau , etc.

Cependant il est certain que les cheveux au moins sont hygrométriques , même sur notre corps , pendant la vie ; une partie de la vapeur qu'ils ont condensée et convertie en eau doit se propager jusqu'au bulbe où l'absorption s'en fera. D'où il résulte que certaines parties de notre corps sont susceptibles d'absorber de la vapeur aqueuse , tandis que d'autres en fourniront.

Mais il reste à savoir jusqu'à quel point celle absorption peut , par sa quantité , influer sur le poids du corps , et si le phénomène de l'absorption de la vapeur aqueuse est restreint à quelques espèces , ou si l'on peut le regarder comme général : car |a détermination de la généralité et de la mesure d'un fait ajoute beaucoup à son importance.

La difficulté de reconnaître par le poids du corps l'absorption de l'eau à l'état liquide doit se reproduire , à plus forte raison, lorsqu'il. s'agit de l'eau è l'état de vapeur. U est des faits épars qui , si

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l'observation en était exacte, ne laisseraient cependant aucun doute sur l'influence que l'absorption de la vapeur aqueuse peut avoir sur le poids du corps. Ils sent principalement relatifs à l'homme; mais, en général, ik sont vagues, ou dénués des circonstances ou de l'authenticité nécessaires pour amener la conviction.

Pendant long-temps j'aurais pu douter, par ma propre expérience , de l'absorption de la vapeu* aqueuse, soit sous le rapport de la généralité du phénomène, soit sous le rapport de sou influencé sur le poids du corps.

Je fis de nombreuses observations sur des ani-» maux de diverses espèces paiwi les vertébrés à sang froid et A sang chaud , séjournant dans de l'air à Thumidité extrême , et je trouvai , en les pesant à dtfférens intervalles , qu'ils diminuaient successivement de poids.

Or, tant qu'il y a diminution successive de poids dans l'air humide, on «'y voit aucune preuve de l'absorption delà vapeur aqueuse; mais, dans la suite , j'eus l'occasion d'observer quelques phénomènes qui me paraissent fournir une preuve suffisante de cette absorption.

Se ne pouvais douter, par la multiplicité des faits , que la transpiration par transsudation ne fût un phénomène constant dans les limites de température, etc. , relatives à mes expériences. Or, il m'est arrivé d'observer, sur des grenouilles dans l'air à l'humidité extrême , que, pendant

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l'espace d'une heure, elle? n'avaient ni augmenta ni diminué de poids; espace de temps pendant lequel j'*vais* toujours coostaté qu'elles faisaient ane perte notable par la transsudation.

Au lieu de conclure que la transsudation s'était supprimée , je concevais qu'il y avait eu absorption de vapeur aqueuse équivalente à la perte par tran6audation , et l'analogie de ce procédé avec ce que j'avais constaté relativement am jeu de ces deux fonctions dans l'eau devait me déterminer.

Je n'aurais jamais eu d'autres résultats que je . serais resté convaincu que ces deux fonctions peuvent avoir lieu dans l'air humide , et que le poids du corps qui y séjourne dépend alors de la différence de leur action.

Mais la différence est grande entre les quantités absorbées dans l'air humide et dans l'eau. Il résulte des expériences comparatives que j'ai faites sur des animaux placés dans les deux milieux, que la quantité absorbée est bien moindre dans l'air à l'humidité extrême que dans l'eau. Dans de l'eau , à tous les degrés de température , depuis o° jusqu'à 3o° , ces animaux étant à-peuprès à leur point de saturation , on observe toujours le jeu des deux fonctions, par des alternatives de diminution et d'augmentation de poids , en les pesant à plusieurs reprises dans l'espace de cinq ou six heures.

Dans l'air à l'humidité extrême , la vapeur

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