CHAPITRE XJIL
étant même à l'état vésiculaire , qui est celui des brouillards, de la température de o° à io°, la plus propre à rendre sensibles les effets de l'absorption , parce qu elle tend, comme nous l'avons vu précédemment , à faire prédominer cette fonction sur l'exsudation , dans ces circonstances favorables, il ne m'est arrivé d'observer d'autres effets de l'absorption de la vapeur aqueuse par ces animaux, que ce qui suffisait pour contrebalancer la perte par transsudation, et ces cas mêmes ont été rares.
Mais comme ils sont susceptibles d'une double interprétation , quelque convaincu que je fusse de la justesse de celle que j'avais adoptée, il était à désirer que je pusse en observer d'autres absolument exempts d'équivoque. C'est ce qui m'est arrivé*
J'avais placé une couleuvre à collier dans un vase tel que j'en ai décrit , pour contenir de l'air à l'humidité extrême. Je pesai l'animal à différera intervalles, et je trouvai qu'il avait d'abord diminué de poids ; mais au lieu de continuer de la sorte, il prit un accroissement d'un gramme, non au-delà de ce qu'il pesait au commencement, mais au-delà du point de diminution où il était parvenu (i).
Voici donc un phénomène semblable à celui que nous avons observé relativement à l'absorption dans l'eau , et qui ne laisse point de doute ■ ■ * ■ ■ ■ ■ . ■ ■
(i) Foyes tab. 5j.
36a QUATRIÈME PARTIE.
fur l'absorption de la vapeur aqueuse , en quantité suffisante pour prédominer dans certains cas sur la perte par transsudation.
•J'ai dit que les animaux à sang chaud avaient , sous le rapport que j'ai expliqué dans ce chapitre, un désavantage sur les animaux à sang froid , relativement à l'absorption de la vapeur aqueuse ; mais ils peuvent d'ailleurs être organisés de manière & compenser cette différence , et peut-être au-delà.
Quoi qu'il en soit, je crois pouvoir regarder comme une preuve de l'absorption de la vapeur aqueuse par des mammifères le résultat suivant. Je comparai la perte de poids de plusieurs cochons dinde dans l'air sec et dans l'air humide : à cause de la nature de l'appareil je ne pouvais évaluer la perte par transpiration qu'en défalquant de la perte totale celle des évacuations alvines et urinaires d'animaux semblables à l'air libres ; mais lorsque je comparais le terme moyen de cette perte à la diminution de poids des animaux placés dans l'air à l'humidité extrême, il ne restait rien pour la transpiration ; loin de là , le terme moyen des évacuations alvines et art— naires surpassait la diminution de poids dans l'air humide. Il paraissait donc que l'absorption de 1* vapeur aqueuse avait suppléé à cette différence * et à la perte par transsudation ; car ce n'est pas à l'absorption d'une partie de l'air respiré que Ton peut attribuer cet effet.
chapitm xm. 565
Faisons d'abord à l'homme l'application de tons ces résultats relatifs aux animaux, et voyons quel •ppui nous trouverons dans les observations spéciales.
En premier lieu, il n'est pas Croyable que l'homme n'ait pas , comme eux , la faculté d'absorber la vapeur aqueuse , et même en quantité suffisante pour qu'on puisse s'en apercevoir par le poids du corps, soit parce qu'il ne diminue pas de poids dans l'air humide , soit parce qu'il augmente sensiblement 4 cet égard pendant quelque* temps.
En second lieu, ces cas doivent, en général, être 9 rares , en comparaison de ceux où l'on n'observe qu'une diminution du poids du corps par la transpiration , quoique l'air soit à l'humidité extrême. Si maintenant nous examinons les faits que Ton rapporte, tout en faisant la part de ceux qui paraissent douteux , nous trouverons la confirmation de ces conclusions.
On a cité Gorter comme fournissant des faits d'absorption de la vapeur aqueuse ; mais je n'ai trouvé dans son ouvrage que des faits relatifs aux vêtemens.
Keill dit, dans un aphorisme : ce quœ in acre êub vaporis spêcie circumvolitant aquoe particu~ lœ , d cute nostrà attractœ , cum sanguine commiscenturj et corpus pondère augent » Si dans les observations de cet auteur on ne trouvait aucun fait i l'appui de la proposition , nous serions
dans le doute , soit sur le sens qu'il y* attache ; soit sur les fondemens de cet aphorisme, que l'on pourrait regarder comme une opinion , ou comme une observation ; car l'augmentation du poids du corps dans Sanctorius et Gorter a une acception variable , tantôt exprimant un sentiment de pesanteur , tantôt une diminution de poids moindre que de coutume, ce qui est une augmentation relative. Enfin , un nombre considérable d'aphorismes expriment plutôt des opinions que des faits. On trouve cependant , dans une observation de l'auteur, que pendant une nuit qu'il cite, le corps avait absorbé 18 onces de vapeur. « 27 decemb. » hdc nocie octodecim humoris uncias ex aerm h ad se somnians attraxit. »
L'expression est trop formelle pour qu'on puisse s'y méprendre , et le fait trop facile à déterminer pour croire qu'il ait pu s'y tromper. Quelque doute que l'on ait pu avoir, soit sur le sens , soit sur l'authenticité de cette observation de Keill , elle acquiert une grande valeur quaud on la rapproche d'une autre de Lining, tellement circonstanciée qu'elle entraine la conviction.
« Le même jour ( 3 juillet ) , entre 2k 45' et 5k 7' , après midi , mes vêtemens étant les mêmes, et m'abstenant de tout exercice , je bus de a5 à a5 onces de punch; l'air étant refroidi par des nuages qui couvraient le ciel , la quantité d'urine fut considérablement augmentée, équivalant, dans
cet espace de ak 5o', à 5 28 f ; mais h t&nspir*