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CHAPITRE XIV

De la Température.

§ 1. Du Degré de chaleur que l'homme et les animaux peuvent supporter.

Peu après l'invention du thermomètre, lorsque les observations météorologiques étaient nécessairement peu nombreuses et incomplètes, on ignorait que l'homme et les animaux à sang chaud pussent supporter une température supérieure à celle de leur corps. Boerhaave, en méditant sur l'usage de l'air dans la respiration, avait adopté l'opinion que l'abord de ce fluide servait à rafraîchir les poumons , dans lesquels le sang subissait une fermentation qui produisait une chaleur considérable , et que la vie devait s'éteindre si l'air avait une température supérieure à celle du corps des animaux.

Quelques expériences entreprises à son invitation par Fareinheit etPrévoost, semblèrent confirmer son opinion. Elle fut généralement adoptée jusqu'à ce que des observations de Lining à Charlestown, en 1748, d'Adanson, pendant son voyage au Sénégal , de Henry Ellis, en 1758,. alors gouverneur de la Géorgie, constatèrent que la chaleur , dans ces divers climats , s'était élevée à

des degrés supérieurs à celle de l'homme, degrés qui n'avaient été nuisibles qu'à un petit nombre d'individus. Mais le fait le plus remarquable qu'on ait publié à ce sujet , est celui que nous devons à l'observation de Tillet et Duhamel , en supposant qu'il n'y ait aucune objection à faire à la mesure de la température.

Fendant leur séjour à la Rochefoucault en Angoumois, en 1760, une fille de boulanger entra en leur présence daps un four dont ils évaluèrent la température au moins à 112° R, ce qui équivaut à io3° D. (1), 128^,75 cent. Elle passa environ 12 minutes dans, cette chaleur excessive sans en être fortement incommodée. Cette expérience fut répétée plusieurs fois après leur départ , sur une autre fille , avec le même succès (a).

Il importait qu'on fit de nouvelles recherches, et qu'on multipliât les observations sous divers rapports. C'est ce qu'entreprit le docteur Fordyce, aveo Banks, Blagden et Solander, et quelques autres physiciens, en 1775. Une réunion d'hommes aussi distingués par leur savoir et leur sagacité, observant sur eux-mêmes

(1) L'espace compris entre la glace et Peau bouillante est divisé en 87 parties dans le thermomètre de Réanmtir. Le même espace est divisé en 80 parties seulement dans le thermomètre corrigé par Deluc.

(2) item, de fJcad. des Scienc, 1764, pag. tS5.

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