‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 134 sur 206 · CHAPITRE XïlïV ZjZ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XïlïV ZjZ

MT. Berger fut obligé de sortir au bout de 12' et demie d'un bain de vapeur dont la tempé-»rature s'était élevée de 4*%25 à 530,y5* Il était faible, vacillait sur ses jambes, et avait des verti-r ges. La faiblesse et la soif durèrent le reste de la journée»

Cependant MM. Delaroche et Berger supportèrent beaucoup plus long-temps , et sans incommodité notable , des températures égales et même supérieures dans l'air sec.

lia sensation particulière qui résultait de l'im* pression de la chaleur était beaucoup plus vive dans le bain de vapeur : c'était un sentiment de brûlure* le cite ces expériences parce qu'elles sont comparatives ; mais non comme l'extrême de cha^ leur que l'homme est capable de supporter dans le bain de vapeur durant cet espace de temps. Joseph Acerbi rapporte , dans son Fojage au cap Nord, que les paysans finlandais peuvent rester pendant une demi-heure et plus dans un bain de tapeur dont la température s'élève à 70* ou 75° c,

5\ Dans Veau liquide. Je n'ai pas besoin de dire que le pouvoir échauffant de l'eau est plus grand que celui de la vapeur aqueuse , quoiqu'on ne se soit pas occupé à en déterminer le rapport; tt il n'est pas nécessaire de faire des expériences bien précises pour être convaincu qu'un bain d'eau chaude, à la même température élevée qu'un ta in de vapeur, agirait bien plus fortement sur l'économie animale. *

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J'ai eu occasion d'observer sur des reptiles la grande différence dans Faction de l'eau liquide et de la vapeur à la même température. Je n'ai jamais vu de batraciens qui aient pu vivre plus de S minutes dans de l'eau à 4o° cent., quoique j'aie eu la précaution de tenir une partie de la tête hors de l'eau , pour laisser subsister la respiration pulmonaire; tandis que des individus de même espèce, des grenouilles, ont supporté la chaleur de l'air chargé de vapeur au même degré de température pendant cinq heures et au-delà.

Lemonnier étant à Barèges, se plongea dans la source la plus chaude, qui était à 45° c. Il ne put y rester que 8'. Une agitation violente et des ëtoprdissemens le forcèrent d'en sortir (i).

Dans la comparaison de l'intensité d'action sur l'économie animale de différons milieux, l'air sec, la vapeur aqueuse et l'eau liquide, élevés i une haute température, nous n'avons rapporté la mesure des effets qu'à la différence de leur pouvoir échauffant. Nous ne prétendons cependant pal exclure dautres causes. Nous nous proposons, a t contraire , de les examiner à mesure que d'autre* faits nous en fourniront l'occasion. En exposai* les résultats des expériences, nous avons énumén quelques-uns des effets produits par une chalen excessive , tels que l'accélération du pouls et cl la respiration , quelques symptômes nerveux et I

(i) Mèm* de fjca<3. desScicnc.jijfy, pag. 259.

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sensation plus ou moins vive de chaleur ; mais il en est dont je n'ai pas fait mention, et qui méritent d'être traités à part , l'état de la température du corps et de la transpiration.

§ IL De V Influence dune chaleur excessive sur

la température du corps.

De l'homme. Les premières observations sur la stabilité de la température du corps , malgré les vicissitudes des saisons et la différence des climats, firent connaître un phénomène bien remarquable. Elles ne se rapportaient d'abord qu'aux variations ordinaires de température renfermées dans des limites au-dessous de la chaleur du corps humain; mais Francklin observa, jecrois, le premier un fait qui parut plus étonnant. Dans un jour d'été , la température de l'air étant de 37%77 c. (ioo° deF.), il remarqua que sa température propre était seulement de 55% 55 cent. (96° F.) Or , ce fait est particulièrement digne d'attention sous deux rapports : en premier lieu , il prouve que les animaux à sang chaud ont la faculté de se maintenir à un degré inférieur à celui de l'air, lorsque la chaleur extérieure dépasse la chaleur propre de l'économie , c'est-à-dire , sa température ordinaire; en second lieu, la température de Francklin observée dans cette chaleur excessive, n'étant que de 35°, 65, est au-dessous de la température moyenne des hommes; ce qui pe laisse

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pas présumer qu'elle ait été élevée par la chaleur ambiante.

Reste donc à savoir si une chaleur plus forte est capable d'élever laJtempérature du corp6 de l'homme et des animaux à sang chaud, et à quelle limite elle peut parvenir.

Le docteur Fordyce et les savans qui ont concouru à ses expériences sur les effets d'une chaleur excessive de l'air , ont observé que leur température propre pouvait s'élever en pareil cas de deux ou trois degrés de Fareinheit , ce qui équivaut à-peu-près à un degré et un degré et demi du thermomètre centigrade.

Les plus fortes élévations de la température propre de l'homme , sous l'influence d'une hante chaleur extérieure , ont été observées par Delàroche et Berger sur eux-mêmes. La température du premier étant de 36J,56 cent. , augmenta de 5° par un séjour de 8' dans une étuve dont l'air était k 8o°. Berger, dont la température était semblable, eut un accroissement de chaleur de 4 ,25 cent., après un séjour de 16 minutes dans la même étuve, à 87°,5; mais on pouvait objecter à l'évaluation de ces températures du corps qu'elles étaient prises à la bouche dans un air beaucoup plus chaud ,- ce qui pouvait contribuer à lelévation des degrés du thermomètre, ou n'être que le résultat -d'une chaleur locale.

Pour avoir une détermination exempte de reproches, MM. Berger et Delaroche se placèrent

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successivement dans une boîte à travers laquelle ils pouvaient passer la tête , et par le moyen de linges entourant cette ouverture et le col , ils interceptaient le passage de la vapeur. La température de. la bouche devait donc être le résultat de l'élévation de température des autres parties dû corps. Après uû séjour de 17' dans ce bain de vapeur de 37°,5 à 48\75 cent, , la température de la bouche de M. Delaroche augmenta de 3°,12 c. Sans le même appareil , la vapeur étant de 4^° à 4i V5 , la température de M: Berger , s'accrut de i°,87 dans 1 5'.

11 est évident qu'on ne saurait pousser assez loin les expériences sur l'homme pour sa voir quel est Je plus haut degré que sa température puisse atteindre sous l'influence d'une chaleur excessive de l'air. Pour en juger par approximation , il faut *voir recours aux animaux à sang chaud des deux classes : c'est ce qu'ont fait MM. Delaroche et Berger.

a°. Des Animaux à sang chaud. Dans l'étuve dont j'ai déjà parlé, ils exposèrent diverses espèces de mammifères et d'oiseaux à des degrés diifércns d'un air sec et chaud ; le plus bas de 5o° c, et le plus élevé de 9>°,75 cent. Ils les y laissèrent jusqu'à la mort. Tous les individus , malgré la diversité des espèces et des classes, et des degrés de chaleur auxquels ils furent exposés , acquirent un accroissement de température à-pçu-près égal à cette époque. Les limites de variations étant

de 6%*5 à 7% 18 cent, n'offraient parconséquetit que 0%g5 de degré pour la plus grande différence. La détermination de la température du corps ayant été faite par un thermomètre profondément introduit dans l'anus, elle esta l'abri des objections que nous avons exposées plus haut.

Lorsque Ton considère l'uniformité des résultats fournis par des individus d'espèces différentes, parmi les mammifères et les oiseaux , on peut en inférer que l'homme et les animaux à sang chaud , sous l'influence d'une chaleur excessive d'un air sec, ne sauraient éprouver, pendant la vie, une élévation de leur température propre au-delà de 70 ou 8° cent.

5°. Des Vertébrés à sang froid. L'expression des résultats précédens n'est pas applicable anx vertébrés à sang froid. Ils n'ont pas de température propre, à cause de la grande Étendue dans la» quelle leur température varie. On sait qu'elle diffère peu de celle de l'air dans les diverses saisons de Tannée , et que cette différence n'est guère que d'un ou deux degrés centigrades. Il était naturel de supposer que , si une chaleur modérée dans les vicissitudes ordinaires des saisons élevait celle des vertébrés^ sang froid à-peu-près au même niveau, cette correspondance aurait lieu, à pins forte raison, dans des températures plus hautes * Blagden parait être le premier qui reconnut que des vertébrés à sang froid avaient en eux la faculté de maintenir leur température au-dessous d'une

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