CHAPITRE XIII
§ IV. De V Influence de l'évaporation sur la température du corps exposé à une chaleur excessive.
Franklin ayant fait des expériences sur le refroidissement produit par l'évaporation des liquides, rapporta à cette cause la faculté qu'il attribuait aux animaux , d'après le fait qu'il avait observé sur lui-même , de maintenir la température de leur corps au-dessous d'une chaleur excessive de l'air. Quelques expériences de Fordyce tendent à confirmer cette opinion , quoiqu'il n'ait pas été d'avis que ce fût la seule cause. Celles de MM. Delaroche et Berger donnent une plus juste idée de l'influence de Pévaporation sur la température du corps exposé à une forte chaleur*
Un vase poreux susceptible d'énrporation par toute sa surface, de ceux -que les Espagnols appellent alcarazaz, fut introduit dans une étuve avec deux éponges mouillées et une grenouille. On avait préalablement élevé la température du vase et des éponges au niveau de celle des animaux à sang chaud, de 38°, 1 a à 4o°,ojS* La température de Pétuve varia entre 5a°,5 et 6i°,s5. Au bout d un quart d'heure , le vase , les deux éponges et l'animal eurent une température presque uniforme , ne dépassant pas la limite de la chaleur propre aux animaux à sang chaud , et se maintinrent ainsi à-peu-près au même terme pendant l'es-
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pace de deux heures. Ce terme est remarquable : pour y arriver , le vase et les éponges , au lieu de s'échauffer, se refroidirent environ d'un degré ; au contraire , la température de la grenouille , qui d'abord était de 21 V5 cent. , s'éleva à 37°,i8 dans l'espace de 1 6' , et demeura stationnaire pendant le reste du temps, se maintenant, ainsi que l'alcarazaz et les éponges, de i5° à ai°,5 audessous de la chaleur ambiante.
On observe une plus grande différence à mesure que la température extérieure est plus élevée; maïs , en même temps , le terme oh celle des corps évaporons, soit animés, soit inanimés , devient à-peu-près stationnaire , est un peu plus élevé, avec cet accroissement de chaleur de l'air.
Si Ton suppose que tant qu'un animal respire, surtout un animal à sang chaud , il conserve la faculté de produire quelque chaleur, on en déduira une différence entre sa température et celle d'un corps inanimé à surface évaporante, exposé à une chaleur excessive , quoique leur point de départ soit le même. Ainsi un alcarazaz et un aui* mal à sang chaud , tel qu'un lapin , tous deux à la même température , exposés à une chaleur de l'air de6a°,5 à 87°5 c, jusqu'à la mort de l'animal, n'auront pas la même température finale , parce que , en admettant l'égalité d'évaporation de part et d'autre , la chaleur que l'animal continue à produire ajoutera à sa température et la rendra supérieure à celle du vase.