‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 138 sur 206 · CHAPITRE XIV. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. S

Cette déduction est justifiée par des résultats d'expériences faites par MM. Delaroche et Berger. L'eVaporation chez le lapin , à en juger par la diminution de poids, était toute aussi grande que pour Talcarazas : cependant la température finale du lapiq était supérieure au moins de a°,5.C.

Ainsi la même cause générale , l'évaporation , suffirait seule pour maintenir la température des animaux et des corps bruts au-dessous de la chaleur extérieure de l'air, lorsqu'elle est excessive , c'est-à-dire , lorsqu'elle dépasse la température propre des animaux à sang chaud; mais, au-dessous de cette limite , on aurait tort d'attribuer k cette cause , suivant l'opinion générale , le pouvoir de maintenir l'uniformité , réelle ou supposée, de là température propre de l'homme et des animaux à sang chaud, dans les vicissitudes des saisons et la diversité des climats : c'est ce que nous verrons ailleurs.

S V. Du refroidissement dans différens milieux; à des températures inférieures à celle du corps*

Nous avons reconnu que, lorsqu'il s'agit des effets d'une chaleur excessive sûr l'économie animale, ils augmentent progressivement avec l'ordre suivant des milieux, quoique leur température soit la même : air sec, air saturé de vapeur trans-r parente, vapeur vésiculaire, eau liquidé. On sentit naturellement porté à croire que les refroi-

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dissemens respectifs dans les mêmes milieux , & température égale et inférieure à celle du corps; suivent le même ordre; mais nous ne saurions admettre cette conclusion sans examen. Comparons, par exemple, l'air sec et la vapeur vésiculaire , à une température supérieure à celle du corps, sous le double rapport du pouvoir échauffant et de l'évaporation. L'air sec communique moins de chaleur en vertu du premier, et en~enlève davantage en raison du second. La vapeur vésiculaire, sous le premier rapport, communique plus de chaleur; quant au second, il n'en enlève pas, l'évaporation étant nulle*

Ainsi les deux agens extérieurs qui influent sur la chaleur du corps se réunissent , dans l'un et l'autre cas , pour agir dans le même sens , pour augmenter l'accumulation de la chaleur du corps dans la vapeur , et la diminuer dans l'air sec.

Comparons maintenant les sources du refroidissement dans les mêmes milieux à des températures inférieures à celle du corps. Dans l'air sec , il y a moins de chaleur enlevée au contact ; ce qui équivaut à dire que le pouvoir refroidissant de ce milieu est moindre ; par ce moyen , la chaleur tendra à s'accumuler dans le corps ; mais ; d'autre part, l'évaporation étant plus grande, il y aura, & cet égard, un plus grand refroidissement que dans la vapeur. L'inverse aura lieu 9 sous les deux rapports > dans la vapeur vésiculaire. Ainsi Von voit que,, de part et d'autre, les deu^K

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àgehs qui influent sur la chaleur du corps seront opposes dans leur action lorsqu'il s'agit de températures inférieures ; mais nous ne saurions comparer la résultante de ces deux actions opposées f dans l'ignorance où nous sommes de la mesure de chacune d'elles; Il se pourrait, par exemple, que dans l'air sec la chaleur enlevée par évaporation fût plus grande que celle soustraite au contact par ' la vapeur vésiculaire; il se pourrait de même que l'inverse fût vrai.'JNous ne saurions donc dire d'avance de quel côté le refroidissement sera plus grand.

Ce que nous venons de dire du refroidissement dans la vapeur vésiculaire; comparé aux effets de l'air sec , est également appliquable à l'eau; et notre incertitude serait plus grande encore relaJ tivement à l'ai* saturé de vapeur transparente; car les physiciens ignorent absolument l'intensité Relative de son pouvoir refroidissant, et même s'il est plus grand où plus faible que celui de l'air; Il est à espérer qu'ils ne tarderont pas à la déterminer; connaissance qui ne doit pas être inutile en physique , et qui , certes , n'est pas indifférente à la physiologie.

Ce n'en est pas moins une opinion généralement établie que l'on éprouve, un pins grand refroidissement dans l'air humide que dans l'air sec: 11 est évident qu'elle est fondée sur la sensation et sûr d'autres effets qui paraissent en résulter sur l'économie animale. Si l'observation en était exacte,

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die ferait présumer que le refroidissement causé par une plus grande évaporation dans l'air sec est plus que balancé par celui qui résulte du contact de la vapeur transparente.

Quoi qu'il en soit , nous n'insisterons pas davantage sur les opinions fondées sur les sensations ; méthode très - équivoque. C'est pourquoi je me ' suis proposé d'en trouver une autre plus à l'abri de reproches. Les observations que j'avais faites sur les phénomènes de chaleur chez les jeunes animaux à sang chaud m'ont paru en devoir fournir les moyens*

Nous avons précédemment établi qu'un grand nombre d'entr'eux n'ont pas la faculté, à leur naissance et à des époques qui en sont rapprochées , da soutenir leur température lorsqu'on les. retire de leur nid et qu'on les expose séparément à l'air. Us subissent alors un refroidissement plus ou moins grand , suivant . leur âge. J'ai cherché à tirer parti de cette manière d'être pour comparer leur refroidissement dans l'air sec et dans l'air humide. J'ai employé de grands vases de forme et de dimensions semblables à ceux qui m'avaient servi pour étudier les phénomènes de la transpiration. J'ai préféré des animaux d'un très-petit volume, pour que la proportion dair fût plus grande, voulant éviter l'influence que l'altération de ce fluide par la respiration pourrait exercer sur la température des animaux. D'ailleurs, les vases, formes de grands carreaux de verres ajustes

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par leurs lords , permettaient le renouvellement de l'air par les jointures , mais assez lentement pour que Ton pût y opérer les changemens néecs* saires dans l'état hygrométrique. Il ne fallait pag que les animaux fussent trop jeunes ; la vitesse de leur refroidissement pouvait être trop grande pour les comparer. Il fallait aussi ne pas établir de comparaison entre deux individus placés dans les deux conditions différentes , parce que Ton aurait pu attribuer la différence des résultats , non à celle des circonstances extérieures , maïs a celle des individus. Je plaçai donc le même individu successivement dans les deux conditions de sécheresse et d'humidité extrêmes; mais à des intervalles suffisans pour que le refroidissement qu'il avait subi n'influât pas sur celui qu'il éprouvait ensuite; influence qui serait très-sensible si le refroidissement précédent était trop grand, trop prolongé ou trop rapproché/ J'ai fait voir ailleurs que le froid, au-delà de certaines limites, nuit à la production de chaleur , 'lors même que le corps, par un changement dans les circonstances extérieures, a repris sa température habituelle. Je n'ai donc pas multiplié les refroidissemens sur les mêmes individus ; mais je me suis servi de plusieurs d'âge différent^ dont chacun était alternativement placé dans les» deux conditions différentes. Il serait fastidieux d'exposer toutes les précautions que j'ai prises pour rendre les ré.sultats comparables : j'en indiquerai seulement

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une qu'il faut remarquer : c'est que , si les deux expériences comparatives sur le même individu étaient faites seulement à un jour d'intervalle , cet espace de temps suffirait pour accroître sensible** ment la production de chaleur, dont les progrès sont très-rapides après les premiers jours, à dater 4e leur naissance. C'est pourquoi je n'ai différé que de quelques heures»

J'ai fait ainsi dix expériences dans l'air sec, et autant dans l'air humide, sur de jeunes moi-* peaux. J'ai exposé dans un tableau (i) tous lea détails des conditions physiques ainsi que les résultats numériques. On y voit qu'en prenant la sommé des refroidissemens de part et d'autre , et divisant par le nombre d'animaux , pour avoir Je terme moyen du refroidissement; on a 6% 5 oentig. pour l'air sec, et 6°, 7 centig. pour l'air humide. Bornons-nous d'abord à ce résultat général : la différence est trop légère , dans ce genre d'expériences, pour qu'on puisse la regarder comme une suite nécessaire de l'action des milieux. En négligeant cette petite différence nous admettrons , comme résultat général de ces expériences , que le refroidissement a été le même dans l'air sec et dans l'air humide; d'où il suit que le froid produit par la plus grande évaporation dans l'air sec a pu être balancé par le froid résultant du contact de l'air humide.

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