‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 142 sur 206 · CHAPITRE xv f 5g · texte numérisé non relu

CHAPITRE xv f 5g

guère }ieu que sur les parties découvertes , sans qu'il faille que les rayons aient une grande ardeur, est justement attribuée à Faction propre de la lu-r mi ère. Dans ce qu'on appelle les coups de soleil, la chaleur paraît avoir une grande part. On lès. a même attribués à la concentration des rayons solaires par das dispositions de nuages agissant à la manière des lentilles; mais il n'est pas né-* cessaire d'avoir recours à de pareilles suppositions , qui d'ailleurs sont très-hasard ées. S'il est vr^i que cette inflammation de la peau survient le plus sour vent par l'effet d'un soleil ardent ,. elle peut aussi être l'effet d'une lumière peu intense. J'ai connu des personnes qui étaient sujettes à cette affection f lorsqu'elles étaient au grand jour, dans des cir-r constances où Je soleil avait peu de force; ce qui indique une grande sensibilité k Faction propre de la lumière. C'est à cette cause réunie à la cha* leur que l'on doit , en général , rapporter les morts promptes ou subites chez ceux qui sont long-temps exposés au soleil dans les jours les plus chauds.

Voilà à-peu-près à quoi se réduisent uns connaissances positives relativement à l'action pro* pre de la lujnière sur l'économie animale j car , lorsqu'on donne pour exemple de l'action vivi-» fiante de la lumière le dépérissement de ceux qui demeurent dans des lieux obscurs, tels que les prisons et les mines, il est évident qu'on ne peut distinguer l'effet de la privation de la lu-

5g6 QUATRIÈME PARTIE.

mière parmi ceux qui doivent résulter d'une foule de causes délétères réunies dans ces lieux malsains.

. On ne saurait cependant se défendre de l'opinion que la lumière a une part plus active dans les phénomènes des êtres animés que ce que la simple observation nous fournit.

J'ai pensé que j'en trouverais peut-être un exemple dans le développement des animaux : si cela était , nous aurions la plus forte preuve de l'influence bienfaisante de la lumière sur les fonctions générâtes. Par développement , j'entends ces changemens dans les formes qui surviennent depuis la conception ou la fécondation jusqu'à l'âge adulte.

En général, le développement qui a lieu jusqu'à la naissance , éptque où l'animal se débarrasse de ses enveloppes, et se met, pour la première fois, en rapport avec le. monde extérieur, s'effectue dans l'obscurité. Cependant il est des animaux dont les œufs, fécondés au dehors, ne laissent pas d'éclore, quoiqu'ils soient exposés aux rayons du soleil : de ce nombre sont les batraciens. J'ai cherché à déterminer quelle influence la lumière exerçait , indépendamment de la chaleur, sur ce genre de développement. À cet effet je plaçai des oeufs de grenouille avec de l'eau dans des vases , dont l'un était rendu imperméable à la lumière par des enveloppes et uu couvercle de papier noir, l'autre était transparent «Je les exposai de manière à ce que

Page 1