CHAPITRE tVIi
quel serait reflet de ce séjour beaucoup moin9 prolongé sur la proportion de l'acide carbonique produit et du gaz absorbé. Il y eut ici , terme moyen, 14*86 cent, d'acide carbonique produit, et 7,0 cent» de gaz absorbé. Le gaz absorbé était, dans cette série, un peu moins de la moitié de l'acide carbonique produit, et dans la première, un peu plus dé la moitié. Nous voyons ici combien peu le séjour prolongé de ces animaux dans de l'air contenant une assez grande proportion d'acide carbonique a influé sur la proportion en question. U est donc évident que le gaz absorbé est principalement de l'oxigène , puisqu'un séjour de trois heures de plus dans le premier cas que dans le second a si peu altéré le résultat.
Au lieu de continuer les expériences sur la même espèce , en diminuant successivement la durée de l'expérience , pour rapprocher le mode de respiration de l'état naturel, nous prendrons les individus dans une autre espèce assez éloignée , pour étendre nos vues sur cette fonction* .
Trois cabiais très-jeunes furent soumis au même genre d'expériences pendant iki 42'- Us produisirent chacun, terme moyen, 21,69 cent, d'acide carbonique, et absorbèrent 5,44 cent, d'oxigène. Le changement d'espèce a produit un changement notable dans la proportion de l'oxigène absorbé , relativement à l'acide carbonique produit : chez les cabiais, elle est comme 1 : 4- i chez les jeunes chiens de la seconde série ,
4l4 QUATRIÈME PARTIS.
un peu moins de i : 2. Cette différence tient nécessairement à celle de leur constitution. Outre la distinction qui dépend de l'espèce, les uns étant carnivores et les autres herbivores , il y en a une autre très - remarquable , donf nous avons souvent parlé, et qui tient à leur développement. Les cabiais nouveau nés viennent au monde dans un état plus avancé; ce qui leur donne la faculté de produire plus de chaleur. Quoi qu'il en soit de la part de Tune et de l'autre de ces conditions sur le phénomène qui nous occupe, toujours est-il vrai de dire que la constitution influe beaucoup sur le rapport de l'oxigène absorbé à celui de l'acide carbonique produit.
Jusqu'ici nous avons vu que le rapport du gaz absorbé i la quantité d'acide carbonique formé varie principalement suivant les espèces et l'âge; car, en jetant les yeux sur les tables (1), on verra que les termes moyens différent peu des résultats particuliers. Mais nous allons voir des expériences sur d'autres espèces , où les individus différaient beaucoup à cet égard. Ces exemples sont tirés des oiseaux , soit dans la respiration laborieuse (2), soit dans la respiration qu'on peut regarder comme à-peu-près fibre
(1) Foje% tabl. 61.
(a) Voyez ubl. 6a et 63.
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et naturelle(i); car on peut modifier les conditions de l'expérience de manière à rapprocher infiniment la respiration du mode naturel. C'est ce qu'on peut effectuer avec le même appareil, en remplissant les conditions suivantes : que la quantité d'air soit très-grande relativement au volume de l'animal , et que la durée du séjour soit trèscourte. L'animal respire alors dans un air tsèspeu altéré , et les résultats se rapprochent tellement de ceux qui ont lieu dans l'état habituel que l'on pourra avec raison conclure de l'un à l'autre.
Je choisis dix bruants adultes, dont le volume équivaut à-peu-près à 5 centilitres et une fraction. Je les plaçai chacun dans un vqse de même nature que ceux dont j'ai déjà parlé , contenant i55,o cent, d'air. Je ne les laissai dans l'appareil que i5 minutes. Je fis ces expériences dans les mêmes circonstances. Ils produisirent, l'un dans l'autre, 5,98 cent, d'acide carbonique, et absorbèrent • 1 , 29 cent, d'oxigètie. Cette série d expériences réunit toutes les conditions qui peuvent autoriser à conclure de ce résultat de la respiration dans les vases dos à celui qui aurait lieu à l'air libre. La petitesse du volume de ranimai, la grande proportion d'air, la courte durée de l'expérience, la quantité d'acide carbonique, presque nulle au commencement , et en
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(1) Voyez tahl. 64.
4l6 QVhjnitHt PARTIS.
petite proportion à la fin , ne laissent antiwi doute que l'absorption n'ait été presque entièrement aux dépens de l'oxigène de l'air du vase, et qu'il n'en soit de même de la respiration à l'air libre- Or , dans les résultats' individuels, on voit une grande variation dans la proportion de l'oxigène absorbé a l'acide carbonique produit, dans les limites d'un peu moins de la moitié à un sixième; ihàis cette grande irrégularité ne porte que sur le rapport ; la production d'acide carbonique était assez uniforme dans les cas où les conditions étaient trèssemblables, comme dans la série précédente (i)-
Il est évident que ces variations individuelles dans le rapport de l'oxigène absorbé à l'acide carbonique produit ne doivent pas se borner à l'espèce, comme je m'en sui£ assuré en répétant r expérience Sur d'autres espèces d'animaux $ et en faisant les expériences de la même manière, afin de rapprocher la respiration du mode naturel.
Descendons maintenant h l'extrémité opposée de l'échelle des vertébrés à respiration aérienne f pour déterminer si nous y trouverons d'aufre» exemples d'absorption d'oxigène, date le sens où nous avons jusqu'ici employé cette expression, c'est-à-dire, d'un excédant de l'oxigène qui déparait sur l'acide carbonique produit.
Comme les reptiles altèrent l'air beaucoup plu»
( i ) Voytz tabl. 64,