‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 15 sur 206 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

cependant une chose remarquable que les circonstances de l'expériences aient été complètement pissées sous silence; ni les dimensions , ni la substance de la boîte n'ont été indiquées, ni l'épaisseur du plâtre qui la recouvrait; et c'est particulièrement le défaut de précision dans la détermination des circonstances ou se trouvèrent les animaux , quand on les a découverts dans des corps solides, qui rend problématiques les conclusions qu'on en tire. Aussi un savant naturaliste (i) qui, dans ses voyages , a beaucoup enrichi l'histoire des batraciens , appuyé d'ailleurs de quelques expériences, a-t-il douté de ce résultat. J'observerai, à l'égard de l'expérience de Hérissant, qu'il paraît qu'il y avait de l'air dans les boîtes où les crapauds étaient renfermés; ce qui ne s'accorde pas avec le but que je me suis proposé. Mon intention étant d'étudier l'asphyxie dans les corps solides, je ne devais pas y laisser d'air. Cette modification est importante et change la nature de l'expérience,

Le 24 février 181 7 , je fis sur quinze crapauds communs les expériences suivantes : je pris d'abord cinq boites de bois blanc, dont trois avaient 4 pouces cubes, les deux autres 4f P* de long sur 4 de large , et 2 £ de profondeur. Je mis du plâtre gâché au fimd des boîtes jusque vers le milieu ; j'y plaçai ^ — — •————»•——

(i) Diction. cTHist. Naturelle. DeLtrville. Art. Crapaud, pr H. fiosc.

l6 PREMIÈRE PARTIE.

ensuite le crapaud, que je contins d'une main pour l'empêcher de quitter sa situation au centre; je le couvris ensuite de plâtre dont je remplis les boîtes , qui furent fermées et ficelées.

Je me servis ensuite de cinq autres boîtes circulaires de carton, ayant 3£ pouces de diamètre et a pouces de profondeur; j'y enterrai cinq autres crapauds avec les mêmes précautions; j'égalisai le plâtre par-dessus , et j'eus bien soin de ne point y laisser de fissure ; j'y adaptai ensuite les couvercles; en même temps je mis les cinq autres crapauds dans de l'eau, pour comparer la durée de ce genre d'asphyxie avec celui qui pouvait avoir lieu dans le plâtre.

Le même jour, à minuit, tous les crapauds que j'avais mis dans l'eau étaient morts, c'est-à-dire , huit heures après le commencement de l'asphyxie. Le lendemain , à quatre heures du soir , j'ouvris une des boîtes de carton ; je détachai avec précaution une partie du plâtre , et l'animal , quoique engagé presque entièrement dans cette substance , exécuta des mouvemens et se mit à coasser. Ainsi, seize heures après la mort des crapauds dans l'eau , celui qui était enfermé dans du plâtre était encore très-vivace; mais comme il n'avait pas atteint la limite à laquelle Ces animaux peuvent parvenir dans l'asphyxie par l'eau, je remplis l'ouverture avec du plâtre gâché , ayant soin d'en accumuler plusieurs lignes au-dessus du niveau précédent. Je l'abandonnai ensuite avec les autres, et

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