CHAPITRE XVI»' 4*d
Mais ces résultats n'excluent pas fceUx de MM. Allen et Pepys, qui trouvèrent les quantités d'oxigène qui disparait et d'acide carbonique produitsensiblement les mêmes, parce que nous avons vu, d'à-» près ce qui précède, que cette proportion e$t très- variable, et que,' dans quelques cas, noua avons reconnu qu'elle approchait beaucoup da l'égalité. Mais il y a eu erreur de part et d'autre; en généralisant les résultats des expériences; che* les uns , qui considéraient la proportion en question comme peu Variable ; chez les autres , qui la regardaient comme constante et déterminée dans la respiration naturelle. Nous remarquerons que ces derniers, quoiqu'ils aient mis le plus grand soin à obtenir des résultats exacts, les ont peu. multipliés pour le nombre des individus, et encore moins pour les espèces. Nous ne serons donc plus embarrassés par la contradiction des opinions , puisqu'il n'y en a point dans les faits. *
Ce résultat de mes expériences sur la respiration , relatif à la grande latitude de variations ' dans les proportions de Foxigène qui disparaît et de l'acide carbonique produit > m'a paru important, non parce qu'il concilie les résultats de9 travaux antérieurs, ce qui cependant n'est pas sans intérêt, mais parce qu'il établit un fait fondamental utile à la théorie de cette fonction.
Depuisl'époque oîi j'ai présenté ce résultat à l'Académie des Sciences, en 1 82 1 , de nouvelles preuont été fournies de l'étendue dans laquelle les
4*0 QUATtllitfE PARtîfe»
proportions del'oxigène qui disparaît ^ et de F acide Carbonique produit, peuvent varier selon les espèces. Nous les devons à M. Dulong , qui a comparé, avee le talent qui le distingue, les quantités dfi chaleur développées par les animaux, avec celle qui proviendrait de la respiration , en adoptant la théorie deLavoisier. On en trouvera un extrait dans le Journal de Physiologie de M. Magendie , janvier. i8a5.
§ II. Des Rapports de V azote dans Pair inspi
et expiré.
J'aborde maintenant une question fondamentale relative aux altérations de l'air par la respiration, sur laquelle les travaux antérieurs diffèrent encore plus que sur la question précédente; car» dans la première, il n'y avait que deux résultats ôppose's , d'une part , que l'oxigène qui disparait, excède l'acide carbonique , d'autre part, qu'il l'égale; mais, dans la seconde, il y a toutes les coi*— > tradictions possibles : i°. qu'il y a égalité entre l'azote inspiré et expiré; a°. qu'il y a excès dan ^ le premier; 5°. qu'il y a, au contraire, excès dans; le dernier. Cependant la plupart des physiologistes avaient adopté la première de ces of»*-, nions, comme il arrive ordinairement do choisi ! le parti moyen entre les deux extrêmes, s'il jvr^ raît également fondé sur des faits positifs. Cét^. \ l'opinion de Lavoisier , déduite de ses eiperienc^^ et l'autorité de cet illustre chimiste a toujours <r t.
1 CHAPITRE XYI. * 4**
d'un grand poids, surtout lorsqu'elle a été appuyée; dans ces derniers temps , par les trovaui de MM. Allen etPepys, qui avaient profité des perfectionnemens de la chimie, et avaientcmployédés pré* cautions particulières relatives à la physiologie*
Cependant il devait toujours rester de l'incertitude, à cause des résultats différens de satans dis-» tingués dans Tune et l'autre science, à différentes époques, depuis Lavoisier jusqu'à nous. Des deux opinions extrêmes, dont l'une admet l'absorption et l'autre l'exhalation d'azote dans la respiration , la première est fondée sur les travaux les plus nombreux, et qui, en même temps, paraissent avoir été faits avec le plus de soin. •
Mais, au lieu de balancer les autorités , j'ai cher-* ché à me décider d'après l'observation des faits.
Je donnerai d'abord les résultats , et je discuterai ensuite la confiance que je devais leur accordera
Qu'on jette les yeux sur les tableaux des allé-* rations de l'air par la respiration des chiens no» veau nés et des jeunes cochons d'Inde, et l'on verra qu'il y a eu dans tous les cas , hormis un seul, aug* m en ta ti on de la quantité d'azote. Or, si quelques-» unes de ces quantités sont petites, les autres me paraissent hors des limites d'erreurs que je pouvais commettre, et devaient me paraître l'effet de l'ex«* halatîon d'azote; et comme cet effet avait lieu dans la première et la seconde série d'expériences , ou de$ animaux de même espèce et de même âge avaient séjourné dans l'air pendant des temps très-diflp-
rens , j'ai pensé qu'il en serait de même de la respiration naturelle (i).
Suivons de même les colonnes relatives à l'azote dans la table 62 des expériences sur la respiration des oiseaux , qui ont long-temps séjourné dans IVir res* pire, mais pendant des durées et à des températures différentes, et nous verrons le même résultat.
Examinons le même point dans la respiration des grenouilles , que nous devons regarder comme naturelle, ou peu s'en faut, à cause de la faible altération dans la proportion d'oxigène et la petite quantité d'acide carbonique à la fin de l'expérience. 11 y a dans presque toutes un excédant d'azote, et dans la plupart, une quantité assez notable pour quelle soit l'effet de l'exhalation {2). Je dirai la même chose des lézards.
Il suit de tout ce qui précède que, dans les nombreuses expériences que j'ai consignées dans les tableaux et dans une foule d'autres que je n'ai pas rapportées , nous observons les résultats soivans : que, dans presque tous les cas, il y a eu un excédant d'azote ; mais la considération des différences conduit nécessairement aux deux conclusions suivantes :
i6. Dans un grand nombre de cas, l'azote inspiré et expiré approche tellement de l'égalité, que l'on doit négliger cette petite différence , et ne pas
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(1) Voyez tab. 61.
(a) Voyez tabl. 65. Expériences de jum et de juillet.
. CHAPITRE XVT. .. if 23
admettre qu'il y ait eu d'exhalation apparente;
4°. Dans un grand nombre d'autre» cas, l'excédant d'azote est tel qu'on ne saurait nier l'ex-* balation de ce gaz , d'autant plus que ta quantité surpasse beaucoup le volume des poumons, et fait une grande partie de celui de l'animal. *
Comme ces deux résultats se reproduisent dans chaque série d'expériences que-j'ai: citées dans ce paragraphe, soit sur les individus de même espèce; soit sur d'autres d'espèces les plus éloignées*, cette reproduction des phénomènes donne une grande garantie de la vérité des faits.
Je n'aurais tenu aucun compte du très-petit nombre de cas, dans les tables citées, où l'azote expiré était en défaut, par la raison que presque tous offraient de si petites différences que je n'ait* rais pu les attribuer à l'absorption ,. si d'autres séries d'expériences ne m'avaient fourni d'autres, données.
Remarquons d'abord- que les faits précédera se rapportent à des expériences faites dans- différens mois du printemps et de Tété.
Portons maintenant l'attention du lecteur sur les* tables d'expériences faites en automne et en hiver.
L'exhalation d'azote se reproduit encore sur des moineaux adultes le 22 octobre (i).
Nous verrons ensuite le phénomène inverse , à partir du 26, dans la table 65. Le défaut d'azote
mtmmmimmmm^m^mmmmmmmamÊH
(1) Voyez labl. 63.
4?. 4 QUATRIÈME BÀRTIE.
était aussi marqué que l'excès dans les expérience» précédentes. Rien n'était changé, ni dans le mode d'expérience ni dans les circonstances extérieures.
Cette s$rie étant faite sur des individus qui sejçurp^isftt aussi Jpj|%-temps que possible dans ui* air al^ré, pa ppurrait croire que cette absorpr tift». d'azote n'aurait pas lieu dans le cas d'une respiration naturelle ; mais on verra par la table 64 que le mêpM phénomène se reproduit par un sélopr, si peu prolongé, que la respiration approchait infiniment de. celle qni a Heu à l'air libre*
Des expériences sur des bruans qui ne sont gestes que \5 minutes. dans i55 cent* d'air» et qui lVaîent très-peu altéré, comme on peut s'en a*r surer par 1* inspection des résultats, ont donné, au, 190'is de novembre, dans presque tous les cas, une diminution de la quantité d'azote ( 1),
No.w . voyons que ce» deu* séries d'expérience* faites sur des moineaux et des bruans adulte*, dans une saison différente , nous présentent e*actemçnt le phénomène inverse de celui que noua avons observé précédemment. Nous appliqueront à ces résultats lé même raisonnement que ci-dessuç ; dans les cas où la diminution de l'azote est très-petite, nous la négligerons , et nous n'admettrons pas d'absorption apparente ; dans les autres, où I9 différence çst très-marquée, noua reconnaîtrons l'absorption de ce gafr
(1) rofcttM.^ ...
CHÀPITEE XVI. , 425
Les expériences dans lesquelles j'ai observé ce phénomène sont, pour le moins, aussi nombreuses que celles qui m'ont fourni l'inverse dans une autre saison.
Je l'ai constaté sur les mêmes espèces d'oiseaux* en automne, en hiver et au commencement du printemps.
C'est même ce genre de rapport entre l'azote inspiré et l'azote expiré que j'ai observé d'abord. Pendant la saison froide , les cas qui y faisaient exception étaient extrêmement rares; mais en poursuivant ces recherches sur les mêmes espèces d'oiseaux qui m'avaient précédemment présenté ce phénomène , je remarquai bientôt le rapport inverse. J'observai , pour la première fois , ce changement au printetnps : il se soutint , le reste de cette saison,, pendant Tété et le commencement de l'automne, avec un petit nombre d'exceptions, comme il était arrivé dans le cas contraire.
Quoique rien n'ait pu me faire prévoir le changement dans le rapport de l'azote inspiré et ex-r pire qui avait eu lieu dans les expériences précédentes, et qui s'était maintenu dans la belle saison , je devais m attendre à ce que le rapport inverse s'établit à une époque quelconque de l'automne. J'avais donc un motif puissant pour continuer le même genre d'expériences; et j'obtins les résultats quç j'ai consignés dans les tableaux , et qui suHueut pour donner une juste idée de leur nature.
Dans la série d'expériences relatives aux oiseaux , les quantités d azote inspiré et expiré sd présentent comme des quantités variables, susceptibles de trois proportions : i°. l'égalité des deux, 2*. Textes de l'un, 3". l'excès de l'autre*
Comme il n*y a pas de méthode assez parfaite, même entre les mains des plus habiles, pour que la détermination des mesures ne soit sujette à quelque erreur , il s'agit de savoir comment des causes de cette espèce peuvent affecter notre manière d'envisager les résultats préccdens.
II y a une manière de les considérer qui les rend indépendans du degré de confiance qu'on accorde à l'exactitude de l'expérimentateur.
Si lés différences dnns les rapports de l'azote inspiré avaient été absolument irrégulières, et, pour ainsi dire , confiisément éparses dans le cours des expériences , tantôt en excès , tantôt en défaut, on aurait pu être en défiance, comme on Test pour tout résultat irrégulier, et l'attribuer , non à la nature des animaux, mais à l'inexactitude des mesures. Lorsque, au contraire, on voit les différences, quelque légères qu'elles soient , avoir lieu, tn général , dans le même sens pendant un long espace de temps, et puis dans un sens inversée une autre époque également prolongée ; lorsque les procédés ont toujours été les mêmes, il faut en conclure qu'il y a eu un changement dans le sujet même de l'expérience , si le sujet est susceptible de varier*