CHAPITRE XVI
Voici une autre vérification qui ne laisse rien à désirer , et dont nous pouvons de même prévoir les . résultats.
Supposons qu'on fasse respirer un. animal dans un air factice, composé d'oxigène et d'hydrogène dans les mêmes proportions que l'air atmosphérique r je dis que. nous pouvons prévoir le résultat d'après les vues exposées, plus haut. D abord, à cause de l'absence dé l'azote, ou de sa présence . en très-petite quantité, l'exhalation de ce gaz. ne pourra pas être contre-balancée par l'absorption , et son exhalation sera alors manifeste, comme dans le cas précédent. Mais il y a .plus : dans cet air factice» l'azote est remplacé par l'hydrogène. Or, je dis que, par la nature même de la fonction de l'absorption dans les poumons , il y aura absorption . de ce gaz, et elle sera manifeste, parce que l'exhalation d'hydrogène n'étant pas. un . produit de la respiration, rien ne contre- balancera l'absorption. Je dis qu'il y aura nécessairement une absorption d'hydrogène dans les poumons , parce que tous les liquides qu'on introduit dans ces organes sont absorbés. Les expériences nombreuses deM. Magendie le mettent hors de doute. Tous les autres gaz le sont aussi. Y aurait-il une exceptioyjpour l'hydrogène? D'autres faits, que je ne cite pas , prouvent directement que cette exception n'existe pas.
Passons maintenant du projet de l'expérience, et des. considérations qu'il a fournies, à l'exposition du fait. MM. Allen et Pepys ont fa i! cette expe-
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rience de la manière que j'ai indiquée , avec les mêmes précautions que dans les cas précédens. Les résultats ont été exactement semblables à ceux que j'ai déduits des vues exposées plus haut. L'exhalation d'azote a été telle qu'elle a surpassé le volume de l'animal ; il y a eu une absorption considérable d'hydrogène. -Voilà la preuve que les deux fonctions s'y exercent en même temps : d'une part , l'exhalation qui fournit nécessairement de l'azote; et de l'autre , l'absorption qui s'exerce indispensablement sur le gaz respiré, dont une grande partie se trouve ici être de l'hydrogène. Or, l'hydrogène est un gaz moins propre à la respiration , moins propre à l'entretien de la vie que l'azote. Cependant il a été absorbé dans une proportion telle qu'elle surpassait la quantité d'azote exhalée.
Maintenant qu'on substitue k l'hydrogène qui formait cet air factice, de l'azote en même proportion pour former de l'air atmosphérique : n'est-il pas de toute évidence qu'il sera absorbé de même , et que cette absorption ne pourra se manifester qu'autant que la quantité absorbée surpassera celle qui serfi exhalée? Or , ces deux fonctions étant nécessairement variables dans la mesure de leur action i suivant une foule de conditions dépendantes soit de la constitution de l'individu , soit des circonstances dans lesquelles il est placé , leui-s rapports varieront, et donneront naissante aux trois résultats dont nous a vous parlé plus haut.