‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 154 sur 206 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

dans les rapports de l'air inspiré et expiré , l'excès , l'égalité et la diminution d'axote.

§ IV. De la Production de Valide carbonique

dans la respiration.

Il ne peut y avoir que deux manières essen^ tiellement différentes de considérer la production de l'acide carbonique dans la respiration;

Dans la première, l'oxigène de l'air inspiré entre en contact , à travers les parois des vaisseaux pulmonaires , avec le sang qu'ils contiennent, s'unît à une portion du carbone de ae liquide, et forme ainsi de l'acide carbonique.

Dans la seconde, l'oxigène qui disparaît est entièrement absorbé , et remplacé dans l'air respiré par un volume plus ou moins semblab led'a*» cide carbonique*

Par la première hypothèse , l'acide carbonique expiré ne serait qu'une transformation de l'oxigène inspiré; par la dernière, une substitution d'un gaz à un autre.

Ces deux modes d'interprétation ne pouvaient échapper à Lavoisier : aussi les a-t-il formellement exposés dans son premier mémoire sur la respiration. Voici comment il s'exprime: « Je me trouve, à cet égard, conduit à deux considérations également probables, et entre lesquelles l'expérience ne m'a pas encore mis en état de prononcer. En eftet ; de ce qu'on vient de voir on peut conclure

1^5$ QUATRIÈME PARTJE.

qu'il arrive dé deux choses l'une par l'effet' dé la respiration : ou la portion d air éminemment respU rablç contenu dans l'air de l'atmosphère est con-» vertie en acide crayeux aériforme , en passant par les poumons /ou bien il se fait un échange dans ce viscère. P'unç part, l'air éminemment respirable est absorbé; et de l'autre, le poumon' restitue à la place une portion diacide crayeux aériforme près-» que égale en volume, »

Malgré la parfaite impartialité avec laquelle il s'exprime sur la probabilité de ces deux manières de concevoir la formation de 1 acide carbonique , il avoue qu'il serait porté à croire que l'un et l'autre de ces effets ont lieu peqdant l'acte de la respiration*

Mais il était difficile qu'en avançant dans ses travaux chimiques sur la formation de l'acide car» bonique par la combustion du charbon et le dé» gagement de chaleur qui en résulte , et en continuant ses recherches physiologiques sur la res^ jriration, l'analogie ne lui parût parfaite entre ces deux ordres de phénomènes : aussi cessa-t-il de regarder les deux manières d'envisager la production d'acide carbonique dans la respiration coinme également probables , et il adopta de fërence la première, que l'acide carbonique forme dans les poumons par la combinaison de l'oxigène avec le carbone du sang, et qu'il est expiré datas cet état.

On sait qu'il' n'avait pas terminé ses travaux

teÀPITRC XVT* 4^9

SUT- la respiration lorsqu'il fut .çnlevé par une mort prématurée et déplorable. Il est possible que, s'il avait vécu , il eût cherché , comme il en avait d'abord l'intention, à déterminer, par l'expérience , laquelle des deux hypothèses est vraie ; mais celle qu'il avait adoptée expliquait parfaitement tous les faits connus relatifs à la respira»» tion , et présentait , en même temps,, Je rare avantage de rendre compte, d'une manière satisfaisante* d'une des fonctions les plus importantes, la pro-^ duction de la chaleur animale. L'attrait que devait avoir pour lui la vue de phénomènes aussi bien coordonnés ne pouvait guère laisser de doute dans son esprit sur la vérité de Tinter* prétation qu'il avait adoptée ; elle ne devait plus lui paraître une hypothèse; et quoiqu'elle n'eût pas cessé de l'être, tel était le charme qui y était attaché , que presque tous ses successeurs qui se sont livrés au même genre de travaux l'ont adof * tée sans examen.

Cependant Spallanzani , et le fait est bien re->marquable, croyant être de l'avis de Lavoisier , avait adopté l'opinion contraire; et qui plus est, il chercha à l'établir par des expériences telles que , si elles étaient exactes , elles devaient conduîre à renverser l'opinion généralement reçue. £lle& ne parurent qu'après sa mort, dans ses mémoires sur la respiration, traduits par M. Sénebier, sur le manuscrit inédit. Les faits dont il «*'agit, quoicpie publiés en i8q3, et craignes dons un ou-

44 *> ÇÏÏATBIÈME FAKTIE.

vrage généralement connu, y restèrent, pou* ainsi dire, ensevelis, puisqu'ils n'influèrent pas feur la manière de concevoir les phénomènes de 4a respiration et tpit personne n'entreprit une série d'expériences pour décider la question.

Cependant cette décision impartait beaucoup k 4a science , car la question est tdut-À-fâit fondamentale. J'ai été nécessairement conduit à l'examiner , après avoir traité les autres sujets principaux relatifs aux altérations chimiques de l'air flans la respiration / qui ont été en litige depuis les premières découvertes. Il n'y a qu'un moyen de se décider par l'expérience en faveur de Vune «u de l'autre hypothèse sur la production de Va-* cifle fcarbonique. Il est simple et 9e présente naturellement à l'esprit : c'est le procédé employé par Spallanzani. Il est évident que si l'acide carbonique résulte de la combinaison de l'oxigène «de Fair avec le carbone du sang dans l'aète de la respiration , il ne se produira pas d'acide carbonique dans le cas où un animal respire un gaz Aépourvu cToxigène. Je n'ti pas besoin d'ajouter qu'on fait abstraction de l'oxigène et de l'acide carbonique que les poumons -peuvent contenir lorsqu'on soumet l'atimal h et genre d'expériences.

Je suppose donc que l'on puisfa* écarter cet élément de complication ; si un animal respin dans un gaz dépourvu d'oxigène, et qu'il produise de l'acide carbonique , tV«era le résultat de l'exhalation:

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