CHAPITRE XVI. 44 l
Mbis s'il est facile d'imaginer le& conditions extérieures qui servent à décider la question , il est une difficulté qui nait du choix des sujets propres à l'expérience. L'homme peut inspirer plusieurs fois de l'hydrogène ou de l'azote purs; mais la quantité de ces gaz: qu'il peut inspirer sans danger est trop peu considérable pour qu'on puisse en tirer aucune conclusion . En effet, quelque forte que soit l'expiration pour se débarrasser de l'air contenu dans les poumons, il en reste toujours une grande proportion qui , en se mêlant ensuite à l'hydrogène ou à l'azote respiré, fournit de l'acide carbonique. Or, les moyens d'évaluer ces quantités sont tellement inexacts qu'on ne saurait compter sur1 le résultat de pareilles expériences. Ce que je dis de l'homme en général est applicable aux animaux à sang chaud ; du moins cela paraît ainsi à la première vue.
D'un autre côté, si Ton choisit les animaux dans les citasses très-éloignées , comme parmi les invertébrés, les mollusques, par exemple, ainsi que Fa fait Spallanzani > on est peu disposé à admettre comme un phénomène général lies résultats d'expériences faites sur des êtres d'un ordre si inférieur, et dont l'organisation paraît si différente de la notre. C'est ce qui ta'à décidé à ne pas commencer mes recherches par vérifier les expériences sur les limaçons, et à choisir, parmi les vertébrés , les espèces les plus propres à remplir les conditions requises. Les plus favorables sont
44 3 QUATRTèltE PAETrB.
que l'animal vire long-temps sans oxigène J que J dans cet état, il exécute des mouvemens respiratoires, et que la capacité des poumons soit petite.
Parmi les vertébrés à sang froid et à respiration aérienne , il n'y a guère que les batraciens qui réunisse ht ces avantages : encore ne les présententils pas dans tous les temps. D'abord, relativement à la durée de la vie hors du contact de l'air, j'ai fait voir, dans mes premières recherches sur l'influence des agens physiques , qu'elle dépendait de deux conditions principales, la température actuelle et la température précédente ; que l'éléva-» tion.de température, dans les deux cas, abrège singulièrement le temps durant lequel ils peuvent se passer de l'influence de l'air ; de sorte qu'en été, dans un milieu dépourvu d'oxigène , et à aoP centig. , des grenouilles ne vivraient guère qu'une heure si la température précédente avait été trèsélevée; tandis qu'en hiver, après une longue durée de la température de o*, si on les plaçait dans un milieu au même degré, elles y vivraient de deux à trois jouis.
Quant aux raouvemens respiratoires, ils ne peuvent les exécuter, ni dans tous les milieux privés d'air, ni dans toutes les saisons* Si on plonge des grenouilles sous l'eau , que ce liquide soit aéré ou non , ces mouvemens cessent à Finstant, et quelque temps qu'elles puissent y vre | QD n'en voit presque jamais*