‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 157 sur 206 · CHAPITRE XVN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVN

les phénomènes principaux des vertèbres à sang froid : tels sont les mammifères hybernans dans les saisons de l'automne et de l'hiver j enfin qu'un grand nombre de mammifères non hy-» beraans et d'oiseaux, dans les premiers temps de leur existence, se comportent, sous le i;apport des phénomènes de la chaleur , comme des animaux à sang froid, ainsi que je l'ai exposé précédemment. Je fais ces observations dar\s X\\\térët de la science en général, parce qu'il est des cas nombreux où des phénomènes physiologiques ne pourraient être constatés que sur de certaines espèces, les autres ne pouvant se prêter aux conditions d'expérimentation nécessaires pour obtenir des résultats rigoureux; et que, si ou sç refusait à l'analogie qui en dérive , nous pQurrions rester à jamais dans une parfaite .ignorance de beaucoup de faits du plus haut intérêt dans l'étude de l'économie animale. J'ai cru dqvoir insister. un

moment sur les raisons propres à nous faire admettre chez les vertébrés à sang chaud le phénomène de l'exhalation d'acide carbonique dans la respiration t d'après les résultats que nous avons obtenus sur des reptiles , des poissons et des moilusques. Cependant je n'ai pas voulu m'y borner, non /rue j'eusse des doutes sur la validité de ces raisons, mais pour donner une satisfaction complète par des preuves directes , si je pouvais y parvenir. Je l'espérais, en profitant de la faculté qu'ont certaines espèces de. mammifères nouveau

liés de vivre environ une demi-heure sans le con« tact de l'air. Ces espèces paraissaient réunir les qualités requises pour le succès de l'expérience* Lorsqu'elles sont privées d'air, les monvemens respiratoires ne sont pas supprimés, mais ils sont rares. Après deux ou trois minutes les mouvemens volontaires cessent; ils sont remplacés par d'autres qui sont involontaires , et qui con* sistent dans de fortes inspirations accompagnées de bâillemens , et de flexions du tronc. Ces mouvemens se reproduisent à-peu-près une fois par minute, plus ou moins, suivant les individus; ♦ de sorte que, s'ils vivent une demi-heure, ils peuvent fournir environ une trentaine d'inspirations. S'il s'agissait de reptiles, cette courte durée de la vie, ce petit nombre d'inspirations, ne promettraient aucun résultat sensible , parce que leur production d'acide carbonique est toujours faible et que la longueur du temps est, en ce cas , un élément nécessaire pour le succès de l'expérience. Mais des mammifères, quoiqu'ils en produisent moins dans les premiers temps de leur vie que dans un âge plus avancé, ainsi que je l'ai prouvé ailleurs , eu fournissent beaucoup plus que les reptiles; ce qui pourrait compenser le défaut dans la durée de l'expérience, et le nombre des inspirations. La petitesse de leurs poumons est un autre avantage, sans lequel, à la vérité, il ne faudrait pas tenter l'expérience. Jeu fis l'essai sur un jeune chat de trois ou quatre jours,

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Age trop avance pour donner une grande latitude. J'employai le même appareil avec 146 centilitres d'hydrogène. Il n'exécuta des mouvemens» h différons intervalles, que pendant içj'j ce qui donna, après la cessation des mouvemens volontaires, à-peu-près autant d'inspirations. Je le retirai quatre minutes après j et lorsque Ptppareil fut refroidi complètement, je ne laissai pas de trouver , malgré le petit nombre d'inspirations % uqe quantité très-sensible d'acide carbonique; cette quantité éqqiyebût à 1,96 centil» Or, il s'agissait de la comparer à la capacité dés pour mens. Je les retirai de l'animal avec la trachéeartère; je les insufflai autant que possible % ce qui les distendit outre la mesure naturelle ; j'introduisis l'air qu'ils contenaient dans. un tube gradué , en exerçant une pression» extérieure. L'air ainsi expulsé ne montait qu'à \ de centilitre. Or, en supposant que tout l'o^jgctne de ce volume d'air fût converti en acide* carbonique préexistant dans les poumons , ce q«i est une supposition exagérée 1 il n'y aurait eu 4'apidç carbonique que le cinquième de ce volume d'air , c'est-à-dire, o{smt'9 1 6, au lieu que nous ayons trouvé dans l'hydrogène respiré i~%g6«

Il s'ensuit que les mammifères exhalent de l'acide carbonique lorsqu'ils respirent de l'hydrogène pur , et qu'ils présentent le même phénomèneqne les reptiles » les poissons et les mollusques.

La présence de l'oxigène dans Tair respire n'est donc pas nécessaire à la production de cet acide carbonique. Je ne chercherai pas à établir ee fait sur d'autres preuves ; delles-ci suffisent pour que nous puissions regarder le phénomène comme général:

En .l'appliquant au proeédé de la respiration dans }'air atmosphérique , tout ce que nous pouvons nous permettre de conclure des expériences précédentes , c'est' qu'au moins une partie de l'a-« cide barbonîque qui provient de l'exercice de cette fonction n*est pas le résultat de la combinaison directe ou immédiate de Foxigènc de Vair avec le carbone du sang dans l'inspiration , que V expiration suivante expulse du corps et mêle à l'air en* ' vironnant , mais qu' il est le produit de l'exhalation «

Il s'agit maintenant de savoir si ce qui est vrai pour une partie est vrai pour le tout ; car on pourrait admettre les deux modes de formation, une partie exhalée et une autre fabriquée de toutes pièces dans les poumons. J'observerai d'abord que le premier procédé est le seul qui soit appuyé 'sur des faits positifs ; que l'autre est une hypothèse. Mais il y a moyen de soumettre cette hypothèse à l'épreuve de l'expérience fondée sur la considération suivante.

Si , lorsqu'un animal respire dans l'air atmosphérique, une partie de l'acide carbonique est exhalée et l'autre formée de. toutes pièces dans les poumons par la présence de l'oxigène , il s'ensuit

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