‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 163 sur 206 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

applications .

Non», ayons successivement examiné l'influence de divers , egefts physiques sous leurs principaux rapports.

Nous avons étudié leurs actions simples et un grand nombre de leurs actions combinées ; les modifications de leur influence, selon qu'ils agissent sur des constitutions diverses , et réciproquement leur tendance & produire des changemens dans ces constitutions.

J'ai indiqué , dans la quatrième partie de cet ouvrage , quelques-unes des applications qui découlent des faits généraux que nous avons constatés. Je ne pouvais les indiquer toutes , ni m'étendre sur celles que j'ai présentées , sans passer les bornes de cet ouvrage et en changer la nature.

Cette indication suffit dans un grand nombre de cas ; quelques-unes des conséquences que je n'ai pas déduites s'offriront naturellement à l'esprit ; d'autres ne seront aperçues que lorsqu'on se donnera la peine de méditer les faits généraux qui servent de principes. Prenons d'abord pour exemples quelques faits relatifs à la faculté de produire la chaleur.

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Nous ayons fait voir qu'elle pouvait varier beaucoup chez le même individu dans l'état de santé ; à plus forte raison devons-nous nous attendre à ce qu'il en soit ainsi dans l'état de maladie* Déduisons de faits précédemment exposés ce qui pourrait arriver dans les cas où la faculté de produire de k chaleur serait réduite au-dessous du type de la santé. Il en résulterait une variété d'affections, suivant la diversité des constitutions et lé degré de diminution dans la faculté de produire de k chaleur,

S Ier. Il y a deux formes principales sous lesquelles cet état se présente , ainsi que nous l'avons précédemment exposé : une diminution successive dans l'activité des principales fonctions r d'où résulte la torpeur; ou, au contraire, une augmentation dans la vitesse des mouvemens de la respiration et de k circulation. Le premier cas est celui des animaux hybernans ; le second celui des animaux à sang chaud non hybernans* Sans entrer dans l'examen des conditions qui déterminent l'une ou l'autre forme , une foule de raisons nous portent à croire qu'elles peuvent avoir-lieu chez des individus adultes, de quelque classe qu'ils soient, parmi les animaux à sang chaud. Il y a une trop grande diversité de structure chez les animaux à sang chaud hybernans pour croire qu'il n'y ait qu'une organisation spéciale qui soit susceptible de présenter les mêmes phénomènes. La structure influe sans doute sur le plus ou moins de facilité

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avec laquelle cet état se produit et la durée dans laquelle il peut avoir lieu; mais il ne parait pas qu'aucune organisation en soit absolument incapable* Les constitutions peuvent tellement changer par un concours de circonstances et la continuité de leurs actions , qu'un pareil changement chez des animaux que Ton n'a pas encore observés dans cet état n'est nullement impossible. Les espèces; parmi les animaux à sang chaud, connues pour être hybernantes , ne le sont pas nécessairement. Elles peuvent cesser de l'être. Il est des individus appartenant à ces espèces, qui ne s'engourdissent pas dans la saison de l'hybernation : c'est ce qu'on observe sçuvent dans l'état de domesticité. Il suffit en ce cas que leur faculté de produire de la chaleur se soit accrue; faculté susceptible, chez tous ces animaux, de varier dans des limites très-éloignées. On peut même , chez quelques-uns d'entre eux, produire ce changement à volonté par une nourriture convenable , et une température graduée.

Qu'on "ne croie pa$ d'ailleurs que les phénomènes principaux de l'hybernation , chez les animaux qui en sont habituellement susceptibles , ne soient déterminés que par un certain abaissement de la température extérieure. J'ai observé, sur plusieurs de ces animaux, que le sommeil en été réduisait beaucoup leur température , que leur respiration diminuait de même > et qu'ils devenaient engourdis : seulement leur torpeur n'était pas

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aussi profonde que dans d'autres circonstances. Cet effet du sommeil naturel est tellement lié à la faculté de produire de la chaleur , qu'il est en général d'autant plus marqué que cette faculté est moindre. Aussi est-elle très-prononcée dans les chauves-souris et les lérots, chez qui la fonction qui préside au dégagement de la chaleur est plus faible que chez la plupart des mammifères hybernans. Quoique cette modification de fonction soit essentielle à la production du phénomène , je suis loin de prétendre qu'elle seule soit toujours suffisante. L'état qui caractérise l'hybernation peut avoir lieu, et a lieu en effet, sans qu'il soit amené par un abaissement de température extérieure , et il est facile de le concevoir. L'influence du froid extérieur est relative à la faculté de produire de la chaleur : elle est d'autant plus grande que celle-ci est moindre , et réciproquement. La température de , 1 été , quoique très- élevée , est ordinairement bien inférieure à la chaleur habituelle aux mammifères et aux oiseaux. Les individus chez qui la faculté de développer de la chaleur est faible . subiront en été un refroidissement en rapport avec la diminution de cette faculté : c'est ce qui a lieu lorsqu'ils s'endormept. Remarquons bien que leur sommeil , à cette époque , n'étant pas déterminé par les conditions extérieures , mais par la suite nécessaire de la veille, il est parfaitement naturel. Or, comme l'observation précédente est relative à des mammifères

appartenant à des genres difierens , et que la liai* «on des deux phénomènes y est extrêmement prononcée , nous en déduirons que l'état du sommeil naturel est en général accompagné d'une diminution dans la faculté de produire de la chaleur. Je dis sommeil naturel, pour désigner l'état le plus ordinaire ; car il peut y survenir des modilications qui changent ce rapport.

Ayant déduit cette liaison de phénomènes de l'observation , nous en suivrons les conséquences. Puisque la faculté de produire de la chaleur est diminuée dans le sommeil naturel , il s'ensuit que les causes extérieures de refroidissement , soit relies qui soustraient la chaleur développée , soit celles qui en diminuent le développement , doivent avoir plus de prise sur l'économie animale pendant cet état ; d'où Ton voit qu'un air humide et froid, ou un air sec et vif, que Ton supporte sans inconvénient pendant la veille , même sans le secours de l'exercice , pourra être nuisible pendant le sommeil.

Nous ajouterons que l'effet de l'exposition au froid pendant le sommeil est nécessairement variable , d'après le même principe. Il varie suivant 1a diminution de la faculté de produire de la chaleur.

Le sommeil naturel, chez plusieurs espèces d'animaux hybernans , mérite la dénomination de sommeil léthargique, par la diminution notable de leur température, de la respiration et de la

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