‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 164 sur 206 · CHAPITRE XVIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIÏ

circulation , des mouvemens extérieurs et de l'excitabilité des sens : seulement il diffère en intensité suivant les individus et les espèces.

Nous avons fait connaître la modification de lu constitution qui influe le plus sur ce rapport ; de sorte que Ton concevra facilement qu'il puisse survenir chez l'homme des changemens h cet égard qui rendent son sommeil léthargique. Je dis sommeil, pour ne pas confondre cet état avec d'autres où les mêmes symptômes peuvent se présenter, mais qui sont amenés par des causes bien différentes , comme un épanchement dans le cerveau , une forte commotion du système nerveux , la privation d'air, les gaz délétères, etc.

Quoiqu'on ne puisse pas douter que tout changement dans la constitution ne corresponde à un changement dans l'état des organes , le sommeil dont nous parlons ne suppose pas nécessairement une altération sensible des organes , comme celles qui font l'objet de l'anatomte pathologique : ce que j'ai dit ailleurs • à l'occasion des animaux hybernans en est une preuve suffisante. Des considérations déduites des faits rapportés dans cet ouvrage m'ont fait admettre que le sommeil léthargique pouvait avoir lieu chez l'homme.

Je n'entreprendrai pas de rapporter les observations consignées dans les annales de la médecine à l'appui de oe que j'avance ; on les a souvent regardées comme fabuleuses , moins parce qu'elles n'étaient pas revêtues d'un caractère au-

thentique que parce qu'on ne concevait pas le phénomène , et qu'il répugnait aux idées qu'on s'est formées de la constitution de l'homme. Nonseuleinent les considérations précédentes m'ont convaincu que , dans les récits de cette espèce , il devait y en avoir de vrais , mais encore, un cas qui est venuà ma connaissance aurait suffi pour ne m'en laisser aucun doute. Il ajouterait peu aux faits que d'autres ont rapportés ; il me suffit d'avoir montré que si le phénomène est rare chez l'homme , il n'est pas hors des combinaisons de sa nature.

§ II. Nous avons indiqué un autre ordre de phénomènes qu'on observe chez des animaux à sang chaud dont la production de chaleur est faible. Nous avons vu que dans les premiers temps de la vie cette constitution est commune à tous ; qu'ils diffèrent entr'eux par le degré d'énergie de cette faculté , de manière à former deux groupes dans chaque .classe des vertébrés à sang chaud. Ceux qui produisent le moins de chaleur se trouvent ordinairement dans des conditions extérieures qui y suppléent et qui entretiennent leur santé; mais dès qu'on les y soustrait, ils présentent cette série de symptômes; un sentiment vif de froid ou un abaissement appréciable de la température du corps , avec une accélération de la circulation et de la respiration. Nous avons prouvé que ces symptômes proviennent de ce qu'ils ne produisent pas assez de chaleur , et que la température extérieure ne supplée pas à ce do-

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