CHAPITRE XVII
même appareil de symptômes chez les jeunes animaux qui nous ont servi d'exemples en leur fournissant une chaleur convenable; car la chaleur extérieure supplée , dans un grand nombre de cas, ainsi que nous l'avons fait voir précédemment, au défaut de production de chaleur.
On pourrait croire que la cessation de l'accès dont nous avons parlé ne devrait être que momentané , et qu'elle ne peut se prolonger au-delà du temps qu'il faut pour que la chaleur se dissipe ; mais nous avons fait voir, au chapitre ui, 4e partie , que l'application de la chaleur dans les cas où l'économie n'en développe pas assez , produit des effets qui se prolongent plus ou moins au-delà du temps de cette application, en augmentant la faculté de produire la chaleur par les moyens ordinaires à la santé ; distinction extrêmement importante ; car l'énergie de ces moyens ne se mesure pas , dans ce dernier cas , par l'activité plus ou moins grande des mouvemens de la respiration et de la circulation , comme nous l'avons fait voir précédemment.
Il y aura donc une intermission plus ou moins longue , suivant le degré auquel la faculté de produire de la chaleur aura été lésée.
Les cas extrêmes de cette intermission se trouvent, d'une part, dans le rétablissement de la santé par un seul accès ; d'autre part , dans les fièvres intermittentes algides , décrites par Torti, ou cette faculté est tellement lésée , que le malade
meurt dans la période de froid, au bout de deux ou trois accès , si l'on n'emploie pas les moyens convenables.
§ III. Puisque l'application de la chaleur extérieure tend à ranimer la faculté de la produire , on pourra substituer ce moyen aux efforts extraordinaires de l'économie , qui tendent au même but. On pourra le faire , soit pour les prévenir , soit pour en diminuer la durée.
Ce moyen aura plus ou moins de succès , suivant la mesure et le mode d'application et la gravité du cas. On en verra un exemple frappant dans l'emploi du bain de vapeur par M. Chomel , pour un cas de fièvre intermittente. (Nouv. Journ. de Médecine, t. x, p. 270. ) Ce mode d'application de la chaleur a un avantage remarquable sur plusieurs autres, qu'on saisira facilement en se rappelant les faits exposés chapitre vm , 4* partie. Comparons, par exemple, les effets d'un bain liquide et ceux d'un bain de vapeur, portés l'un et l'autre à une haute température. On supportera d'autant mieux la chaleur que Ton trouvera plus de ressource dans l'action vivifiante de l'air. Dans le bain liquide , l'action de l'air est supprimée sur presque toute l'étendue de la peau ; dans le bain de vapeur , au contraire, elle est en rapport avec toute sa surface ; de sorte que, toutes choses égales d'ailleurs , on supporte beaucoup plus long-temps la chaleur de la vapeur que celle de l'eau.