CHAPITRE II. S
dans de l'eau également à o°, en me servant du même appareil et des mêmes quantités d'eau que dans les expériences précédentes. Dans cette nouvelle condition , elles vécurent de 24 à 60 heures, qui sont au moins le double de la durée précédente. —
Cette expérience a donc pleinement confirmé la conclusion que je cherchais à vérifier; mais , comme un résultat pareil a besoin d'être répété pour être regardé comme constant, je dirai, pour ne laisser aucun doute à cet égard , que je ne me suis pas contenté de répéter souvent la même expérience pendant un hiver , mais que j'ai obtenu le même résultat deux années de suite.
Il suit de ce qui précède que l'influence de l'abaissement de la température de l'air , qui a subsisté un certain nombre de j ours avant l'expérience , s étend jusqu'au terme de o°; mais on sent bien que c'est ici la limite inférieure de cette influence, puisque les animaux qui habitent l'eau sont , par la nature même de ce liquide , à l'abri d'un plus grand abaissement de température. Si , par un plus grand froid , l'eau où ils séjournent venait à se geler, ils se trouveraient dans une condition différente, qui doit être examinée à part, et qui appartient à l'asphyxie considérée dans les corps solides.
Il était intéressant de savoir si l'influence de la température antérieure de l'air se ferait sentir dans la durée de la vie des batraciens plongés dans de l'eau élevée à de plus hautes températures. Je
cherchai donc à déterminer si le terme de 4^° , qui était celui oh les batraciens périssent presque subitement en été, ne serait pas reculé, en faisant la même expérience sous l'influence d'une températare antécédente beaucoup plus basse que celle de cette saison : c'est pourquoi, le 3o octobre, la température moyenne de l'air ayant été à 70 pendant tout le mois, je mis six grenouilles dans de l'eau chauffée à 4*° y et maintenue à ce terme. Mais elles vécurent sensiblement le même temps que dans les expériences analogues que je fis en été, c'est-à-dire d'une à deux minutes.
Je fis la même expérience le a5 décembre, lorsque la température de l'air, pendant tout le mois, avait été voisine de zéro , et j'eus le même résultat. Aipsi , la même limite de température de l'eau met un terme à l'existence des grenouilles dans les diverses saisons, quelle que soit la température précédente de l'air. J'ai répété ces expériences sur les crapauds et es salamandres avec les mêmes résultats.
Je me bornerai ici à ces observations sur la température. Les faits qu'elles constatent serviront à éclairer ce qui se passe chez les mêmes animaux -placés dans d'autres conditions. Bien d'autres questions relatives à ce sujet se présenteront dans la suite , à mesure que nous avancerons dans l'examen de chaque cause capable d'influer sur l'économie animale et dans l'étude de la combinaison de ces causes.