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à 1* surface ? Et en admettant qu'ils ne sauraient «soustraire à notre vue, il faudrait pouvoir passer à les observer tout le temps que ces animaux peu- ? eut se dispenser de respirer. Or, on a vu, par les expériences précédentes, qu'en hiver, elles ont vécu sons l'eau l'espace de deux jours et demi. L'observation directe ne saurait donc apporter la preuve que les grenouilles passent l'hiver sous l'eau sans respirer.
On pourrait alléguer en faveur de cette opinion, qu'on en a trouvé de vivantes sous la glace ; mais ces faits , qu'on a sans doute souvent observés , ne toift pas assez circonstanciés pour servir de preuves. 11 aurait fallu constater le nombre de jours depuis la formation de la glace , et s'assurer qu'il n'y eût point d'ouverture. M. Bosc m'a appris qu'il a vu , en hiver , des grenouilles sortir de l'eau plusieurs jours de suite , à une heure déterminée, et aller respirer à terre pendant un court espace de temp*
Dans les expériences nombreuses que j'ai faites , pendant les hivers de 1816 et 181 7 , sur l'asphyxie des grenouilles dans une quantité déterminée d'eau aérée, elles n'y ont jamais vécu plus de deux jours et demi , dans les températures les plus propres à prolonger leur existence pendant leur submersion.
Spallanzani, dans une expérience , a vu qu'une grenouille vécut huit jours sous l'eau à une température qui varia d'un demi-degré à i° au-dessus de 0% et il ajoute qu'à une température plus élevée
elle serait infailliblement morte dans l'espace d'un jour; mais la température, pendant la longue saison de la retraite des grenouilles, varie beaucoup. On ne saurait donc conclure , d'après les faits connus, que les grenouilles passent l'automne et l'hiver sous l'eau, sans venir, de temps en temps, respirer à la surface.
Supposerait-on qu'elles peuvent avoir cette faculté , parce qu'elles seraient engourdies pendant leur hivernation ? Mais l'engourdissement ne dispense pas les animaux de la nécessité de respirer. D'ailleurs , comme M. Bosc le remarque , les grenouilles ne passent pas l'hiver dans un état d* engourdissement , si, par ce mot, on entend l'absence du sentiment et du mouvement volontaire. Elles sont moins actives pendant le froid; mais elles se meuvent & la température de zéro. Dqns les expériences que j'ai faites sur l'influence de la température dans l'asphyxie, j'ai eu occasion de reconnaître la justesse de cette observation. J squ'ici nous ne nous sommes pas occupé de l'action de l'air contenu dans l'eau; l'étude de ce sujet nous conduirait peut-être k connaître une nouvelle condition qui influerait sur la durée de la vie des grenouilles sous F eau, et à trouver la solution de la question que nous examinons.
Des expériences seules pourraient nous éclairer, et je n'en connais qu'une faite à ce sujet. Spalianzutri mit une grenouille dans de l'eau privée d'air par 1 ebuiiition , et une autre dans une égale quan-
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tité d'eau aérée. La grenouille qu'il avait plongée 4ns de l'eau non aérée donna, au bout de dix kures , des signes d'une mort prochaine , et celle qui se trouvait dans de l'eau aérée ne fut dans cet état qu'au bout de vingt heures. Mais cette expérience , la seule que ce savant ait faite à cet égard , ne peut rien décider.
La seule différence dans les forces des individus suffit, dans certaines saisons, pour en produire une an&i grande dans la durée de leur vie , lorsque tontes les circonstances extérieures sont les mêmes*
L'influence que l'air renfermé dans l'eau exerce sur la vie des poissons a été examinée avec le plus grand soin par Spallanzani , par M. Sylvestre et MM. de Humboldt et Provençal. Les travaux de tons ces savans ont fait connaître des faits du plus «rend intérêt pour l'histoire des poissons; mais on n'en peut appliquer les résultats à des animau* d'une autre classe. Les poissons opt des ouïes ou branchies ; appareil propre & recevoir l'action de Fatr renfermé dans l'eau où ces animaux sont confinés- Les grenouilles adultes , ainsi que les crapauds et les salamandres , ne sont pourvus que de poamon6 , organes destinés à respirer uniquement l'air de l'atmosphère , soit que ces animaux habitent les eaux, soit qu'ils séjournent sur la terre? cette faculté d'habiter ces deux élémens ne les rend pas amphibies, dans le sens que quelques naturalistes attachent à ce mot. Dans cette acception, un amphibie doit jouir de la double faculté de
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respirer l'air de 1 atmosphère et de vivre aux dépens de l'air contenu dans l'eau; mais on ne reconnaît ces deux moyens d'existence dans aucun des reptiles adultes , excepté le protée et la sirène ; et M* Cuvier a fait voir que l'axolotl a toute la structure d'une larve de salamandre. Si les têtards et ces animaux singuliers, qu'on a joints à la famille des batraciens, ont le privilège de respirer l'air de l'atmosphère et celui de l'eau, ils sont aussi pourvus d'un double appareil de branchies et de poumons, qui caractérise cette double faculté. Rien ne peut donc faire présumer que les batraciens adultes , qui ne sont pas munis de ces deux genres d'organes , jouissent de l'avantage qui résulterait de leur présence. La question de savoir quelle influence exerce sur ces animaux l'air contenu dans l'eau est donc une question nouvelle qui pourrait présenter un grand intérêt , et que j'ai cherché à résoudre par l'expérience* Au moyen de l'ébullition , j'ai privé l'eau de l'air qu'elle contenait. On sait, d'après les expériences de MM. de Humboldt et Provençal , qu'il en existe quelques atomes dans l'eau qu'on a fait bouillir dans des vaisseaux ouverts; mais cette quantité* à peine appréciable , pouvait être négligée dans ces expériences, comme on le verra tout-à-1'heure.