‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 35 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pour qu'elle ne pût entretenir long-temps la vie <kns les conditions où j'avais placé ces animaux, les mouvemens de déglutition, quoique plus rares, iraient cependant lieu ; les flancs se contractaient par intervalles , et ces signes reconnus du mouvement respiratoire suffisent pour que je n'insiste pas sur ce mode d'expériences, qui, trèspropre à nous éclairer sur l'influence de la déglutition dans l'inspiration, ne concourt pas directement à l'objet de mes recherches; car il importe qu'il n'y ait aucun doute sur la parfaite exclusion de l'air. Quand même tout le jeu des organes de h respiration serait arrêté, rien ne prouve que 1W extérieur ne puisse entrer dans les poumons , et quelque lentement que l'air s'y renouvelle , le mouvement imperceptible qui a toujours lieu dans l'atmosphère la plus calme pourrait contribuer à l'entretien de la vie.

Une ligature passée derrière la tête peut être assez fortement serrée pour effacer les voies aériennes , et intercepter complètement le passage de Tair. H vaut mieux recourir à ce moyen sûr, quoique violent , que de se servir de procédés plus doux, mais incertains.

J'employai donc de préférence ce moyen. J'en *i Tapporté un résultat dans le premier chapitre; mais cette expérience avait été faite dans un autre Wt, et elle ne suffit pas pour donner sur ee sujet tontes les connaissances nécessaires*

J'appliquai donc la ligature à six grenouilles , et

je mis un soin particulier à exercer la plus exacte compression , et à nouer à plusieurs reprises la ligature si fortement qu'il n'y eût aucun accès à l'air extérieur, soit dans le moment , soit pendant la durée de l'expérience. La température était alors de 1 2° dans l'appartement , et 4e 6° au dehors. Je plaçai ces animaux sur du sable mouillé , pour obvier au défaut d'humidité. Us vécurent un temps considérable, qui, pour l'un d'eux, s'étendit à vingt jours.

Ces animaux auraient péri dans l'espace d'un à trois jours en les plaçant dans o1**,* d'eau, ainsi que je m'en suis assuré à la même époque, cette année et les années précédentes. Il faut donc que l'influence de l'atmosphère sur la peau soit bien grande pour contre - balancer pendant si longtemps les effets de 1\ strangulation.

Qu'on ne s'étonne pas qu'ils aient vécu beaucoup plus long-temps en cette circonstance, où la respiration était entièrement suspendue , que dans le cas ou, la bouche étant ouverte, la respiration n'était que gênée. J'ai placé ces animaux dans des conditions de température différente dont on a déjà vu l'influence relativement à l'eau. Cette modification , dépendant de cette cause , n'est pas de mon sujet; je me contente de l'indiquer pour ne pas entraver la marche que je me suis j roposée.

Quelle que soit la vitalité de ces animaux, l'opération violente sous laquelle ils languissent ne peut manquer d'abréger leurs jours, et, par couse*

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quent, de mettre des bornes aux heureux effets que l'atmosphère exerce sur la peau. C'est cette âflaence dont il importe de déterminer l'étendue. Et je m'empresse d'arriver à d'autres méthodes propres à nous en donner une mesure plus exacte.

On doit s'attendre à l'obtenir d'une opération qui intéresse des parties moins sensibles', et qui noise moins aux autres fonctions.

U ne s'agit cependant de rien moins que d'enlever les poumons, et de faire vivre ainsi ces animaux, privés de cet organe, sous l'influence de l'atmosphère.

Quelque funeste que puisse paraître cette mutilation, elle remplit les conditions que je viens d'indiquer. On enlève un organe dans lequel on ne voit qu'une poche membraneuse, d'une extrême finesse, dans laquelle se ramifient des vaisseaux sanguins. Une ligatifre "placée à leur origine empêche la section de causer une effusion de sang ; une incision de deux à trois lignes dans les flancs permet d'enlever les poumons, et une suture ferme ces petites ouvertures. L'effet immédiat de cette opération justifie ce que j'ai avancé.

Je la pratiquai au milieu de décembre 1818 ; sur trois grenouilles de moyenne grosseur : elles ne parurent pas souffrir beaucoup, et présentèrent, après l'opération, la même agilité que celles qui étaient intactes. Je les plaçai sur du sable humide. La température de l'appartement était de 7% et die s'éleva jusqu'à 12° le 17 janvier 1819. Deux

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moururent à cette époque, et la troisième le 24 du même mois. Ainsi, de ces trois grenouilles privées de poumons , et qui n'avaient d'autre rapport avec l'atmosphère que par la peau, deux ont vécu trente-trois jours, et la dernière quarante."

Spallanzani avait extirpé les poumons des grenouilles , mais dans une autre intention , et sans prendre les précautions nécessaires pour arrêter l'effusion du sang et empêcher l'entrée de l'air dans la cavité de la poitrine ; aussi est-il loin d'avoir prolongé leur existence jusqu'au terme où ces animaux sont parvenus dans les expériences que je viens de rapporter. Or, c'est uniquement la durée de la vie , entretenue par l'action de l'atmosphère sur la peau , qui est l'objet de ces recherches.

Si , dans cette vue' , je devais donner la préférence aux procédés les uxoiaqgpiisibles à l'animal pour ne pas entraver les autres fonctions, on conçoit que je n'ai pu avoir recours à la décapitation . D'ailleurs , quelque curieux que soient les phénomènes qui en résultent , ils n'appartiennent pas à mon sujet.

Par la décapitation , la trachée-artère reste presque toujours ouverte , et ce n'est que dans une seule expérience , que nous devons à M. Duméril, que la plaie du col s'est cicatrisée : c'est seulement alors que l'action de l'air se borne à la peau. Ces recherches intéressantes appartiennent k Finilueuce réciproque des différentes parties du sys-

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