‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 36 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

terne nerveux , et ce n'est qu'après avoir terminé tout ce qui concerne l'influence des agens physiques que je puis rapporter les faits qui tiennent if influence réciproque des fonctions.

Ainsi f par l'extirpation des poumons , nous aTons déterminé l'influence de l'atmosphère sur h peau , pour entretenir la vie dans une plus grande étendue que par tous les autres moyens indiqués précédemment. Nous nous sommes rapprochés du but que nous nous étions proposé , mais nous ne croyons pas l'avoir atteint.

Si Ton se rappelle la longue durée de la vie i* ces animaux sous l'eau aérée qui se renouvelle constamment , et qui n'agit que sur la peau , on s'étonnera peut-être de ce qu'ils ne vivent pas plus long^-temps sous l'influence directe de l'atmosphère. Placés dans l'eau aérée , et privés de k respiration pulmonaire , ils ne trouvent d'autres bornes & leur vie que des limites de température ; mais dans l'atmosphère , qui , de même que l'eau aérée f agissait uniquement sur la peau, ils n'ont pu prolonger aussi long~temps leur existence. Puisque l'air , dissous dans l'eau , sert si bien à les faire vivre sans le secours des poumons, ne devraient-ils pas trouver plus de ressources dans l'atmosphère , si d'ailleurs on leur fournislait assez d'humidité. On peut le présumer , mais rien ne le prouve.

L'influence comparée de l'atmosphère et de l'eau aérée est si peu connue que nous ignorons pour-

y 4 Première partie.

quoi les poissons vivent mieux dans l'eau aérée que dans l'air ; connaissance qui serait d'un grand intérêt pour la physiologie générale.

Relativement à l'influence -comparée de l'eau aérée et de l'atmosphère sur les batraciens dans les expériences précédentes, il faudrait déterminer si l'opération n'a pas abrégé leurs jours : c'est ce que je me suis proposé par l'expérience suivante :

Le 4 mars 1819, j'enlevai les poumons à six grenouilles, avec les précautions déjà décrites , et je fermai l'ouverture au moyen d'une suture. Je les enfermai dans un panier avec six autre» grenouilles intactes , et je les plaçai sous l'eau de la Seine, qui était à 4°- La température s'est progressivement élevée jusqu'à 9* dans l'espace de huit jours. La plupart des grenouilles sans poumons périrent avant celles qui étaient entières ; mais à la fin de cette expérience , l'une de celles qui étaient privées de poumons avait survécu avec la seule entière qui restait. Elles offrirent alors une circonstance singulière ; elles étaient accouplées , et la grenouille sans poumons pondit une grande quantité d œufs. La saison , peu favorable à la vie de ces animaux sous l'eau , mit fin à l'expérience le i5 mars.

On voit que ces animaux étaient exactement dans les mêmes circonstances , la seule opération exceptée , ce qui était indispensable pour en apprécier les effets. Or, la plupart des grenouilles qui l'avaient subie ont vécu moins long -temps

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