CHAPITRE IV
que celles qui étaient dans leur état naturel ; et je crois que l'on peut , sans craindre de forcer la exclusion , l'étendre aux grenouilles qui ,. dans fair , avaient subi l'extirpation des poumons , et regarder cette soustraction comme une cause de eurmort.
Le retranchement des poumons abrégeant la vie , on doit s'attendre à ce qu'une opération qui n'aurait d'autre effet que d'arrêter les fonctions des poumons , permette à ces animaux de vivre plus long-temps dans l'atmosphère par le seul moyen de la peau. Nous ne croyons donc pas avoir déterminé la plus grande limite de la vie de ces animaux , sous la seule influence de l'atmosphère sur la peau; mais nous nous bornerons pour le présent à la plus grande durée que nous^avons obtenue.
De ce point de départ , nous pouvons arriver à de nouvelles connaissances relatives à l'action de l'atmosphère.
§ II. Influence de la respiration pulmonaire.
Si nous avons apprécié dans une certaine étendue l'influence isolée de l'atmosphère sur la peau, nous n'avons pas encore recherché quel serait son effet sur la vie en bornant son action aux poumons. Ces animaux vivraient-ils en ne respirant que par cet organe ?
11 paraîtra singulier que l'on puisse élever un
fj6 PREMIÈRE PARTIE.
doute à cet égard ; mais l'influence isolée de la respiration pulmonaire est ignorée , et sa connaissance ne saurait manquer d'intéresser la science.
Les animaux sur lesquels nous * avons expérimenté ont une double ressource lorsqu'ils vivent dans l'atmosphère : c'est d'en recevoir l'influence sur la peau et sur les poumons. Nous avons déjà vu quel parti ils peuvent tirer de l'une ; voyons maintenant quelle est l'importance de l'autre.
Il s'agit de trouver le moyen le plus doux pour écarter les rapports de la peau avec l'atmosphère. La couvrir d'un enduit y ou lui donner une enveloppe se présente d'abord à l'esprit ; mais l'exécution n'en est pas facile : la peau humide , et dont la moiteur se renouvelle sans cesse , ne se prête pas aux procédés de l'art pour l'enduire d'une manière efficace, ou pour lui appliquer une enveloppe exacte et solide.
Si , rebuté par ces difficultés , on voulait les trancher en ayant recours à une opération , comme dans les expériences précédentes, on n'aurait d'autre ressource que d'enlever la peau. Je n'appuierai pas sur les détails de cette opération : tous les batraciens y succombent dans un espace de temps plus court qu'on n'aurait pu se l'imaginer. Us ne vivent que quelques heures.
Cette prompte mort a lieu d'étonner chez des animaux qu'on peut , pour ainsi dire , mutiler impunément. Elle est d'autant plus remarquable , qu'à la même époque d'autres ont subi l'extirpa-