‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 53 sur 206 · CHAPITRE î. r fog · texte numérisé non relu

CHAPITRE î. r fog

présumer que , en bornant les têtards à la respiration aquatique, ce mode d'existence pourrait influer sur la conservation de leur forme.

Voici le procédé que j'ai employé. Je fis faire une boîte de fer-blanc, divisée en douze compartimens , dont chacun portait un numéro , et était percé de trous pour que l'eau pût traverser librement la . boîte. Je mis un têtard dans chaque case après l'avoir pesé, et je plaçai la boîte dans la Seine , à quelques pieds au-dessous de la surface. J'en içis un plus grand nombre dans un vase de terre contenant trente litres d'eau de Seine qu'on renouvelait tous les jours. Les têtards avaient la liberté de monter à la surface , et de* respirer l'air extérieur. lia ne tardèrent pas à.se transformer. Des douze placés dans la boîte sous Veau, dix conservèrent leur forme, sans aucun progrès dans leur métamorphose , quoiqu'ils eussent acquis les uns le double et les autres le triple de leur poids : ajoutez à cela qu'à l'époque où Von a commencé l'expérience , ils avaient atteint le volume auquel la métamorphose est près d'avoir lieu. Deux seulement se transformèrent, mais beaucoup plus tard que ceux qui , dans le vase de terre, avaient la liberté de respirer.

Le défaut de respiration aérienne paraît avoir ici une influence marquée sur tous les têtards qui ont été placés dans cette condition, inégalement à la vérité ; mais on n'a pu suffisamment se rendre maître d'une condition très-influenté , celle de

l'alimentation. Dans la rivière l'eau se renouvelle sans cesse : les débris de matières végétales et animales doivent y être plus abondans que dans l'eau d'un vase qu'on ne renouvelle que toutes les vingtquatre heures.

Malgré cette différence en faveur des têtards privés de respiration aérienne, elle n'a influé que sur deux; les dix autres n'ont subi aucune altération.

11 semble résulter de ces faits que ces jeunes animaux h double respiration conserveraient leur forme sous l'eau si la nutrition n'était pas trop abondante et la température trop élevée f et que la seule différence de la respiration aérienne ajoutée à ces conditions déterminerait la transformation.

Cette conclusion m'a d'abord paru rigoureuse ; mais il y avait un élément dont je n'avais pas tenu compte , c'est l'absence de la lumière ; car les têtards étaient renfermés sous l'eau daniTune boîte de fer-blanc; en même temps qu'ils étaient privés de la respiration aérienne, ils l'étaient aussi de la lumière : or, la conclusion doit porter sur ces deux conditions; nous l'exprimerons ainsi : lorsque les têtards sont dans l'obscurité, et ne peuvent jouir de la respiration aérienne , leur métamorphose est retardée ou empêchée. Je reviendrai sur ce sujet dans une autre partie de cet ouvrage, lorsque je parlerai de l'influence de la lumière.

Je présenterai ici une considération déduite de

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