‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 57 sur 206 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

àpatons à cela que l'animal , lorsqu'il est libre ,

pot puiser directement dans l'atmosphère de non-»

Telles quantités d'air suivant ses besoins.

Voyons maintenant l'influence de la temperatare sur cette nouvelle condition • Prenons pour exemple une ablette ( cjrprinus alburnus) : si on ta met dans un vase à large ouverture contenant deux décilitres d'eau aérée à 20° en été , elle pe'rit dans quelques heures; mais lorsque la température baisse jusqu'à io°ou 12% et qu'elle s'est soutenue un certain nombre de jours à ce terme , Tanimal y vit jusqu'à ce que les matières qu'elle excrète deviennent tellement abondantes qu'elles corrompent l'eau.

Pour remédier à cet inconvénient si Ton renouvelle l'eau seulement toutes les viagt-quatre heures , Tanimal y vit presque indéfiniment.

Ccst ce que nous avons vu relativement aux batraciens, qui vivent indéfiniment sous Peau aérée et suffisamment renouvelée, entre o* et io° ou 12% et qui périssent , pour la plupart , lorsqu'elle s'élève au-dessus de ce terme.

Examinons maintenant le résultat général de tous ces faits , malgré les différentes conditions où ces animaux sont placés.

Cest que, plus la température est élevée audelà de certaines limites , plus il faudra que l'influence de l'air soit grande pour maintenir la vif de ces animaux. Cette influence de l'air, abstraction faite de Uyites les autres causes /sera d'autan)

tl8 SECONDE PARTIE*

plus marquée que ce fluide sera en plus grande proportion ; mais cette proportion a aussi ses limites, qui tiennent à l'organisation de l'animal»

§ IV « Respiration dans Voir.

Jusqu'ici nous n'avons considéré les poissons que sous le rapport de la respiration aquatique } mais la respiration aérienne mérite une attention spéciale*

Lorsqu'un poisson , dans une quantité d'eau pérée , 9 réduit les proportions d'air au point d*y respirer difficilement , il vient à la surface et puise dans l'atmosphère. Pour faire voir que la respiration aérienne influe sur la viedes poissons , M. Sy lvestre a placé un diaphragme à la surface de l'eau pour empêcher le poisson de prendre de l'air dans l'atmosphère. U a observé que les poissons mouraient dans ce cas plus tôt. que lorsqu'ils avaient accès à l'air extérieur.

Ce fait su(I)t pour prouver que les poissons peu— vent respirer directement l'air de l'atmosphère , et que cette respiration peut servir à prolonger leur vie dans l'eeu*

§ V. Fie des poissons dans Voir.

Nous touchons maintenant à l'examen d'une Nouvelle condition relative & la vie de ces anima n x ; je veux parler de leur existence dans l'atmosphère. C'est le point le plus obscur de la vie des poisson s

CHÀNTRB M. ,1I£

relativement à l'influence cLqs ageu$ physiques. Cest aussi la condition où ils présentent dee pfcéùwnènes qui ne paraissent nullement a accorder avec ceux que nous offrent les autres animau* à respiration aérienne, du moine s'il fgut s'en rapporter à un e^ane» peu approfondi de c& sujjet. En effet» lorsqu'on retire un poisson de Veau , on le voit, suivant sou espèce, mourir à l'air, <Wtf quelque» minutes ou dans quelques heures* Il n'est donc pas étonnant qu'on ait regardé - lç* poissons comme incapables de vivre par la respiration aérienne, et qu'on ait attribué cet eflfet 4 la plus grande densité de l'atmosphère comparée à celle de l'air contenu dans l'eau. Nul doute que Fair plus ou «loius dense n'agisse différemment sur les êtres animés, 11 est vrai que la plupart des vertébrés périssent promptement par la transition inverse, en passant de l'atmosphère dans l'eau aérée; mais, dans ce cas, il est évident» sans qu'il faille entrer dans un examen anticipé de ce sujet, qtfifc y périssent parce qu'ils n'ont pas assez d'ak , et il faudrait supposer que les poissons meurent dans l'atmosphère parce qu'ils en ont trop*

J'ai rapporté plus haut les preuves que' uous devons à M. Sylvestre, de l'influence de la respiration aérienne pour prolonger la rie des poissons dans F eau; je puis donc procéder à Végord de ces animaux comme à l'égard des autres y peur, déterminer les changemens qu'ils éprouvent par leur exposition à l'atmosphère. - . . . m v ,

J'ai pesé un meunier ( cyp. feses ) et un gou— jon ( cjrp. gobio ) après les avoir essuyés; je les ai ensuite exposés à l'air ; leurs ouïes ont continué de battre jusqua la mort. On voyait la surface de leur corps se dessécher progressivement, et à l'époque de leur mort ils étaient roides et sensiblement desséchés. Je les pesai alprs , et je trouvai qu'ils avaient perdu par la transpiration , environ dans le même rapport , l'un le «^ , et l'autre le 7; de leur poids (1). Ce résultat est à-peu-près le terme moyen d'expériences faites sur d'autres espèces* Comme nous avons vu dans les recherches sur les batraciens l'influence que les pertes par la transpiration exerçaient sur la durée de la vie de ces animaux lorsqu'ils étaient exposés h l'air, nous en ferons l'application aux poissons.

Pour simplifier l'examen de ce sujet, nous considérerons ici , comme nous l'avons fait d'abord dans les recherches sur les batraciens , les pertes par la transpiration, comme se faisant uniquement aux dépens de l'eau contenue dans l'animal. •

La capacité de saturation pour l'eau désigne la quantité de ce liquide qu'un animal peut contenuentre la plus grande réplétion, ou point de saturation , et la plus grande inanition , eu comparant cette quantité au poids de son corps. Le moyen de le porter au point de saturation lors-

(1) Voyez lab. 23.

CHAHT1UE JK 121'

qu'il est capable d'absorber l'eau, est de le placer qiekjue temps dans ce liquide , jusqu'à ce que l'accroissement de poids soit parvenu à son maxi-

Cest précisément la condition dans laquelle se trouvent les poissons dans leur état habituel. En les retirant de l'eau où ils vivent , on doit les regarder comme saturés de ce liquide , pourvu qu'ils soient eu état de l'absorber. C'est ce qu'on admettra facilement, et qui est vrai par le fait, comme je le ferai voir plus tard.

Or, nous prendrons pour mesure de leur capacité de saturation pour l'eau , ainsi que nous l'a- Tens lait jusqu'à présent à l'égard des batraciens , la perte qu'ils éprouvent par la transpiration avant de mourir, et nous voyons qu'il suffit , pour déterminer la mort des poissons, qu'ils perdent le quinzième ou le quatorzième de leur poids.

Si cette perte paraît trop peu considérable pour qu'on y rapporte la mort de ces animaux , nous allons comparer ce résultat à ceux que nous avons obtenus dans nos recherches sur les batraciens. Je ne les ai pas exposés dans le chapitre précédent , afin d'en faire usage dans cette occasion.

Nous avons fait voir que le point de saturation pour l'eau , chez les batraciens, dépendait de l'état de leur nutrition , et qu'il pouvait varier dans des Imites très-éloignées. Or , les pertes qu'ils subissent par la transpiration varient de même. Dans des conditions favorables de nutrition; leur capa-

Il) SECONDE PÂftTH.

cité de saturation peut égaler le tiers de leur poids £ nais , dans des conditions défavorables , eHe devient si petite que la moindre perte appréciable suffit pour déterminer leur mort. En appliquant ces résultats aux poissons dont la capacité pour l'eau est petite relativement au batraciens, on voit donc que la perteque subissent les poissons par évaporation suffît pour déterminer leur mort dans l'air. Mais les phénomènes relatifs à ce sujet ne sont pas toujours d'une aussi grande simplicité ; ils peuvent être très-compliqués : on serait porte 1 croire que la respiration aérienne devrait soutenir la vie des poissons si on trouvait le moyen de conserver le même poids au corps. Voici comment on peut remplir la dernière condition. Ayant pesé un poisson, après l'avoir essuyé, je le pendis dans une quantité détenûinée d'eau de manière qu'il eût la tête et les ouïes hors de l'eau : il mourut 9 h. 21' après. Je trouvai , en le pesant de nouveau, qu'il n'avait pas sensiblement diminué de poids, et qu'il y avait, au contraire, une légère augmentation. Ce résultat parait indépendant de la cause que nous avons précédemment assignée à la mort des poissons dont tout le corps est exposé à l'action de l'atmosphère. Mais avant de rechercher l'influence d'une nouvelle cause qui s'ajouterait à la première, examinons plus attentivement le cas compliqué dans lequel les poissons se trouvent dans l'expérience que je viens de rapporter.

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