‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 58 sur 206 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Le corps est plongé dans l'eau, mais la tête et fa ornes sont dehors. L'absorption, d'une part, a Eeu dans l'eau, et la transpiration, de l'autre, dans fair. L'absorption par le corps plongé dans l'eau est prouvée par le léger accroissement de poids qui a lieu pendant l'expérience, et la perte par la transpiration de la partie exposée à l'air est fondée sur les résultats des expériences précédentes. Ces deux tction# opposées étant dûment constatées, il importe d'examiner ce qui résulte de leurs rapports. Or, il est évident que l'organe de la respiration qui est exposé à l'atmosphère ne saurait continuer ses fonctions , à moins* que les pertes par la transpiration ne soient réparées. Il est vrai que le reste du corps absorbe et que, somme toute, il ne perd pas de son poids ; mais cette condition n'est pas suffisante pour que I9 respisation continue , il faut aussi que la répartition du fluide absorbé par le tronc 6oit telle que les ouïes et les muscles qui les meuvent en reçoivent une proportion capable de réparer les pertes que ces organes éprouvent par la transpiration. Présumant que cet équilibre pouvait ne pas avoir lien , je fis l'expérience suivante poor examiner les rapports des transpirations et des absorptions partielles et simultanées; je plaçai des poissons dans des conditions inverses, la tête et les ouïes dans l'eau aérée et en même quantité, et le tronc dans l'air, suspendus ainsi par un fil passé dans le bout de la queue. Us vécurent ainsi plusieurs jours» Je les pesai après cet intervalle , et je

reconnus qu'il y avait également dans ce cas une légère augmentation de poids. Mais le dessèchement de la surface du tronc exposée h l'air était aussi marqué que dans le cas où ces animaux sont entièrement en rapport avec l'atmosphère, et qu'ils y meurent après une diminution notable de leur poids. Il est donc évident que le fluide absorbé par les ouïes n'a pas été réparti au reste du corps dans une proportion suffisante pour réparti- dans toutes les parties du tronc les pertes qu'il avait éprouvées par la transpiration dans l'air.

Je n'ajouterai qu'un seul fait relatif aux conditions physiques des poissons. dans l'air, dont la connaissance est indispensable pour apprécier les principales causes de leur mort dans l'atmosphère.

Il y a des individus qui , exposés à l'air, cessent bientôt de mouvoir leurs opercules quoiqu'ils continuent à vivre encore assez long -temps; mais ils meurent beaucoup plus tôt que ceux de la même espèce qui font battre leurs opercules jusqu'à la fin. Soupçonnant que cette différence dans la durée de; la vie provenait de l'interception de l'air, j'y remédiai en soulevant les opercules au moyen d'une petite broche placée au-dessous. Les branchies étant ainsi exposées à l'air , ce changement de condition, relative à l'atmosphère, et qui consiste dans une espèce de respiration artificielle , suffit |>our prolonger la vie en pareil cas aussi long-temps que che» les autres individus dont le*

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