CHAPITRE VII. ai
chez les huit individus , dans des intervalles de deux heures (i).
En s'arrêtant aux irrégularités qui ont lieu dans les intervalles successifs d'une heure , on aurait pu se méprendre sur la marche de la transpira-* tion , et n'y reconnaître aucune tendance déterminée; et ce fait se serait joint à tant d'autres anomalies des phénomènes de la vie , pour confirmer l'opinion que , par leur nature, ils ne sont guère susceptibles d'être assujettis à des règles. Cependant , on peut les envisager dé manière & y trouver plus d'uniformité qu'on ne croit, et les faits qu'on vient de citer en sont un exemple; Malgré la diversité des espèces que nous avons soumises aux mêmes expériences, nous lés voyons présenter des résultats analogues ; ce que les mammifères offrent d'une part se reproduit d'autre part chez les oiseaux. Ces faits étant constatés sur defe animaux pris dans les deux classes , il est inutile d'en multiplier les exemples , et nous sommes autorisés à les regarder comme communs aux animaux à sang chaud. ' *
Pour exprimer ces résultats d'une manière générale , nous dirons que les pertes successives par la transpiration varient considérablement en plus ou en moins, lorsqu'on les compare dans de courts espaces de temps , mais qu'elles décroissent constamment lorsqu'on les considère dans de plufc
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(i) Voyez lab. 67.
2l4 TROISIEME PARTIE.
grands intervalles. J'irai plus loin, et cela est nécessaire pour que ces observations soient susceptibles de quelque utilité pratique : il s'agit d'assigner des limites de temps dans lesquelles on peut approximativement renfermer les phénomènes que nous venons d'indiquer. Puisque ces phénomènes sont communs à tous les animaux vertébrés , et que nous avons constaté , sur un grand nombre d'individus d'espèces différentes, les limites de temps propres à chacune, nous donnerons leur terme moyen comme limite approximative pour une espèce quelconque : on verra qu'elle doit approcher beaucoup de la vérité.
Les espaces de temps dans lesquels les fluctuations de la transpiration ont lieu géuéralemenl chez le* animaux vertébrés , sont faciles k déterminer, même avec précision . Nous avons toujours observé , chez les vertébrés à sang chaud , que le* variations en plus ou en moins avaient lieu dan* les intervalles successifs d'une heure , et ce terme peut être regardé comme la règle générale. Quani aux espaces de temps que l'on peut assigner poui que le décroissement successif de la transpiration «it généralement lieu, l'approximation se fond* sur les considérations suivantes ; en examinant toute la série des résultats d'expériences sur le vertébrés de diverses classes, j'observe que le plus courts intervalles dans lesquels ce phénomène a eu lieu étaient de deux heures , et les plus long de neuf. En prenant un terme intermédiaire d
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six heures , on peut espérer de renfermer la presque totalité des cas ; car, lors même qu'il fallait an plus long espace de temps , trois heures suffisaient pour déterminer un décrôisaement , sinon constant , du moins très-peu variable. Dans le pins grand nombre des cas, ce phénomène a eu lien dans les espaces successifs de trois heures.
Cette première série d'expériences sur la transpiration des animaux à sang chaud ayant eu des résultats parfaitement conformes à ceux que nous avons obtenus des recherches correspondantes sur les vertébrés à sang froid , il est probable que pous trouverons de l'uniformité dans les autres*
Nous n'avons pas besoin de dire que l'action de l'air, considérée uniquement sous le rapport de la température , agit de même sur la transpiration des uns et des autres. Personne n'en demandera des preuves; la chose est manifeste.
§ II. Influence de l'état hygrométrique de Voir.
Il n'en est pas de même de l'influence de l'air sec et humide. Le témoignage de nos sens ne suffît pas pour nous éclairer sur les effets de ces deux modifications de ce fluide. Ils peuvent, au contraire, nous induire en erreur. Un air sec peut foire disparaître la sueur, par sa propriété d absorber l'humidité. Un air humide, par la propriété contraire » la laisse s'accumuler sur la surface du corps. Dans le premier cas , on jugerait que 1 air
sec diminue la transpiration ; dans le second, que l'air humide l'augmente.
Si l'on n'admettait pas l'exemple des vertébrés a sang froid pour juger de l'effet de ces deux modifications de l'air sur les animaux à sang chaud , & plus forte raison ne se laisserait-on pas influencer par des considérations tirées de la physiques.
La sensibilité , qui , chez les êtres de cet ordre élevé , est si exquise, et qui influe si puissamment sur les sécrétions , ne peut-elle pas être affectée par les agens extérieurs , de manière à produire des effets bien difterens de résultats purement physiques? LYir sec ne produirait-il pas sur la surface de la peau et des poumons une astriction qui diminuerait la transpiration , et l'air humide un relâchement qui produirait uu effet contraire?
Ces considérations suffisent pour faire connaître F m certitude qui doit exister sur cette question lorsqu'on n'a pas recours à l'expérience directe , et que l'on se reftise à suivre l'analogie tirée des faits relatifs aux vertébrés à sang froid.
Quant h l'expérience directe, c'est une chose étonnante qu'elle n'ait pas été faite. Dclarochc a déterminé les effets comparatifs de l'air sec et de l'air humide sur l'homme, à de hautes tempéra* tuçes , condition qui change beaucoup tes effets de ces agens. D'autres savans qui se sont occupes de recherches statiques sur la transpiration, ont aussi