‹ De l'influence des causes accessoires sur la génèse et la gravité du paludismeChapitre 7 sur 14 · IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ

D'après les idées classiques, il n’existe pas d’immunité pour le paludisme, mais certaines races seraient plus résistantes (arabes, nègres). Cette résistance qui serait grande à l'égard du paludisme du pays

d’origine, serait moindre, ou inexistant pour celui d’autres lieux (Grall).

Immunité de races. — a) Les Arabes, dont il arriva un contingent assez important en 1917, étaient pour la plupart déjà impaludés. Ils ont fait durant l'été 1917 autant d’accès que les hommes du contingent français, déjà impaludé. Je n’ai pas observé de continues chez eux, et les formes graves ont été inexistantes ;

b) Les Algériens (européens de race), si l’on excepte quelques-uns qui ont offert une grande résistance (voir plus loin), ont été aussi sensibles que les soldats originaires de la métropole :

A la Compagnie 4/15, il y avait à peu près égale quantité d’Algériens dont la plupart étaient colons, et de Français. Les premiers, sauf quelques habitants

ES ab noms

de grandes villes, rapportaient des antécédents palustres, la plupart sous formes d'accès intermittents, peu fréquents. Les formes du palüdisme, la morbidité, Ont été la même dans les deux groupés. L’un et l’autre ont donné le même ‘pourcentage d’évacuations. Les quelques coloniaux qui se sont trouvés dans les diverses unités où j’ai passé m'ont donné le même résultat : pas de différences de sensibilité à la maladie avec les autres soldats.

Cependant certains individus ont présenté une grande résistance au paludisme, tous, il est à remarquer, avaient habité un certain temps des pays à endémicité palustre.

Immunité d'individus. — Adjudant L..., 37 ans, buveur d'habitude, complexion vigoureuse, a habité une vingtaine d'années la Tunisie (militaire ide carrière) et à plusieurs reprises le Sud Tunisien a fait la campagne des Dardanelles, ne se souvient pas d’accès palustres antérieurs. Faisait partie du détachement de la Balitza, dont tous les autres soldats ont fait des formes très graves (voir plus haut), n’a jamais pris de précautions, même les plus élémentaires contre l’infestation. N'a cependant jamais eu d’accident fébrile, ni même un jour d’indisposition. Il est le seul de toutes les unités où j'ai passé, qui ayant suivi ces unités pendant les étés de 1916 et de 1917 n'ait jamais eu de paludisme apparent.

Sous-lieutenant F..., 38 ans, Algérien a fait du paludisme antérieur sous forme d'accès intermittents bénins, négligeait

de même que le précédent toute précaution antipaludique ;

n’a présenté de paludisme que vers le mois de juillet 1915 ; quelques accès intermittents, rares, peu intenses, mais une anémie assez marquée.

K..., 22 ans, infirmier, Algérien (originaire d'Oran). Ne rapporteaucun antécédent palustre, n’a jamais pris de quinine préventive. À seulement présenté quelques accès inter-

mittents,

L'on arecherché les hématozoaires chez des individus ayant parus indemnes de paludisme après avoir vécu longtemps en pays palustre. Très souvent on les a trouvés porteurs de gamètes. Cette notion de porteurs sains de gamètes est très importante, elle permet d'expliquer tous les cas de paludisme latent ne s’étant révélé que très longtemps après l’infestation. Elle montre que l’immunité pour le paludisme, distincte de l’immunité pour les autres maladies, n’est qu’une pseudo-immunité : elle n’est pas totale.

L'organisme, aidé par la quinine acquiert assez facilement l’immunité contre la forme schizonte, mais ne s'élève jamais jusqu'à l’immunité totale, restant impuissant contre la forme gamète (Garin, Presse médicale, 37 juin 1915).

Cette immunité contre la forme schizonte peut ellemême se perdre, nous verrons plus loin par suite de quelles circonstances. Les accès fébriles apparaissent alors.

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