‹ De l'influence des causes accessoires sur la génèse et la gravité du paludismeChapitre 8 sur 14 · CONDITIONS DE VIE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE VIE

Les conditions de vie des individus exposés au paludisme ont une grande importance dans l'étiologie. Le paludisme, d'une grande fréquence, d’une forte gravité chez les militaires, offrait au contraire une plus grande bénignité parmi les populations civiles. Si l’on excepte certaines régivns, en particulier celle de Guida, où l’on rencontrait parmi la population des formes graves, le contraste était frappant entre les formes sévères que présentaient les soldats et les rares accès intermittents des civils. La faible résistance à la quinine de ces fièvres était également remarquable : un ou deux comprimés de 0,25. suffisaient à juguler pour une longue période les accès.

La différence était grande également dans la population civile suivant les classes. Grande fréquence, paludisme allant souvent jusqu’à la cachexie, chez les pauvres ; riches plus souvent épargnés ou totalement indemnes, et cela dans les mêmes villages :

Les tziganes, qui mènent une vie nomade sont tous frappés : tous ont une splénomégalie considérable, les enfants en particulier ont une rate énorme, distendant l'abdomen. Les accès intermittents sont fréquents il faut remarquer cependant leur grande résistance à la maladie. Si leur mortalité infantile est très élevée (et le paludisme ne doit pas y être étranger), les formes graves sont rares.

La différence entre la morbidité des civils et des militaires disparaissait lorsque les premiers prenaient la vie des seconds (travailleurs volontaires ou réquisitionnés), fréquemment employés par les compagnies de Génie, et qui présentaient les mêmes formes que les militaires.

Paludisme chez les gradés. — Les soldats ont toujours été plus fréquemment et plus gravement atleints que les gradés. Les sous-officiers plus que les officiers.

Compagnie 0/5,3 officiers et 1 médecin (obsérv atins prises en Juin, juillet 1916).

Lieuténñant R..., Algérien, paludisme antérieur a cohtinué à présenter des accès intermittents, qu’il avait toujours à des périodes plus où moins éloignées.

Sous-lieutenant P... Longs séjours én Egypte, mais pas de paludisme antérieur, paludisme latent ne s'étant jamais manifesté qu’en janvier 1917.

Capitaine G... Paludisme latènt, s'étant manifesté en Mai 1917.

Médecin aux G..., 2 accès antérieurs en décembre 1915, pas d’accès énjuin ét juillet.

12 sous:officiers : 5 évactés, mais pas de formes graves. Les 7 autres eurett du paludisme, mais qui ne nécéssita pas leur évacuation.

120 hômmes : 95 évacués en 1 mois 1/2 (l’on dut dissoudre la compagnie faute d'effectif) 15 formes graves, dônt 4 décès. Les non-évacués étaient tous imipaludés..

Compagnie 4115, & officiers, 1 médecin, à adjudants (par: tageant la vie des officiers),

Capitaine H.., 54 ans, colonial, paludisme antérieur, a fait quelques accès intermittents de peu dé gravité.

Lieutenant D..., 23 ans, n'eut pas d'accès palustre avant septembre 1916, forme peu grave, accès intermittents qui récessitèrent son évacuation seulément en avril 1917.

Sous-lieutenant M..., vingt-huit ans (faisait partie du détachément de la Balitza, évacué avec continue à formé gastro intestinale grave).

Sous-lieutenant F..., trente-huit ans, Algérien, paludisme antérieur, n’a fait d'accès intermittent qu’en juillet 1917.

Médecin aux P..., vingt-trois ans (faisait partie du détachement de la Balitza, évacué au bout de quelques jours).

Médecin aux G..., vingt-trois ans, impaludé en décembre 1915, accès intermittents de faible intensité.

Adjudant L...,trente-septans, n’ajamais eu de paludisme.

Adjudant V..., trente-trois ans, Corse, pas de paludisme antérieur, faibles accès intermittents à partir d'août 1916.

Sous-officiers 15, 2 seulement faisant partie du détachement de la Balitza furent évacués avant le mois de septembre 1916. Les autres furent impaludés, mais leurs accès, peu graves, ne nécessitèrent pas leur évacuation immédiate. Cependant fin novembre 1916, tous avaient été évacués.

Soldat, 112, 80 évacués avant septembre 1916. Tous avaient été évacués avant fin novembre (il y avait souvent 70 à 80

malades simultanément) formes graves fréquentes : 6 décès.

En somme, dans les. deux compagnies, si l’on - excepte les hommes détachés à la Balitza et qui firent des formes plus graves, les officiers ont fait des formes à éclosion tardive, très bénigne. Les sous-

officiers, du paludisme à éclosion précoce, mais bénin. Les soldats, des formes graves.

Sédentarité. 1 semblerait que les sédentaires ou semi-sédentaires (employés de bureau, ravitailleurs, conducteurs) eussent dû payer un tribut moins lourd à la maladie, étant moins exposés à la fatigue, au soleil, etc. Mais j'ai au contraire remarqué que les cas graves étaient plus fréquents parmi ces hommes.

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