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SUR LA GRANDEUR DES INTERVALLES ENTRE LES FORTS

La question de la distance à laisser entre les forts est très controversée et, si Ton examine ce qui se passe dans les divers pays, on trouve que cette distance varie généralement de 2 à 4 km, mais qu'elle atteint parfois selon les circonstances 5, 6, 7 et même 8 km.

A Port-Arthur, il existait :

1° De la batterie de côte n° 22 jusqu'au fort I . i 58o m

2° Du fort I à Kikouan-nord 4 240

3° De Kikouan-nord k Ehrlong 2120

4° D*Ehrlong k Itsouchan 8700

5® D*Itsouchan k Tayangkou 3 180

ô*' De Tayangkou k remplacement du fort VI . 5 3oo

€t par conséquent la grandeur des intervalles variait de I 600 m à 5 km environ.

L'attaque principale fut dirigée entre les forts Kikouannord et Ehrlong, c'est-à-dire sur l'un des plus petits intervalles et qui paraissait le plus fort sous le rapport des fortifications, puisque les gorges des deux ouvrages étaient réunies par le mur chinois. Mais il faut se rappeler qu'il existait entre les deux hauteurs sur lesquelles s'élevaient les forts, quatre collines légèrement moins élevées, séparées entre elles et des premières par des ravins profonds. Sur les collines du milieu on avait aménagé les redoutes Panlong, qui empêchaient les forts de se voir et de se soutenir. Faut-il en conclure que l'emplacement des forts avait été mal choisi? Evidemment non! Ce qu'il eût fallu,

c'est de remplacer les redoutes Panlong par des ouvrages permanents permettant non seulement de se soutenir réciproquement, mais encore d'aider efficacement l'un Kikouan-nord et l'autre Ehrlong. La prise rapide de ces deux redoutes ne permet guère d'envisager ce qu'il serait advenu si elles avaient été plus solidement construites.

Des autres circonstances du siège on peut déduire que :

I® Ehrlong soutint énergiquement : Songchouchan (distance : 600 m), Hatchimaki (distance : 820 m); et plus faiblement les redoutes de l'Aqueduc et du Temple (distances : i 800 m).

1^ Kikouan-nord aida seulement la caponnière ouverte n° 2 (P) [distance : 820 m] et la lunette Kouropatkine (distance : 176 m).

3° Songchouchan battit du feu de son infanterie les approches d'Ehrlong (distance : 600 m) et du feu de son artillerie la redoute de l'Aqueduc (distance : 2 120 m).

4° Itsouchan canonna énergiquement les abords de Songchouchan à l'aide de ses pièces marines de 7,6 cm (distance : 2 600 m).

5** Songchouchan et la batterie Kourgane reçurent une aide efficace du feu d'infanterie et des mitrailleuses des retranchements de la place Cosaque (distance : 85o m).

6** La lunette Kouropatkine soutint par une fusillade nourrie Kikouan-est (distance : 420 m).

7® Les canons Canet de 1 5 cm installés à Laotichan battirent énergiquement à une distance de 6 km les points menacés de Vysokaia, mais seulement pendant le jour.

11 semble en résulter que, dans la journée, les ouvrages peuvent se prêter un mutuel appui avec leur infanterie jusqu'à 45o m en terrains vallonnés et 85o m en plaine. Ces distances sont sensiblement les mêmes la nuit si la défense a à sa disposition des projecteurs qui rendent le

but visible jusqu'à 676 m avec des appareils de 60 cm et jusqu'à I 100 m avec ceux de 76 cm et de 90 cm. De l'avis de l'auteur et d'un grand nombre des défenseurs de Port-Arthur, dans tous les assauts qui ont été repoussés, c'est l'infanterie qui a joué le plus grand rôle, celui de l'artillerie n'étant que secondaire. Ceci s'explique très facilement par suite de la dispersion des troupes assaillantes au début des opérations de l'assaut. Sans contester Fimportance de l'artillerie à tir rapide, on conçoit qu'elle ne peut avoir de réelle action que sur des masses compactes de l'ennemi. Partout ailleurs les shrapnels cèdent le pas aux balles et à la baïonnette.

Le rôle prépondérant de l'infanterie pour la défense des intervalles a une répercussion sur la distance entre Jes ouvrages, car elle ne peut le plus souvent tirer qu'autant qu'elle aperçoit le but à atteindre. Si l'on assimile la ligne des forts à l'enceinte des anciennes forteresses, on sait que pour ces dernières on fixait la distance soit des tours flanquantes, soit des bastions, à une double portée du fusil ou de la mitraille. Mais alors, cette portée était presque toujours inférieure à l'étendue du terrain embrassée par l'œil du défenseur, de sorte que cette question de visibilité du but n'entrait pas en jeu. A l'heure actuelle, il en est tout autrement et pour la dé' termination des distances entre les forts on ne doit plus être guidé par la possibilité pour l* artillerie de tirer à grande distance, mais seulement par la facilité pour r homme de viser clairement et distinctement le jour, ou bien la nuit à Vaide des projecteurs. En admettant qu'on puisse obtenir une portée de i 100 m avec les projecteurs de 76 ou de 90, la distance entre les forts pourra atteindre 2200 m, de sorte que l'ouvrage intermédiaire permettra de battre les intervalles pendant la nuit. Le jour, forts et ouvrages se soutiendront réciproquement. Dans le cas où il n'existerait pas d'ouvrage intermédiaire, la distance entre les forts devra être réduite à i 100 m.

FORTIFICATIONS DES INTERVALLES ENTRE LES FORTS ET RÔLE DE L'ENCEINTE CENTRALE

Malgré le principe immuable qui donne la supériorité aux ouvrages et aux lignes de fortifications continues, on s'en départit vers le milieu du dix-neuvième siècle en constituant les forteresses par des ouvrages détachés, au nombre de dix à douze avec autant d'intervalles formant ainsi de larges brèches toutes préparées pour le passage de l'ennemi.

On se rendit compte très vite des défauts de ce système. D'une part, on décida qu'à la période de mobilisation on garnirait les intervalles par des retranchement^ et des obstacles artificiels. D'autre part, afin de mettre^ les magasins à poudre et aux vivres ainsi que les étatsmajors à l'abri d'une surprise de l'ennemi qui aurait réussi malgré tout à passer entre deux forts, on conserva les vieilles enceintes et on en construisit, où il n'en existait pas, autour du noyau central.

Il en résultait que la ligne principale de défense était constituée par des retranchements de campagne construits à la hâte à la mobilisation, tandis que la seconde ligne était une enceinte permanente. On en revenait bien aux lignes continues, mais en intervertissant les rôles. Peut-on admettre que le noyau de la forteresse, avec ses entrepôts, ses magasins et Félat-major constitue la partie vitale de la place, et que la prise de deux ou trois forts ne soit qu'une affaire secondaire? Certes non, car après la chute de ces forts, le sort de la forteresse sera décidé ! Les réserves placées derrière l'enceinte ne pourront tenir longtemps. C'est donc la ligne principale, c'està-dire celle des forts qu'il faut organiser très solidement, et non pas seulement celle de l'arrière.

Pourquoi a-t-on agi autrement et a-t-on rédigé dans

les cinquante dernières années des projets de forteresses avec des forts détachés dont les intervalles ne comprenaient souvent qu'un ou deux ouvrages intermédiaires? Il ne faut en chercher la raison que dans la situation économique des États. Ces errements avaient été suivis à Port-Arthur, bien que, dès 1890, les lieutenants-colonels Velitchko et Proussak aient préconisé une défense des intervalles organisée dès le temps de paix par la construction de retranchements reliant les forts entre eux avec des casernes bétonnées pour y loger la garnison. Des discussions s'étaient même élevées à ce sujet entre les ingénieurs, et on en trouve des traces dans Ingenerny Journal. Mais, dans les hautes sphères du commandement du génie, elles n'avaient pas eu d'écho et n'avaient pas attiré autrement l'attention.

Pour élucider cette question si controversée, il est intéressant d'étudier avec quelques détails certains combats livrés sous Port- Arthur. Les assauts du 22 août et de la nuit du 28 au 24 août sont particulièrement édifiants à ce sujet.

Ainsi qu'on le sait déjà, les gorges de Kikouan-nord et d'Ehrlong étaient réunies par le mur chinois, en avant duquel et à des distances variant de 210 à 280 m, se trouvaient quatre ouvrages complètement indépendants les uns des autres. Dans l'assaut du 22 août, les deux ouvrages du milieu (redoutes Panlong) passaient aux mains de l'ennemi, par suite : de l'état très imparfait de la fortification, de leur position en avant de la ligne principale et du manque de soutien des forts voisins. Ceux-ci permirent au contraire aux caponnières découvertes 2 et 3 (Hatchimaki et P) de résister beaucoup plus longtemps.

A la suite de ce premier succès, les Japonais voulurent s'avancer plus profondément dans l'intervalle en cherchstnt : à s'emparer de Wangtaï-haut, à attaquer les forts et les batteries par l'arrière et enfin à pénétrer dans l'enceiate centrale. Cependant, faute de munitions, l'artillerie

ennemie tira très peu dans la journée du aS. Les mouvements de rinfanlerie se bornèrent à une reconnaissance exécutée par les débris du 7* régiment qui se dirigèrent de Panlong-est vers Wangtaï, mais en s'avançant avec beaucoup de précautions et en profitant de tous les accidents du terrain ainsi que des excavations produites par les obus. Ce répit permit aux Russes de grouper leurs réserves vis-à-vis du point d'attaque choisi par Nogi et même de préparer une contre-attaque conseillée par Kondratenko pour essayer de reprendre les redoutes Panlong, d'arrêter l'élan des Japonais et les forcer ainsi à entreprendre une attaque progressive de la position.

L'assaut de la nuit du 28 au 24 août et l'insuccès de cette contre-attaque ont été décrits par David James. Le lieutenant-colonel von Schwarz en cite quelques passages dont nous extrayons ce qui suit et qui donne quelques indications sur l'emploi des projecteurs :

« L'assaut devait se faire dans la nuit en trois colonnes : l'une dirigée sur l'ouvrage P, l'autre sur Ehrlong et la troisième sur Wangtaï. L'un des nôtres et moi-même, après avoir décidé de nous réunir aux chaînes d'avantgarde, profitâmes de l'obscurité pour nous dissimuler. Il était un peu plus de ii heures, et à peine avions-nous réussi à atteindre le terrain à proximité de Kikouan-nord que de Wangtaï nous parvint le crépitement de la fusillade. Pas moins de sept projecteurs brillaient sur les ouvrages de la défense et les faisceaux de trois d'entre eux étaient dirigés sur les redoutes Panlong. La fusillade augmentait d'intensité et les projecteurs fouillaient le terrain où se trouvaient à l'état d'attente les troupes de la 9* et de la 11* division. Quelques minutes après, des gerbes de feu couraient de haut en bas des pentes <le Panlong et le bruit des coups des carabines russes dirigés vers Je bas des pentes de Wangtaï se distinguait nettement de l'autre fusillade. Pendant quelques instants, le tir des Japonais cessait. Soutenus par les mitrailleuses et

l'artillerie de Touvrage P et par les feux provenant du mur chinois, les Russes continuaient d'avancer en chassant de Panlong-est les débris du 7* régiment. Les Japonais étaient d'ailleurs fortement gênés par les projectiles éclatant au-dessus d'eux et par les feux des projecteurs qui les aveuglaient, mais ils furent énergiquement secourus par le tir de la réserve principale qui se tenait précisément derrière les redoutes Panlong en vue de l'assaut. Pendant ce temps, les troupes de contre-attaque russe se divisaient en deux colonnes. Tune contournant Panlongouest et l'autre Panlong-est. D'après le plan de Kondraténko, elles devaient se réunir en avant de ces deux ouvrages en capturant les ennemis qui devaient les occuper. Mais elles se heurtèrent à des forces importantes, subirent un feu meurtrier et durent se retirer finalement derrière le mur chinois sans avoir accompli leur mission.

« Cependant, les salves se succédaient et les sept projecteurs continuaient à briller. Un feu endiablé remplit l'espace lorsque les Japonais revinrent à l'assaut en se ruant sur le bas des pentes de Wangtaï et en repoussant les Russes. La lo® brigade attaqua la lunette Kouropatkine, mais elle avait à peine eu le temps de dessiner son mouvement qu'elle était découverte grâce aux fusées et à deux projecteurs ; elle était reçue par un feu effrayant de Kikouan-est, de la batterie plus à l'ouest, de la lunette Kouropatkine elle-même, et finalement repoussée. »

Cette partie de la description de l'auteur anglais est complétée par le lieutenantrcolonel von Schwarz, comme il suit :

« Vers io\heures du soir, le 28 août, les Japonais commençaient l'assaut de tout le fipont nord-est depuis Ehrlong jusqu'à Kikouan-est. L'attaque principale était dirigée sur la portion du mur chinois comprise entre les caponnières découvertes 2 et 3 (P et Halchimaki). Partout ailleurs ce n'était qu'une démonstration faite pour attirer une partie des troupes de l'assiégé. Après avoir

rassemblé des forces importantes dans les redoutes Panlong, les Japonais se jetaient immédiatement sur le mur chinois. On les avait découverts : les batteries de campagne à tir rapide et Ehrlong ouvraient sur eux un feu très meurtrier. Toutefois, en raison de la faible distance qui séparait les ouvrages du but à atteindre, Tennemi réussissait à le dépasser et se montrait sur les pentes des batteries Zaredoutnaïa et Wangtaï. Ce franchissement du mur chinois se produisit au point de jonction de l'embranchement dirigé sur Panlong-est, c'est-à-dire à un endroit de faible relief et dont les terres s'étaient éboulées à la suite du bombardement. Nulle part ailleurs l'ennemi ne put l'escalader» A ce moment, deux compagnies venant Tune de la batterie Voltchia, l'autre de Wangtaï, refoulaient les détachements japonais et les détruisaient. A ii**3o du soir, ce premier assaut avait échoué, mais à 2 heures du matin, il recommençait. Les réserves avaient eu le temps d'arriver sur le mur chinois et ce second assaut échouait comme le premier, »

De ces deux récits on peut déduire d'abord que :

1° Les ouvrages établis au milieu des intervalles et sans lien avec les forts voisins sont pris très facilement ;

2° Si entre les batteries intermédiaires et les ouvrages il n'existe pas de solides retranchements, ces batteries sont aussi enlevées rapidement ;

3° Trois assauts sur le mur chinois ont été repoussés par des forces peu importantes.

On est donc en droit de conclure que la présence de ce mur chinois (simple levée de terre) a évité la chute de la place en août. On pourra objecter, il est vrai, que son franchissement a cependant eu lieu. Oui ! mais seulement à l'endroit où cet obstacle n'avait qu'un relief très faible de i,3 à 2,5 m, réduit encore par suite de l'éboulemeot des terres sous l'action des obus. Partout ailleurs, où la crête était dQ 2,4 à 3,6 m au-dessus du sol et où il était en bon état, on n'a pu l'escalader. Celçi prouve tout

simplement qu'un retranchement sans fossé ne garantit paâ suffisamment Tintervalle contre un assaut énergique. Pour obtenir de bons résultats, il faut absolument exécuter des retranchements avec fossé extérieur, car cet obstacle est le plus difficile à franchir.

Il est bon de remarquer que le mur chinois n'a joué ce rôle important que tout à fait fortuitement. Au commencement du siège, on s'en inquiétait si peu qu'on y prenait de la terre pour la transporter dans des sacs sur les batteries voisines. Son relief s'abaissait donc et finalement il eût été détruit. On n'y avait pratiqué aucun abri, ni aucunes visières. Deux abris blindés pour une compagnie avaient seulement été construits dans le voisinage d'Ehrlong. Aussi, le 17 août, en parcourant le front avec le général Kondratenko, l'auteur lui faisait-il remarquer l'importance du mur. Le général Gorbatovski reçut alors l'ordre de ménager entre Ehrlong et Kikouan-nord des abris pour deux compagnies. Le bombardement du 19 au 22 août empêcha de donner suite à ce desideratum et en réalité, lors des assauts, cet obstacle était en assez mauvais état. Néanmoins, son haut relief, sa bonne adaptation au terrain (absence d'angles morts), son talus intérieur très raide qui abritait bien les tireurs, lui permirent de remplir le rôle important d'empêcher l'ennemi de pénétrer entre les forts, de s'emparer des batteries, d'attaquer les ouvrages par la gorge et enfin de faire une attaque de vive force de l'enceinte centrale.

Il est clair que s'il n'y avait pas eu de mur chinois, les divisions japonaises auraient traversé le front sur 2 km et il aurait alors été impossible de les arrêter, non pas avec deux compagnies, mais avec deux régiments. La place aurait vraisemblablement été prise dans cette même nuit, car :

1° La nouvelle du franchissement du mur chinois et l'apparition des Japonais sur la batterie Zaredoutnaïa se serait rapidement propagée sur tout le front nord-est et

^o DE L'INFLCENCE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR

eût engendré une panique. Le commandant d'Ehrlong ne s'était^il pas déjà préparé à repousser Taltaque de la gorge de ce fort et à brûler le pont en bois qui permettait d'accéder dans l'ouvrage ?

2® Il n'y avait pas de deuxième ligne de défense et toute sa garnison se composait d'une compagnie de marins ;

3° De la réserve principale (deux bataillons du 14*" régiment et deux bataillons du iS"* régiment) on ne pouvait espérer amener rapidement que les deux bataillons du i4* régiment, car ceux du i3® régiment se trouvaient dans la Ville-Neuve, c'est-à-dire à une distance de plus de 5 km;

4° Sur l'enceinte centrale, il n'y avait pas du tout de garnison. Il n'existait que trois sentinelles (une à chaque porte) et sur les redoutes deux canons de montagne et deux vieux canons de campagne.

L'attaque brusquée du noyau central n'aurait présenté aucun risque pour les assaillants, mais, en réalité, cette opération n'était même pas nécessaire. Si leur assaut du front avait eu le succès qu'ils escomptaient, ils auraient : procédé à la prise des batteries intermédiaires, chassé les défenseurs des ouvrages latéraux, coupé Ëhrlong et Kikouan-nord de toute communication avec la place, occupé les batteries de côte n°* 19, 20 et 22 sans résistance, ainsi que la colline du Dragon et, dans la matinée suivante, ils se seraient emparés des fronts est et nord-est ainsi que de la nouvelle ville chinoise.

Alors ce n'était plus qu'une affaire de quelques jours pour prendre possession de l'enceinte centrale, telle qu'elle avait été conçue et réalisée. Tout autre eût été son rôle si on l'avait organisée comme réduit de la défense et non comme mur protégeant seulement d'un coup de main les magasins et l'état-major.

Le sort d'une place devant se décider sur la ligne principale de défense, celle-ci doit être beaucoup plus

forte et beaucoup plus complète que la seconde ligne, c'est^A^dire que la première ligne doit être complètement

Fig. I — Retranchements permanents organisés dans les intervalles entre les forts.

Légende. — F, F, forts ; 0, ouvrage intermédiaire ; B, B, batteries ; G, C, casernes bétonnées ; M, magasins à poudre et à munitions.

permanente et la seconde temporaire, et non Pinverse comme cela s'est passé jusqii ici.

Fig 2. — Plan d'un fort avec Tamorce des retranchements permanents.

En résumé, il faut orcjaniser en fortification permanente les intervalles entre les forts (fig. i , 2 et 3) et ne

Fig. 3. — Coupe ABdu retranchement permanent (i / idoo).

construire en temps de paix que des points de soutien pour l'enceinte de la ville. Ces points de soutien qui

auront une action sur la première ligne, se distingueront des ouvrages de celle-ci par des dimensions moindres, des voûtes bétonnées moins épaisses, un plus petit nombre d'abris blindés^ Tabsence de caponnières d'arrière, de galeries de fusillade, etc. A la mobilisation, on élèverait des retranchements dans les intervalles qui auraient été pourvus en temps convenable d'une caserne bétonnée pour une compagnie. La construction de ces tranchées pourrait être exécutée par les habitants qui travailleront ainsi plus volontiers à leur protection immédiate que sur les intervalles de première ligne ou sur les positions avancées. Celte manière de procéder est justifiée, car lorsque les forts seront tombés aux mains de l'ennemi, celui-ci aura épuisé, lui aussi, une bonne partie de ses forces et il attaquera avec moins de vigueur le noyau central.

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