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LES MAGASINS A POUDRE ET A MUNITIONS

Le plus généralement, d'après les tendances actuelles, les magasins à poudre et à munitions sont disposés comme il suit :

à) Sur les batteries mêmes ou dans leur voisinage immédiat : les magasins de batterie (ou de dépense) avec un approvisionnement pour une journée de tir;

6) En arrière et à une distance d'environ i km, les magasins intermédiaires approvisionnés pour trois jours ;

c) Plus en arrière encore, des magasins de secteur approvisionnés pour quatre jours ;

d) Les magasins centraux renfermant le reste de l'approvisionnement.

Si chacun des échelons devait fournir à celui qui le précède immédiatement la poudre et les niiunitions épuisées, on constate qu'une gargousse ou un projectile devrait être chargé ou déchargé quatre fois pour passer du magasin central dans la volée d'un canon : d'où perte de temps et mauvaise utilisation du personnel et des moyens de transport qui pourraient finalement faire défaut.

D'autre part, l'approvisionnement d'une journée dans le magasin de batterie est tout à fait insuffisant, car l'ennemi non seulement empêchera souvent le réapprovisionnement qui pourrait être tenté la nuit, mais encore continuera son tir pendant deux, trois et même quatre journées consécutives ('). Une partie des pièces tireront

(^) Exemples : bombardement presque général du 19 au 22 août ; bombardement de Vysokaia du 19 au a3 septembre et du 28 novembre au & décembre.

sur les ouvrages et batteries tandis que les autres arroseront de leurs projectiles la zone immédiatement en arrière. Il deviendra impossible de faire circuler les wagonnets sur les lignes à voie étroite qui seront plus ou moins endommagées, de sorte que le transport entre les magasins intermédiaires et les magasins de batterie sera impraticable. Il ne restera par suite aux batteries que deux éventualités : ou bien tirer rarement et ne consommer ainsi les munitions qtfen deux ou trois jours, ou bien tirer normalement dans la journée et cesser ensuite le feu. L'une et l'autre solution seront également favorables à. l'attaque qui atteindra rapidement son but : éteindre le feu de l'adversaire.

Pour éviter ces résultats fâcheux, on peut :

1° Augmenter l'approvisionnement des magasins de batterie et passer d'une journée à trois;

2® Rapprocher les magasins intermédiaires des batteries de façon à réduire la durée des transports et à profiter des accalmies du tir de l'ennemi pour amener les munitions sur des charrettes ou des w^agonnets ;

3° Réunir dans les magasins intermédiaires des approvisionnements pour cinq jours.

De cette manière, les deux lignes les plus voisines des batteries auront un approvisionnement total de huit jours, c'est-à-dire un nombre de projectiles supérieur à celui que pourra amener lui-même l'ennemi (').

Il résulte de là que les magasins de secteur deviennent inutiles, car il paraît indifférent d'apporter les munitions du magasin central soit dans un magasin de secteur, soit dans les magasins intermédiaires. On évitera ainsi des chargements et des déchargements superflus et on réalî-

(*) Malç|ré des circonstances particulièrement favorables, c'est-à-dire Tutilisation d'une voie ferrée et de deux chemins vers Dalny avec des raritaillements par mer, les Japonais ne purent pas rassembler les munitions . pour plus de six jours en novembre et décembre. En août, ils n'avaient réuni qu'un approvisionnement de trois jours, ce qui explique l'insuccès de leur attaque.

sera à la fois une économie de temps, de personnel et de transport.

La disposition la plus normale des magasins serait donc la suivante :

i°Dans chacune ou près des batteries intermédiaires permanentes ou temporaires, un magasin de batterie pour trois jours ;

2° De 200 à 3oo m en arrière de ces batteries, des magasins intermédiaires pour des groupes de trois à cinq batteries avec approvisionnement pour cinq jours ;

3° Dans l'enceinte centrale, une réserve générale avec laboratoire pour le chargement des projectiles.

Il va de soi que s'il existe une deuxième ligne en arrière de la première, ses batteries seront également pourvues d'un magasin de batterie pour trois jours, que ceux-ci seront alors réapprovisionnés directement du magasin central.

Cette solution, qui supprime, en somme, les magasins de secteur, présente en outre l'avantage de n'avoir plus aucun magasin entre la ligne des batteries et le noyau central. De sorte qu'en cas de pénétration de l'ennemi dans une partie de cette zone on ne court plus le risque de voir les magasins de secteur enlevés et leur réserve de quatre jours perdue pour la défense.

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