‹ De l'influence des combats, livrés sous Port-Arthur sur la construction desChapitre 15 sur 39 · CHEMINS DE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

CHEMINS DE COMMUNICATION

Les chemins de communication qui relient les ouvrages détachés et les batteries de la ligne principale de défense entre eux et avec le centre de la place ont, comme on le sait, pour objet : de hâter la mise en état de défense dans la période de mobilisation, de permettre le mouvement des troupes, le transport des munitions et le changement des pièces d'un secteur dans un autre, et enfin l'apport des matériaux pour la réparation des forts et des batte-

ries pendant la durée du siège. Le général Velitchko, dans son ouvrage Forteresses et chemins de fer de forteresse, a démontré qu'une place moderne ne pouvait se défendre avec succès qu'autant qu'elle serait pourvue d'un réseau complet de chemins de fer et il en a défini très clairement tous les éléments. Il a calculé que l'armement et l'approvisionnement de l'artillerie sur la ligne de combat exigeraient au moins le transport de 82 000 t. Cette charge colossale ne peut être rapidement amenée à pied d'oeuvre que par l'emploi de locomotives à vapeur remorquant des trains sur voie ferrée, sinon elle exigerait un nombre de chevaux considérable.

Ce qui s'est'passé à Port-Arthur a confirmé pleinement les prévisions précédentes, mais il faut bien considérer que l'armement des batteries et l'approvisionnement en projectiles et en munitions ne sont pas seuls à envisager. 11 faut organiser en même temps les intervalles entre les ouvrages et autres positions d'infanterie qui devront se trouver prêts pour l'action en même temps que s'engagera la lutte d'artillerie. Selon toute vraisemblance, l'ennemi tentera en effet une attaque de vive force sur un ou plusieurs intervalles.

Il faudra donc amener une grande quantité de matériaux pour la construction des retranchements entre les forts, dans le cas où ceux-ci n'auront pas été organisés dès le temps de paix. Même si cela a été fait, ainsi que le lieutenant-colonel von Schwarz le préconise, il n'en faudra pas moins encore exécuter de nombreux travaux, tels que :

I® Des observatoires : deux ou trois pour le commandant de la forteresse, pour le directeur de l'artillerie et pour les observateurs ;

2° Des abris blindés, des traverses, des meurtrières et des visières ;

3® Des défenses accessoires : réseaux, abatis, fougasses ;

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS gS

4® Des réseaux téléphoniques complémentaires pour Tartillerie ;

5** La mise en état de défense des forts et ouvrages ;

6** Des batteries temporaires et des magasins ;

7** Le dégagement du terrain en avant des ouvrages et des retranchements.

Et cela dans la période de la mobilisation, souvent très restreinte pour les places voisines des frontières. Il faut donc amener rapidement à pied d'oeuvre ; le bois nécessaire (poutres, planches, piquets, barrières) ; du ciment, des cailloux et du sable pour le béton ; des sacs à terre, du fil de fer, du matériel pour mines et fougasses, etc.

Cette quantité de matériel se traduira par des poids très élevés. Ainsi à Port-Arthur, on peut Testimer à 5 200 t environ pour le périmètre de i8 km du front de terre. Pour les forteresses qui auront un développement de 4o à 6o km, le service du génie seul devra prévoir le transport de lo ooo à i6 ooo t. Si, d'autre part, on estime à dix jours la période de mobilisation, on sera amené à transporter i 6oo t par jour. En employant des voitures régimehtaires à deux chevaux recevant un poids utile de 4oo kg et effectuant deux voyages (3o-35 km), il faudra immobiliser quotidiennement mille voitures et deux mille chevaux.

Mais la période de mobilisation n'est pas seule à considérer, car les travaux de construction et de réfection d'ouvrages pendant la durée du siège proprement dit nécessiteront encore énormément de matériaux. A Port- Arthur, pendant les cinq mois de siège, il en a fallu le double de ce qu'on avait utilisé pendant les cinq mois de la mobilisation, mais avec cette circonstance aggravante que les convois pouvaient seulement circuler la nuit, c'est-à-dire pendant six heures environ.

On ne peut donc songer à chercher à effectuer les transports de l'artillerie et du génie uniquement avec des chevaux et des voitures. II faudrait en entretenir un trop

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