‹ De l'influence des combats, livrés sous Port-Arthur sur la construction desChapitre 16 sur 39 · DE L'INKLL'E5C*E DES COMBATS LIVRÉS S<X'S PORT-ARTHUR · texte numérisé non relu

DE L'INKLL'E5C*E DES COMBATS LIVRÉS S<X'S PORT-ARTHUR

grand nombre ou les réqaisîtionnen ce qui serait parfois difficile. Et cependant, on a déjà vu précédemment quel intérêt il y aurait à pouvoir concentrer rapidement une grande quantité de canons sur le firont d'attaque. S*il en avait ainsi les moyens, un commandant énergique n'hésiterait pas à dégarnir momentanément un ou plusieurs secteurs pour en reporter l'armement sur d'autres plus menacés. La question des chemins de communication et des transports présente donc autant d'intérêt que l'organisation en temps voulu de tel ou tel intervalle.

Malheureusement, à Port-Arthur, cet élément de la défense était tout à fait négligé. Il n'y avait pas de chemins de fer ni même de chaussées. Celles-ci étaient remplacées par des routes creusées dans le sol lui-même; c'était heureusement du roc qui résistait aux intempéries, mais dans tous les cas, si les chemins étaient bien tracés au point de vue technique, ils l'étaient beaucoup moins en ce qui concerne le défilement, ainsi d'ailleurs qu'on Ta fait remarquer. Dès octobre, presque tous ces chemins étaient sous les vues directes des observatoires ennemis et il ne pouvait pas y circuler quoi que ce soit, sans ([u'imuiédiatement des batteries de canons de 4? mm entrent en action. Même la nuit, les Japonais s'orientaient sur les bruits des roues des voitures et lançaient sur elles des pn>jeetiles.

Il en rt^sulte (jue le défilement est la qualité primordiale d'un chemin de communication. En terrain plat, on le réalise au moyen de plantations judicieusement disposées (lig. 6) et par des lacets. Même si Ton a à tracer une voie ferrée, il ne faudra pas cheivher à diminuer les distances paivourues par des (jrands alignements, mais empêcher que de longues portions de lignes ne soient prises d'entilude. Dans les terrains montagneux, on passera derrière les citHes, dans les ravins, et on arrivera assez facUement à dissimuler les chemins.

Si, cvmme on Ta dit plus haut, un réseau de dieinins

de fer est absolument nécessaire dans une place, le mode de traction n'est pas aussi bien défini et le lieutenantcolonel von Schwarz pense qu'à Port-Arthur les locomotives à vapeur eussent été d'un emploi difficile. On a vu

p../:.^i:-0:-ji;'^^ ■•?•

Fig. 6. — Schéma indiquant les communications à établir entre le noyau central et la ligne des forts.

F, F, forts ; 0, O, ouvrages intermédiaires ; M, M, magasins à poudre et à munitions ; R, R, forts de deuxième ligne ; E, noyau central ; A, P, magasins centraux ; C, C,. chaussées de communications ou chemins stratégiques ; V, V, voies ferrées permanentes ; Vj Vj voies ferrées temporaires ; T, retranchements.

que les Japonais arrivaient à déceler, la nuit, la présence des voitures sur les chemins par le bruit des roues ; n'en serait-il pas de même des machines à vapeur qui, outre l'échappement de la vapeur et la fumée, dégagent aussi

^)Q DK l/INFLUENGE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR

(]uelquefois des étincelles? Il semblerait donc utile de )iul)Htitu6r aux locomotives ordinaires la traction électrique ou toute autre faisant moins de bruit. En outre, la place devrait posséder un certain nombre de wagons suiioeptiblevS d*étro remorqués à bras ou par des animaux, pour cîixniler sur les voies où le mouvement des trains ejil iu^possible. Les automobiles, qui vont toujours en se perfeetiouuani chaque année, rendront de grands ser- \ ioes daUsS les juivs plats.

Ku ivsun^é^ les desiderata relatifs aux chemins de ^HMumuuioatii^u sont les sui\>mts :

1* OutiY de mnubreuses chaussées, posséder un réseau de eheuùus de tW à vv^e etrvnte ;

"4* ^> ivs\\^u deYr;Att awir un^f putie fixe, construite vU\x k^ teiujK* de (mIv^ et uoe autn? partie transportable, uvUc ^Hk jKvivx ^u tuv>iu<rut ie Li 3uobLIis»tioo. La première, cuYuKinw MrntU vOs{.vc^^f pr>h> d^fs- batteries intennéd ui i v\\\v i u » uiv\l ivt : cuK^f 1 1 eu jurr e nf Je$ nia«jâfcâiis à poudre. ^ A ^KvWiuts^ iV'Vat t *u iMrt e *:\*? à certains forts, aux uui.Mvxmx ^u\v^tK^t^t^t^s ae toa'v*>^ les batteries, etc. ;

> IWiHi^ùivVi !*^x 't»o»*»iv^t:^*,*s i ^u(.»eur par tout autre

^^ IS^u le l'ua.xiKu* ic^ Kuus \ tir tîs. sur Les chaussées v K\tu; . ,t»aUvvio ivx cti^îs *i*:ic**s -^u Ii«îiie droite.

;\ i \ . V v\ IV *.■»'*-•. L^ n»* Tirant .pi^un des

'\v .> vv V V ..V .v.:v V .V vx A v-i^e, "M 'ms*.> a ».ie Lear petit s> v \...j , * .,v * ^' ^'^* r ie *T?s appareils. vNx.% V X,. .. -^ . s>i'v.r* 1 .*<e iemontrée* et, \ , V X ^^. V ..^^.. ^ V» V *^ >c**'..î, '*afi^ îaouiï iieces^

v>. * ,tf .» ttvT? iux pcoùers

jours de son investissement et finit à ses dernières convulsions. Au début, ils gênent l'ennemi dans ses mouvements et dans la construction des tranchées, mais sans toutefois lui apporter d'entraves pour ses batteries de siège, enterrées ou hors de vue. En général, leur rôle sera donc : I® Eclairer la plus grande zone possible de terrain pour gêner les mouvements et les rassemblements des troupes ennemies, dévoiler les transports des équipages lourds et les travaux sur la ligne d'investissement ;

2** Rendre difficiles les travaux de sape et signaler en temps opportun la mise en marche des colonnes d'assaut sur les approches des ouvrages ;

3** Barrer par leur faisceau les recherches des projecteurs adverses.

On comprend qu'un projecteur d'un calibre ou d'un modèle unique ne peut satisfaire à ces trois conditions. Il faut des appareils plus puissants pour éclairer les points très éloignés de la place que pour rendre visibles les abords immédiats des forts; pour la barrière lumineuse, il est nécessaire de réaliser un dispositif étalant le faisceau.

II serait donc désirable d'avoir, sur le front de défense, des projecteurs de deux ou trois calibres. Pour l'éclairage éloigné et la barrière lumineuse, ils seraient puissants, c'est-à-dire du calibre de 90 ou de 120 cm et établis sur les forts. Pour observer dans les intervalles on emploierait des appareils de 60 ou de 75 cm et on les disposerait dans les caponnières d'arrière intermédiaires ou dans leur voisinage immédiat, de façon à ce que le commandant de l'artillerie de ces organes ait les projecteurs sous ses ordres directs. Une complète harmonie doit en effet régner entre l'organe qui éclaire le but et celui qui doit le battre. Un projecteur sans canon sera inutile, mais un canon sans projecteur ne saura où porter ses coups. Pour éclairer la zone rapprochée en avant des retranchements réunissant les forts et les ouvrages

(iilermëdiatres, on pourrait descendre aux calibres de 60 ou de 4o cm.

n eu résulterait que, sur la ligne principale de défense, (I y tturail (fig* 7) :

t* l^u projecteur de go ou de mo cm sur chaque

roriO)^

t^ ITn pn>jecleur de même calibre sur l'ouvrage inter-

.V Deux pïx>jecte«rsde6o oade 70 cm dans les caponwi^res d^^mère iulemi^Uires oa dans leur voisinage

Tio 7. - Srli^mf. <\c }h Aisj*(*^fkm, <l^ y)ro;fCK<^i«r«: ^tens un intervalle.

inim»^(1ini. Lu canonnière et Ir projecteur seraient rdiés

/i' (^^nntro nroi^rtenis de 4^' ^^^ de fto cm dans diaqoe in!crv;ill(^ pon: (^rhi^e: lr> ahords immédiate des retrtncbcmctits.

î'^riTïN ]v r^> de ro\istpnre i^'nne de4ixième ligne de <ii^r,>n*3(^, î". fn\nlr;>i; \ érahli: éaalemeiîî des projecteurs ptiivvnnN, sH*>:roPtih!cN lîVrIairer la première ligne en

1 1 V,. ,'V"\ V" ->•:--' H. ^•«>>^o,Tc fr CHS <riiv«Tie à )'«atre ou à aàm

cas de percée de celle-ci par rennemi. Le plus souvent, si les appareils ont une portée de 4 ^ 5 km, on pourra les placer sur des points de l'enceinte centrale découvrant bien le terrain en avant.

La question d'emplacement des projecteurs destinés à éclairer les intervalles battus par les caponnières d'arrière intermédiaires est très délicate. Si l'on installe les appareils dans la caponnière, en leur ménageant une embrasure spéciale, il est à craindre que la proximité du faisceau ne gène précisément le commandant qui doit faire tirer les canons de la caponnière. On est alors conduit à placer le projecteur en dehors, en l'abritant convenablement contre les coups. Quand cela sera possible, on le mettra sous un abri bétonné ou même dans une tourelle, sinon on le rendra mobile, soit en le plaçant sur un chariot traîné par des chevaux, soit ainsi qu'on l'a fait à Ehrlong en le fixant simplement sur chariot se mouvant sur rails. Dans ces derniers cas, il devra être relié par le téléphone avec la caponnière et sans que les fils puissent être coupés par les projectiles ennemis.

Quant aux projecteurs établis derrière les retranchements, ils doivent être au plus haut degré légers, mobiles et indépendants de leur source d'énergie, car on sera amené à les changer fréquemment de place en vue de les soustraire au feu de l'adversaire ou d'éclairer les divers points en avant de la ligne de défense.

Mais, si les appareils restent par la force des choses à découvert, il n'en est pas de même des moteurs et des dynamos qui devront autant que poss^)le être abrités dans des locaux à l'épreuve. Pour les projecteurs des forts, la question est relativement simple, par suite du rapprochement obligé des appareils de la source d'énergie et du passage des câbles dans des locaux à l'épreuve. Pour ceux des intervalles, on peut loger à la rigueur les moteurs dans les casernes bétonnées, mais il faut amener le courant aux projecteurs. Or, pour mettre les câbles

à l'abri des projectiles, il faut les enlerrer profondément, ce qui nuit fôrcéinent à la mobilité des appareils, qui doivent alors venir se brancher en des pointB déterminés de la ligne des retranchements. Si on opère autj*ement4 c'esl^-dire en posant «mplement le câble sur le sol ou ea l'enterrant peu profondément, il y a à craindre les interruptions lorsque la ligne sera coupée par un obus eonemi. La solution désirable pour ces projecteurs serait dooc d'avoir uae source de lumière qui se déplace avec l'appareil.

Pendant la durée du siège, les défenseurs de Port- Arthur ont ressenti souvent la grande impression morale produite par les faisceaux des projecteurs. Lorsque ceuxci passaient sur k zone occupée par les travailleurs, ces derniers s'arrêtaient immédiatement dans leur besogne. Aux premiers jours de l'investissement, par suite du (|rand éloignement des appareils (5 km), les projecteurs japonais exploraient les travaux de la place, mais les faisceaux s'arrêtaient rarement sur les groupes des défenseurs, parce que ceux-ci n'étaient pas aperçus par l'ennemi. Cependant, les jours suivants, celui-ci réussit à distinguer les retranchements, les éclaira longuement et dirigea sur eux le feu de ses batteries. On dut recourir à la ruse, c'est-à-dire interrompre le travail sur les zones éclairées pour le reprendre sur celles qui restaient dans "" bre, puis, lorsque celles-ci étaient elles-mêmes renés, revenir aux premières. Toutefois, il faut dire n raison de leur éloignement, les projecteurs japon'ont pas gêné énormément les travaux de l'assiégé. : leur c6lé, les Russes n'avaient aucun renseignement es entraves qu'apportaient leurs projecteurs à la mar- )u aux travaux de leurs adversaires. L'auteur ne peut à cet effet que des passages du Siège de Port-Arthur lavid James. Nous en avons déjà donné un extrait 7) et en voici quelques autres non moins probants, propos de l'assaut de la lunette du Temple, James

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS loi

dit : « Mais tout ce que Tobscurité pouvait apporter d'aide aux assaillants était détruit par les rayons des projecteurs, une lumière froide gênant d'un côté et aidant de l'autre. »

Au sujet de l'assaut de la redoute du Rocher, du 23 au 24 août, il dit encore : « A l'ouest, l'artillerie de la i*^* division commençait son tir contre les projecteurs de la défense; la fumée de l'explosion des projectiles cachait si souvent leurs feux que nous ne fûmes pas étonnés quand deux d'entre eux s'éteignirent. A ce moment, la lune se cacha, ce qui fit ressortir davantage les faisceaux des projecteurs de l'est sur lesquels on continua à tirer. Plus loin à l'ouest, entre Souichiyng et Ouglovaia, un grand nombre de fusées, dans un beau désorfre, produisaient un éclairement comme à l'aurore. L'aile droite de la i"^^ division, voulant profiter de l'obscurité produite par suite de l'extinction des deux projecteurs à l'ouest, s'avança en chaîne après avoir dissimulé sd présence aux avant-gardes russes. Mais soudain, le feu des deux projecteurs brilla de nouveau, leur faisceau se dirigea sur les rangs japonais pris ainsi à l'improviste et sur lesquels s'exerça un violent feu d'artillerie et de mousqueterie provenant d'Itsouchan, d'Antsechan et des ouvrages voisins. L'extinction du feu des projecteurs était simplement une ruse moscovite dans laquelle tombèrent les Japonais ; maintenant, les faisceaux couraient, se croisaient, donnant un but aux efforts décisifs de l'artillerie qui détruisait les ennemis au fur et à mesure qu'ils s'avançaient. Alors seulement régna un silence significatif à l'ouest. »

Ces récits d'un témoin oculaire sont donnés par le lieutenant-colonel von Schw^arz pour montrer la nécessité de pourvoir les forteresses du plus grand nombre possible de projecteurs (').

(») Il faut considérer que, d'après les récits qui précèdent, les projecteurs ne semblent avoir eu une réelle efQcacité qu'aux distances assez rapprochées des ouvrages.

SERVICE DES LIAISONS (TËLËGRAPHES ET TËLËPHOHES)

Dans les fortesses contemporaines, tous les éléments ont une telle importance qu'il est bien difficile d'indiquer ceux qui priment les autres. C'est ainsi que les forts, ouvrages et batteries, qui jouent un rôle prépondérant, seront cependant en mauvaise posture s'ils ne sont pas reliés entre eux et avec la place par de bons chemins de communication. Mais l'existence de ces derniers ne suffit pas encore pour assurer l'instantanéité d'action qu'on exige des divers organes afin d'attcin<i^ le but final : faire, par exemple, converger sur un même objet les canons et la mousqueterie des batteries ou ouvrages d'un ou plusieurs secteurs, provoquer Taffluence en un point donné des troupes de première ligne ou de réserve d'un front étendu. Il est impossible de dénombrer tous les cas qui exigeront une rapide transmission des ordres à grande distance, mais celle-ci n'en est pas moins une des conditions primordiales de la défense,

La nécessité de l'emploi des moyens techniques permettant de réaliser de pareils desiderata est reconnue par tous et cependant, dans beaucoup de f^ces, ces moyens sont encore incomplets. En particulier, à Port-Arthur, ils n'existaient qu'à Fétat embryonnaire en temps de paix. 1^ réseau téléphonique, construit hâtivement à la mobilisation, ne fonctionna pas naturellement dans des conditions aussi régulières que cela eût été souhaitable,

(^est alors qu'apparaît l'énorme importance d'un réseau téléphonique construit rationnellement et en temps favorable, ainsi que ses diverses caractéristiques.

^le qui saute aux yeux tout d'abord, c'est de diviser les iV'soaiix en deux catégories.

L'une, son ant à relier les forts et ouvrages entre eux

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS io3

et avec le commandant de la place, doit être réalisée en même temps que la forteresse. En temps de siège, elle servira pour la transmission des ordres du chef d'étatmajor de la place aux forts et aux commandants des fronts et de ceux-ci aux commandants des secteurs qui communiqueront avec les ouvrages et forts, ces derniers étant aussi reliés entre eux.

L'autre, spécialement affectée à Tartillerie, permettra au commandant de l'artillerie de diriger le feu de toutes ses batteries. Une partie du réseau, qui relie la place aux observatoires du commandant de l'artillerie, et même celle qui réunit chacun de ces observatoires à ceux des commandants de groupe seront aussi réalisées dès le temps de paix. La ligne circulaire qui mettra en communication entre elles et avec l'observatoire du groupe les batteries temporaires ne serait faite qu'à la mobilisation.

Une seconde caractéristique des réseaux consiste en ce qu'ils doivent fonctionner sans interruption, même sous la plus forte canonnade. On y arrive, soit par un réseau souterrain, soit au moyen de la télégraphie sans fil.

Tout ceci ressort des faits du siège. Dans la forteresse, il existait un réseau téléphonique très développé permettant les liaisons suivantes. L'état-major de la place était réuni à la station centrale, qui communiquait avec les commandants des fronts. Ceux-ci étaient reliés avec les commandaQts des secteurs en liaison avec les forts, ouvrages et batteries. On voit donc qu'il n'existait pas de réseau particulier à l'artillerie et que celle-ci devait emprunter le réseau général pour communiquer avec ses batteries. Comme celui-ci était encombré déjà par les messages provenant du commandement, il en résultait que des indications très urgentes parvenaient le plus souvent trop tard. C'est ainsi que les ordres d'ouvrir le feu sur un but désigné n'arrivaient aux batteries que bien souvent lorsque le but avait disparu. Cela se passait surtout pendant le combat, au moment où les ordres affluaient

io4 DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR

de toutes parts. On s'explique aisément que, dans bien peu de circonstances, les Russes purent concentrer le feu de plusieurs batteries sur des colonnes japonaises. Si cela se produisit quelquefois, il faut l'attribuer non pas à la direction d'un seul, mais bien plutôt à l'activité déployée par les chefs des positions et les commandants de batterie.

L'adversaire, au contraire, concentrait la plupart du temps le feu de nombreuses batteries sur un même ouvrage, grâce à un service de liaison parfaitement organisé, aboutissant à des observatoires judicieusement choisis. Le général Nogi et le général Tichima, commandant l'artillerie, avaient des observatoires avec des com^ munications téléphoniques complètement séparées ('). Les déclarations des auteurs anglais, David James et Ellis Ashmead-Bartlett sont très claires à ce sujet. Ce dernier rapporte même que les colonnes d'assaut japonaises étaient pourvues du téléphone de campagne, qui les reliait d'une part avec l'état-major, d'autre part avec les batteries, ce qui permettait à celles-ci de cesser le feu ou d'allonger leur tir, suivant les circonstances. Grâce à l'emploi intelligent de ces appareils techniques militaires, l'ennemi pouvait faire concorder tous ses moyens d'action à tous les instants pour se rapprocher du but à atteindre. Mais il est cependant probable que le succès en eût été rendu plus difficile si la défense avait employé aussi bien ces mêmes moyens.

Sous le rapport des communications téléphoniques, la forteresse a même un avantage sur l'attaque, puisqu'elle peut les organiser posément dès le temps de paix en mettant en œuvre les procédés les plus sûrs et les plus nouveaux, tandis que l'assaillant ne les possède pas toujours. La télt^graphie sans fil a déjà pris un réel développement ; cependant le moment ne semble pas encore venu

(') Voir Reuue du Génie, 1906, t. XXXII, p. 539.

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS io5

de supprimer les téléphones, beaucoup plus sûrs et d'un emploi moins aléatoire pour la compréhension des télégrammes. Mais il faut toutefois empêcher la destruction des fils par les obus ou leurs éclats. Ce résultat ne peut être atteint qu'en employant des lignes souterraines. Toutefois, à ce sujet, les avis sont partagés.

Les uns prétendent qu'il faut enterrer les fils de telle façon qu'ils ne puissent être coupés par la chute d'un obus de fort calibre. Si même le cas se produisait et pour procéder rapidement à la réparation de la ligne, ils proposent de construire tous les 5o ou 65 m des regards qui permettraient de substituer à la portion de ligne coupée un ou plusieurs autres fils également souterrains, et branchés dans ces regards sur les portions souterraines restantes.

Les autres objectent que les lignes aériennes seront très rarement coupées par les bombes ou les shrapnels et que l'on sera conduit à des dépenses considérables si l'on veut creuser sur des centaines de kilomètres des tranchées de profondeur suffisante pour mettre les câbles à l'abri des gros projectiles. Ils proposent alors de mettre les lignes à l'abri des éclats des projectiles de campagne ou de canon de moyen calibre en les enfouissant de 3o à 45 cm dans le sol.

Le lieutenant-colonel von Schwarz, se basant encore sur les expériences du siège, propose :

1° De n'avoir que des lignes téléphoniques souterraines ;

2° De les subdiviser en deux sections : celle de la zone exposée directement aux obus et celle qui aura peu à craindre les coups de l'artillerie;

3* Dans la première section, les câbles devront être enterrés assez profondément pour ne pas être coupés par les obus ; dans la seconde, ils pourront l'être moins puisqu'ils ne seront exposés qu'aux éclats ou à l'ébranlemejit produit par la chute fortuite d'un gros projectile;

toô DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR

4^ De garantir rîsolement des câbles par une gaine ea bois. A Ehrlong, on avait observé de fréquentes interruptions dans une ligne enterrée à 3o cm de profondeur. Lorsque le câble fut enlevé et examiné, on ne constata aucune détérioration du fait des projectiles et il fut remis en place, mais en donnant lieu aux mêmes phénomènes. Examiné plus attentivement, on constata que l'isolant était en partie détruit et qu'à la suite des pluies qui

Fig. 8. — Sohému Ues commuaicatioas téléphaniqiies. Réseau de commaudement. - Réseau de rartillerie

avaient mouillé fortement le sol, le fil était à la terre. On reposa le même fil, mais en le plaçant dans un tube de section triangulaire en planches minces et les interruptions ne se produisirent plus ;

5** De garantir la sûreté des communications en organisant les ligues de telle façon que chaque point soit relié par deux fils avec Têtat-major ou avec le chef dont il dépend immédiatement, afin que, si Tune des lignes est hors de service» la seconde puisse la suppléer.

Le schéma des communications téléphoniques est indiqué sur la figure 8.

On constate qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément les lignes reliant : l'état-majorde la place aux observatoires des chefs de front et aux états-majors des commandants de secteurs ; ces derniers entre eux ; l'observatoire de l'artillerie avec l'état-major de la place et les observatoires intermédiaires ; les états-majors des chefs e front avec ceux des secteurs, tout au moins sur une oitié environ de leur longueur. La partie du réseau de rtillerie qui sera exécutée au moment de la mobilisation ra enterrée autant qu'il sera possible d'après le temps X on disposera. Quant aux lignes réunissant les ouvraet les forts aux commandants de secteurs ainsi que orts entre eux, elles seront enterrées profondément ganisées dès le temps de paix, s lignes assureront également la liaison des stations emin de fer à voie étroite entre elles et avec l'étatde la place. Au point de vue de la sécurité, on les a comme les autres lignes téléphoniques, légraphie sans fil semble devoir être appliquée lier :

forteresse à certaines autres villes du territoire; rteresse avec les escadres dans le cas de ville

marit

Le s

d'autres

phores, nJ

le temps d

absolument

appareils : aut

négligeables.

ajor de la place avec les positions avancées ; détachés.

liaisons peut en outre être assuré par

els que les héliographes et les séma-

ndition qu'ils aient été préparés dès

que les hommes à y affecter seront

instruits dans la pratique de ces

t les services qu'ils rendront seront

Page 1