ABRIS POUR LES HOMMES DE SERVICE
Afin d'avoir les défenseurs le plus près possible de la ligne de feu, la garnison d'Ehrlong était divisée en deux parties : trois pelotons se trouvaient dans la caserne de gorge et le quatrième peloton, qui constituait les hommes de service, occupait les refuges des canons contre l'assaut ainsi que le magasin à poudre de la face. Mais ces locaux n'étaient nullement préparés pour une telle destination ; ils n'avaient, en effet, ni fenêtres, ni portes, ni poêle, ni
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cabinets 9 ni moyens de ventilation. C'étaient de simples casemates en communication avec le courant d'air couvert d'une part et de l'autre avec la poterne qui conduisait aux coffres de contrescarpe. Il en résultait qu'elles étaient constamment parcourues par de violentes bouffées d'air qui augmentaient encore la fumée produite par les lampes à pétrole et qui causaient des refroidissements et des maladies chez les occupants.
Le refuge pour les hommes de service doit être construit spécialement pour ce but et satisfaire à toutes les conditions qui sont demandées pour une caserne de gorge, il ne doit en différer que par les dimensions.
Son emplacement est tout indiqué vers le milieu de la face. 11 doit posséder une- sortie dans la cour du fort et être relié par des galeries avec les refuges des canons contre l'assaut. Dans ces galeries, on doit pratiquer des ouvertures de faible hauteur pour que les hommes puissent accéder sur la banquette de tir, mais en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas diminuer de ce fait la longueur de la crête de feu. Dans des ébrasements pratiqués à la partie supérieure du béton de ces galeries, on dispose des boucliers métalliques mobiles à rabattement pour abriter chaque tireur contre les shrapnels et les balles. En temps normal, ces boucliers sont rabattus, mais au moment de l'action on les maintient relevés au moyen de bras appropriés. Pour empêcher les éclats des projectiles de pénétrer dans les galeries par les ouvertures débouchant sur le parapet, on peut garnir celles-ci de portes. Les galeries ont comme dimensions 1,8 X 2,4 m\
TELEPHONES ET SIGNAUX
On a montré à la page 129 la nécessité d'établir (le« abris blindés pour les sentinelles qui observeraient
le terrain dans le voisinage du fort, dans le but de signaler l'arrivée de l'ennemi en temps opportun. Lorsque celui-ci n'est pas en grand nombre, la sentinelle peut en avoir raison avec une mitrailleuse, mais s'il se présente en troupes plus serrées, elle doit en référer immédiatement au commandant du fort, mais sans toutefois quitter son poste. Pour cette transmission, il n'est guère possible d'envoyer un planton qui peut être tué pendant le trajet. Il est donc alors très utile d'avoir une ligne téléphonique entre la caserne et l'observatoire. La production de signaux à l'aide de sonneries électriques entre les postes détachés serait aussi très désirable. Lorsqu'en effet, la sentinelle apercevrait quelqu'un sur les approches du fort, elle attirerait d'abord l'attention des défenseurs par la sonnerie en même temps qu'elle informerait le commandant par le téléphone.
A Port-Arthur, on a eu le plus grand tort de négliger ces simples mais très utiles moyens techniques. Comme on l'a déjà dit, on opérait souvent comme il suit : sur le parapet se tenait une sentinelle qui observait à travers les embrasures des visières ou derrière une traverse; elle transmettait ses observations à un autre homme placé en arrière et s'abritant également derrière un masque quelconque. Ce dernier était en relation avec la caserne et voyait si son camarade n'était pas tué. Mais parfois il arrivait qu'ils étaient tous les deux mis hors de combat ; le fort se trouvait ainsi privé d'observateurs et l'ennemi en profilait pour s'avancer. Pour que l'obseroation soit utile, elle doit être ininterrompue et par conséquent il faut avoir des abris blindés avec des téléphones protégés contre les détériorations.
Le fort doit donc posséder son propre réseau téléphonique qui doit être construit dès le temps de paix avec lignes et appareils indestructibles. Quatre ou cinq téléphones seront placés dans la caserne et de là rayonneront des lignes aboutissant aux observatoires, au
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refuge pour les hommes de service et à la caponnière d'arrière.
Outre ce réseau, le fort doit pouvoir communiquer léiéphoniquement par des lignes souterraines avec les forts voisins et avec le commandant de secteur.
Ehrlong était relié à la place par une ligne téléphonique aérienne, mais elle fut rompue un nombre incalculable de fois et toujours au moment le plus critique ; celui des assauts* Il existait aussi en avant du fort des câbles de transmission du feu aux mines, enterrés de 3o à 4^ cm, mais, quand il pleuvait, ils ne fonctionnaient pas par suite du mauvais isolement des fils«
EPAISSEUR DES VOUTES BËTOlIllEES
Quelle que soit leur ouverture, les voûtes bétonnées des casernes, des refuges pour canons contre l'assaut, des coffres et autres casemates des forts de Port-Arthur avaient uniformément 90 cm d'épaisseur. On espérait qu'elles ivsisteraieut convenablement aux bombes de ï5 cm et eu fait elles soutinrent Texpérience avec honneur. Le lieutenaut-ooK>ael von Schwarz a eu Toccasion d'observer la chute de ces bcoabes et dVn vérifier les dégâts.
l>aus lu majorité des cas. lor-uju'une bombe tombait sur le nmv eu hcton lui-m^me, les explosions produisaiciàt uu trou de 8 à lo cm de profondeur et de 3o à V^ Ciu de diainèue. Sur le sinumet des voûtes, FentonuiMr iuait lo à k^ cm de [)rofondeur et autant de diauuHre. A\ee deux bombes toaibaut au même point, l'enloiiuuir s'up[>rotuudiss;iit Je 3 à 5 cm et le diamètre atloi(|uait Go em. U >ie détachait en outre à Tintrados de la \oi\te de.s morceaux de bétoa de 2,5 à 4 cm d'épaissour. On eoiLstala uuiiutes fois des chutes ainsi répétées. Lu de^truiliua s'acceatuail et on apercevait à ht surface du UcUm iU\s feujilleaioats très lias.
Les trous produits par les bombes sur le dessus des voûtes et sur les piédroits se réparaient assez facilemeat pendant la nuit, mais le dommage était beaucoup plus sérieux lorsque les arêtes étaient atteintes. Des morceaux de béton de i ,o5 cm de longueur, de 45 à 60 cm de large se détachaient d'un seul coup. 11 était impossible de bétonner à nouveau de si larges brèches, car ce béton n'avait pas le temps de faire prise et se trouvait désagrégé par les secousses provenant de la chute des projectiles sur d'autres emplacements. La destruction des constructions bétonnées commence donc et se continue par les arêtes saillantes. De la terre rapportée, même sous une faible épaisseur de i ,35 à i ,5 m, préservait parfaitement les voûtes contre la chute des bombes de i5 cm.
L'apparition des bombes de 28 cm changea la face des choses. Elles perçaient facilement les voûtes épaisses de 90 cm et il y eut même des cas où ces bombes traversèrent les voûtes sans éclater. Beaucoup d'ingénieurs attribuent ces effets destructeurs à la mauvaise qualité du béton. L'auteur, qui n'a pas pris part à l'édification des forts de Port-Arthur et qui n'a pas eu l'occasion de soumettre à des essais techniques le béton des voûtes dont il s'agit, ne peut donner une réponse positive à ce sujet. Il ne croit cependant pas à la mauvaise qualité des matériaux. Si, en effet, les voûtes ont résisté à l'action des bombes de i5 cm contre lesquelles elles ont été construites, c'est donc que le béton qui les constituait était bon et si elles n'ont pu subir le choc de la force vive des projectiles de 28 cm, il semble qu'on doive en chercher la cause dans l'épaisseur des voûtes et non dans la qualité du béton.
Tout le monde sait que l'épaisseur des voûtes doit s'accroître proportionnellement avec le diamètre des projectiles auxquels elles doivent résister. Dans le cas actuel, le diamètre de ceux-ci était presque doublé et il
«/^M a^ I/INI'IJIKNCB DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR
«Ii^VhII ^w Mti'i de même de l'épaisseur des voûtes. Puisi\W ot^llt^N-«^i ont M percées, ii s'ensuit donc qu'on doit t^n t^U||MlOMt<^r Wh dimensions. Mais de combien?
Il NOiulilt^rait suriisant de les doubler, si les luttes de ISMl-'AHluir n'avaient démontré que la chute de deux |MH»jooUloJ4 au nn^me endroit d'une voûte épaisse de \ xCV M^ M*uvail lais^t^ q Tune épaisseiur de 45 cm de béton. ^NuHMV o^luiv'i uVtailMi plus un monolithe, ce qui fait ^m^j^vVMM' \ju'wM tr\Msi<^ftt^ prv^jectilc aurait traversé la \\M\^^< r^Mt^ cu\\m>il5itH'^^ jointe à la possibilité de l'em- ^vîsv^ vJv j^\kKvoK"^< d*uu calibre !>u{^rîeur à a8 cm et ks<\wsUul uiu^ c*\i^îo viV\xvv>.>î*< *MH»op »ccnie, montre ,.^ k^vswvu^ sL^ vi.^tnot Au.\ xcdterîi une épaisseur telle .f„* „^\\sv k^yt vxvst; v-j v*i,v*rt *r ^'jïv -iin? r>*?rvip<^ les chutes \ NNv\xv\%Nv A^ \ *'i.^ y^vy,w t,*s. I. :li*x»ir:iîl donc porter ^^^^xxv,v si ♦ •-^^ '« -r't^* **a. Vi -^ofinier nrtjtrd, ce
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