‹ De l'influence des combats, livrés sous Port-Arthur sur la construction desChapitre 26 sur 39 · V . ,,. ,t« •.it..^n , '.:a«^ If : .*> ai · texte numérisé non relu

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SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS ' \ki

jusqu'à la fin du siège. Toutefois, après l'éclatement de chaque projectile on rebouchait rapidement l'entonnoir. Il y eut même une bombe de 1 5 cm qui éclata dans l'entonnoir que venait de produire un obus de 28 cm et la voûte n'en souffrit pas davantage ;

3® Sur ce même fort, on avait fait un remblai de terre glaise de i,5 m d'épaisseur (tous les 3o cm il y avait des couches de clayonnage). Des bombes de i5 cm y tombèrent sans endommager aucunement les voûtes.

Tous ces exemples montrent clairement que la terre rapportée amortit non seulement la force vive du projectile, mais encore qu'elle affaiblit la force de l'explosion elle-même. Il est démontré également qu'une couche de terre de i ,5 m ne produit pas bourrage. L'observation d'autres chutes dans des terres rapportées d'au moins 4,2 m (au-dessus de la caserne) a conduit à la même conclusion.

Il semblerait donc possible dans certains cas de diminuer l'épaisseur de 2,76 m. proposée pour les voûtes. Toutefois, cela ne serait-il pas extrêmement risqué ?

Ne signale-t-on pas l'apparition d'obusiers de 3o cm en Allemagne et de ceux de 45 cm dans un autre pays ? Quelle charge merveilleuse d'explosifs ne possèdent-ils pas ? Est-ce qu'il ne conviendrait pas de prévoir les progrès accomplis par l'artillerie en cherchant à s'y soustraire ? Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux dès maintenant construire des locaux à l'épreuve des plus gros projectiles, plutôt que de remanier et transformer demain tous les locaux des forts? Ne faut-il pas se rappeler que les Allemands parlent déjà de la création d'un nouveau mortier et n'ont-ils pas les meilleures raisons pour s'avancer ainsi ?

S'il est admis que l'épaisseur des voûtes des locaux à l'épreuve des forteresses contemporaines est réglée par des conditions bien déterminées, on ne s'explique pas trop pourquoi on la fait varier avec la nature desdits

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locaux. Pourquoi donner le maximum aux voûtes des magasins à poudre, puis un peu moins à celles des casernes et le minimum à celles des poternes, refuges et courants d'air? Se guide-t-on pour cela sur Touverture des voûtes ou l'importance des locaux ? Mais on sait que l'ouverture dépend souvent du type de construction et qu'il y a des casernes avec des locaux de 5,4 m de largeur et d'autres qui n'ont que 2,7 m ; et l'épaisseur restera la même Q) !

Au point de vue de l'importance, on ne comprend pas pourquoi un magasin à poudre ou à munitions l'emporte sur une caserne et celle-ci sur une poterne ou le courant d'air qui termine sa sortie dans la cour. Si le ciel du magasin est percé, ce sera la perte de quelques projectiles. Si le plafond d'une caserne est traversé, on aura à déplorer la disparition d'une portion sérieuse sinon de toute la garnison du fort. Si enfin la voûte d'un courant d'air est détruite, personne ne pourra plus s'échapper de la caserne, car cela pourra arriver même aux deux sorties.

On ne peut considérer les poternes et courants d'air comme un accessoire secondaire des casernes ; ce sont, au contraire, des parties essentielles du fort, aussi bien que la caserne elle-même. 11 ne faut d'ailleurs pas oublier que les magasins à poudre et les casernes sont généralement protégés à l'arrière par une épaisse couche de terre, tandis que les courants d'air n'en ont souvent pas du tout et que les poternes sont recouvertes seulement d'une couche qui va en s'amincissant au fur et à mesure que celles-ci remontent vers le sol de la cour intérieure pour aboutir au courant d'air. En raison de ce fait, il semblerait donc plutôt qu'on dût augmenter l'épaisseur des voûtes des poternes et courants d'air au lieu de la diminuer.

(') Il en était ainsi pour beaucoup de constructions de PorlrArthur.

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Faut-il appliquer cette discussion aux voûtes des refuges des canons contre l'assaut et aux caponnières d'arrière ? D'après ce qui a été dit précédemment, on sait que la défense des intervalles et du fort lui-même est assurée à la fois par le feu de l'artillerie et par celui de rinfanterie. Aurait^-on raison, alors, de chercher à économiser quelques milliers de francs en diminuant la voûte des locaux dont il s'agit de 3o ou de 45 cm en risquant ainsi de perdre la possibilité de tirer ?

La conclusion qui s'en dégage, c'est qu'il faut mettre tous les locaux des forts à l'épreuve des bombes, qu'ils ont tous la même importance et qu'il n'y a aucune raison de donner la préférence à quelques-uns d'entre eux au détriment des autres. L'épaisseur des voûtes doit être la même pour tous et on doit lui donner au moins 2,75 m, de façon à ce qu'elle soit considérée comme suffisante non seulement immédiatement, mais encore dans une dizaine d'années au minimum.

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