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OBSTACLES CONTRE L'ASSAUT ET FOSSÉS

Au début de ce chapitre, on a dit qu'un fort devait, pour remplir complètement son rôle de point de soutien, posséder des obstacles suffisamment résistants contre l'assaut.

Le siège de Port-Arthur a montré que l'obstacle le meilleur et le plus difficile à surmonter consistait en de profonds et larges fossés avec escarpe et contrescarpe à pic. Si de pareils fossés sont pourvus d'un bon flanquement, leur passage est si aléatoire, que l'ennemi aura de la peine à s'y décider. De fait, les Japonais ne l'ont jamais tenté.

Le 2 1 août, ils se disposaient pour l'assaut de Kikouannord. Ils avaient préparé des échelles, des ancres avec cordes et autres accessoires; trois régiments étaient

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groupés au pied des glacis ('). ainsi que cela a été rapporté à Tétat-major de la place par le commandant du 26*" régiment. Sur le fort, il ne restait plus que quarante défenseurs (*) et cependant les Japonais ne tentèrent pas une attaque de jour et ils attendirent la nuit. Ils ne s'y décidèrent même pas et, à 8 heures du soir, ils se retiraient après avoir laissé sur place leurs échelles.

D'après ce qui a été raconté, leur retraite fut décidée à la suite d'une reconnaissance qui leur démontra qu'il existait dans les fossés des coffres de contrescarpe. Le lieutenant-colonel von Schwarz incline vers cette hypothèse (5), car il est impossible d'expliquer autrement leur retraite. Les forces préparées pour l'assaut étaient trop importantes pour que cela fût une simple démonstration.

Les Japonais mettent cette reculade sur le compte de la trop faible longueur de leurs échelles qui n'auraient pu être jetées en travers des fossés (la longueur de ces échelles n'étant que d'un peu plus de 6 m et les fossés ayant 8 m). Mais elles étaient pourtant suffisantes pour descendre, puisque les fossés de Kikouan-nord n'avaient que 5 m de profondeur. La véritable raison est qu'ils ont reculé devant les difficultés d'un tel assaut et qu'ils ont préféré perdre deux mois en procédant à une attaque progressive pour détruire le coffre de contrescarpe et s'emparer ensuite des fossés. Il semblait qu'après la destruction de cet ouvrage de flanquement et la descente de la contrescarpe, il deviendrait très simple de surmonter l'escarpe, mais celle-ci, taillée dans le roc, remplit parfaitement son but.

A Ehrlong, les Japonais tentèrent maintes fois de monter sur le parapet en dressant des échelles contre l'escarpe, mais ils ne réussirent pas et ils durent se livrer à

(*) Message téléphoné n» 3o.

(*) Message téléphoné n» 29.

(') Il n'y a pas sur ce fait de rapport officiel.

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un travail très pénible dans un sol rocheux pour arriver •à détruire ce petit obstacle de 6 m.

La difficulté du franchissement des fossés a été démontrée une fois de plus lors de l'assaut de la redoute de TAqueduc. Les Japonais étaient déjà rassemblés dans le fossé peu profond, non flanqué et avec une escarpe en terre et cependant ils ne purent monter à l'assaut et furent repoussés par le i6* gardes-frontières.

Ces faits prouvent l'utilité des fossés qui seront d'autant plus utiles qu'on pourra les rendre plus larges, plus profonds et avec des parois à pic. 11 semble donc que les nouveaux forts allemands avec fossés triangulaires et escarpe à terre coulante sont très risqués.

Dans la majorité des forteresses européennes, on constitue la contrescarpe par un mur en béton et on remplace l'escarpe par une grille. Cela est-il bien ?

Ehrlong avait des murs presque à pic, la contrescarpe, en particulier, mais ce fait était dû au hasard et parce qu'on se trouvait dans le roc. Dans la première période du bombardement, l'auteur a souvent observé les effets du tir des obusiers japonais de i5 cm, spécialement sur l'escarpe. Il est probable que l'ennemi ignorait qu'elle était constituée par du roc naturel et il essayait de la détruire. Toutefois, dans sa partie médiane, et en raison de la construction de la poterne, il existait des couches de pierres rapportées que recouvrait un parement en maçonnerie. Beaucoup de projectiles tombèrent sur celle-ci et cependant, en un mois, ils ne réussirent à l'entamer que sur 0,7 m d'épaisseur. Si l'escarpe avait été constituée par une grille, il semble que les projectiles auraient peu à peu diminué la pente du talus d'escarpe et que si les Japonais s'étaient emparés de la contrescarpe, ils n'auraient pas eu de peine à franchir la grille. Des forts avec escarpes en terre munies de grille paraissent donc devoir offrir deux fois moins de résistance que ceux de Port- Arthur.

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Cette question du type rationnel d'escarpe à adopter apparaît donc comme très importante. Le lieutenantcolonel von Schwarz pense qu'il est nécessaire de revenir au type antérieur de mur d'escarpe, mais en le bétonnant. Il sera sans doute endommagé par le tir de plein fouet, mais pour lui conserver sa valeur on le fera plus épais. On peut d'ailleurs réaliser des économies en ménageant des retraites et en le construisant plus large en haut qu'en bas. Pour mieux le défiler et le garantir du tir d'artillerie, on organisera un fossé large de lo m dont le fond sera plus élevé de 3 m, par exemple, au pied de la contrescarpe qu'à celui de l'escarpe. Un talus raccorderait ces deux parties du fond.

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