‹ De l'influence des combats, livrés sous Port-Arthur sur la construction desChapitre 29 sur 39 · ET ECLAIRAGE DES FOSSES · texte numérisé non relu

ET ECLAIRAGE DES FOSSES

Dans un chapitre précédent, on a dit qu'on se proposait d'établir sur les forts trois projecteurs : l'un de grand diamètre, installé sur l'ouvrage lui-même, et deux d'un diamètre moindre formant l'accessoire de la caponnière d'arrière.

Il parait difficile de désigner exactement l'emplacement du premier de ces projecteurs : cela dépend à la fois du type du fort et des formes du terrain avoisinant. Une première condition à réaliser consiste à ne pas éclairer le fort lui-même, ce qui peut s'obtenir grâce à certaines dispositions. Une deuxième, de rendre l'appareil aussi peu vulnérable que possible, résultat qui sera atteint en lui permettant de pouvoir souvent changer de place. La banquette de tir semble fournir l'un des meilleurs emplacements, puisque l'appareil sera en partie défilé par le parapet, mais, si le fort a un chemin couvert, il sera encore préférable de l'y installer, car on évitera ainsi d'éclairer l'ouvrage.

Suivant r,emplacement qui aura été choisi pour le projecteur, on abritera la dynamo et le moteur soit dans les refuges pour les hommes de service, soit dans les coffres de contrescarpe.

Quoi qu'il en soit, il paraît désirable que le champ d'éclairemenl de Fappareil soit voisin de i8o°, afin qu'il puisse balayer de son faisceau non seulement le terrain en avant, mais encore les approches des forts voisins.

L'importance des projecteurs pour la caponnière d'arrière a déjà été signalée plus haut dans le chapitre VI, ainsi d'ailleurs que les emplacements à leur donner.

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i5i

La question de l'éclairage des fossés a provoqué entre les défenseurs de Port-Arthur des discussions aussi ardentes que celles soulevées à propos des coffres de contrescarpe. Les uns trouvent absolument nécessaire d'éclairer les fossés, tandis que les autres considèrent que cela est tout à fait inutile.

D'après ses observations personnelles, le lieutenantcolonel von Schwarz résume tjette discussion comme il suit.

En éclairant les fossés, on se réserve la possibilité de veiller attentivement à leur sécurité, mais on permet aussi à Tennemi qui aura réussi à s'approcher de la contrescarpe, de l'examiner, d'en apprécier la largeur et la profondeur, de déterminer exactement les emplacements des coffres et des sentinelles, ce qu'il est toujours préférable de cacher. En outre, un éclairage permanent aura le grave inconvénient de signaler l'emplacement du fort, car il sera difficile de s'organiser de telle façon que les lueurs des lampes ne s'aperçoivent pas de loin. Il en résulte qu'on facilitera ainsi la marche de l'ennemi sur l'ouvrage. A ces points de vue, l'éclairage permanent des fossés serait donc nuisible.

Cependant, il parait particulièrement désirable qu'au moment d'un assaut il soit possible d'éclairer les assiégeants, lorsqu'ils essaient de traverser les fossés avec des échelles ou par tout autre moyen, afm que la garnison puisse faire usage de ses canons et de ses mitrailleuses. Cela semble tellement nécessaire, que les faits se sont chargés de le démontrer. A Ehrlong, dans la période des assauts d'octobre, il arriva souvent de lancer dans les fossés des bottes de paille enduites de pétrole et enflammées. Sous ce rapport, l'éclairage a une énorme importance morale : il encourage les défenseurs et cause une panique chez les assaillants. Aussi paraît- il très utile d'éclairer les fossés, non pas constamment, mais seulement au moment de l'arrivée de l'ennemi.

iSa DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR

La source lumineuse doit être placée dans les coffres où on ménagera pour elle une embrasure spéciale. Un petit foyer avec réflecteur semble tout indiqué ; il serait masqué en temps normal, mais cependant prêt à tout instant.

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