CHEMINS COUVERTS
Rien ne démontre mieux la nécessité d'une surveillance très active pour la garde des forts que Thistoire de la prise des coffres de contrescarpe des forts Kikouan-nord et Ehrlong. Ce fait que l'ennemi eut la possibilité de s'approcher sans être remarqué jusqu'à la crête du glacis et de menacer le fossé du premier de ces ouvrages, et aussi que personne ne l'empêcha de déposer des charges d'explosifs au-dessus des coffres des deux forts (et sur Ehrlong, la chose se reproduisit deux fois) indique clairement que la garde des fossés et des coffres n'était pas suffisamment assurée ou même qu'elle ne l'était pas du tout. Elle existait cependant, mais les sentinelles étaient installées sur les banquettes du parapet et observaient par des embrasures. Naturellement, par une nuit noire, elles ne pouvaient espérer voir quoi que ce soit à une distance atteignant quelquefois plus de 3o ou 4o m (largeur du parapet, des fossés et d'une partie du glacis). L'ennemi, profitant des entonnoirs produits par les obus, s'avançait sans être remarqué et atteignait ainsi la crête du glacis.
Établir de nouvelles sentinelles près de cette crête était impossible, car il n'y avait rien pour les abriter. Déjà, en avril, tous les survivants d'Ehrlong sentaient l'extrême nécessité de l'existence d'un chemin couvert, mais ce qui se produisit ensuite en octobre les fortifia dans l'idée d'y ménager des abris à l'épreuve et confirma la justesse de ces paroles de Vauban : « Le chemin couvert constitue les yeux et les oreilles du fort. »
SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i53