‹ De l'influence des combats, livrés sous Port-Arthur sur la construction desChapitre 32 sur 39 · COUR INTÉRIEURE DU FORT · texte numérisé non relu

COUR INTÉRIEURE DU FORT

On a déjà mentionné précédemment quels dommages avaient été occasionnés au fort Ehrlong du fait de la présence de la batterie permanente élevée au milieu de Is^ cour, en attirant sur ce fort une grande partie des coups de rartillerie. Elle a cependant rendu quelques services en arrêtant nombre de gros projectiles qui sans cela auraient détruit le courant d'air terminant la sortie de la caserne dans la cour. De plus, quand il devint évident que les Japonais allaient faire sauter le parapet du fort, on songea à utiliser la batterie comme retranchement intérieur constituant une deuxième ligne de défense. Malheureusement, sa galerie bétonnée était déjà fortement abîmée et la tranchée construite en avant, dans le roc, n'était pas profonde, de sorte qu'on ne pouvait songer à y tenir longtemps. Une construction plus rationnelle eût donc pu rendre de grands services.

D'un autre côté, la batterie constituait un excellent parados pour la gorge. En prévision d'une attaque de

SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i55

rennemi par Tarrière, et on sait, eu effet, qu'il avait déjà lancé des colonnes dans ce but, mais qu'il y renonça ensuite, on avait approprié convenablement la gorge. Les Japonais exécutèrent un tir d'artillerie, essayant d'atteindre avec leurs shrapnels les défenseurs qui occupaient la banquette de tir de cette gorge en les prenant ainsi de dos. Cette tactique devint tellement fréquente, dans le courant du siège, qu'à Songchouchan on décida de ne pas installer les défenseurs sur la banquette de tir de la gorge, mais qu'on creusa à l'arrière, à 4 "i de la crête, une tranchée où les hommes furent ainsi à l'abri des coups provenant du terrain en avant de l'ouvrage. On procéda de même sur le flanc gauche d'Ehrlong quand le parados fut démoli.

On peut donc conclure, de tout ceci, à la nécessité : 1° De donner moins de relief à la gorge qu'à la face et aux flancs ;

2° De la protéger par un parados de même hauteur, ou même plus élevé que la face. Celui-ci sera approprié pour permettre de battre la cour en avant et par conséquent pour servir de retranchement intérieur. Il sera relié à la face et même aux flancs par d'autres levées de terre qui, en recouvrant des passarjes à l'épreuve, protégeront également contre les coups d'enfilade et localiseront dans les petites cours intérieures ainsi formées les éclatements des projectiles.

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