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PROJET DE FORTERESSE (PLANCHE III

On peut résumer comme il suit les nouvelles idées émises précédemment en ce qui concerne l'établissement d'un projet de forteresse.

Pour préserver le noyau central contre le bombardement, la ligne des forts doit s'en éloigner de 8 à lo km, de sorte que son périmètre est voisin de 56 km.

La distance entre deux forts ne doit pas dépasser 2 100 m; entre un fort et un ouvrage intermédiaire, il pourra y avoir de 8oo à i 3oo m.

Dans beaucoup de cas et selon la configuration des lieux, les caponnières d'arrière intermédiaires sont séparées des forts.

Les intervalles entre les forts sont remplis partie par des retranchements avec fossé extérieur et partie par de simples levées de terre avec banquette de tir. Les premiers sont organisés sur les terrains d'accès facile, les secondes sur les terrains découpés ou d'accès difficile. Ces retranchements ne s'appuient pas aux ouvrages ; ils sont quelquefois à une distance de loo m en arrière et laissent dans tous les cas un passage libre de 4o ou 5o m pour le mouvement des troupes se rendant en reconnaissance en avant de la ligne principale.

La banquette de tir est élargie en certaines parties de ces retranchements pour permettre d'y installer rapidement les canons contre l'assaut.

Les fossés sont flanqués par des mitrailleuses ou canons à tir rapide de 67 mm placés dans des caponnières ou dans des tourelles mobiles placées à découvert. En

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^vant des fossés il faut ménager un chemin couvert pour les sentinelles.

Derrière et contre le retranchement il existe des traverses avec casernes bétonnées pour abriter les portions de service de la garnison des intervalles. Sur un intervalle de 2 loo m, il y a quatre de ces casernes pour une demi-compagnie.

A 100 m en arrière, il existe par intervalle deux casernes béioimées, chacune pour une compagnie, dûment défilées autant que la 'configuration des lieux le permet.

Des chemins de communication aboutissent à ces casernes et sont prolongés par des embranchements sur les forts et les ouvrages.

Une ligne continue de plantations court tout le long des retranchements, des casernes et des chemins de communication, surtout en pays de plaine.

En arrière de ces chemins de communication se trouvent les positions d'artillerie. Près de la ligne des forts sont les batteries d'obusiers et plus loin encore les canons à longue portée (Canet de 1 5 cm et nouveaux canons de i5 cm et de io,5 cm).

Les batteries comportent deux ou quatre pièces. En temps de paix, on ne construit que la caserne bétonnée pour les servants et un magasin à munitions contenant une réserve de projectiles pour trois jours. Trois ou quatre batteries constituent un groupe dont le chef sera abrité dans un observatoire permanent bétonné ou cuirassé. Les batteries d'un groupe sont reliées entre elles et à l'observatoire par une ligne téléphonique souterraine ; l'observatoire est en liaison également avec le commandant de l'artillerie de la place.

Chaque groupe a un magasin avec une réserve pour cinq jours, disposé à 3oo ou 4oo m en arrière et aussi défilé que possible; il est réuni aux batteries par une voie ferrée démontable.

En arrière de cette position d'artillerie se trouve la

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voie étroite permanente, reliée par d'autres voies rayonnantes du même genre, d'une part, aux magasins du novau central et, d'autre part, par des voies transportables, aux magasins de secteur et aux chemins de communication des forts.

Tout cet ensemble doit être soigneusement défilé. Aucune dépense de ce chef ne sera exagérée, car elle se justifiera durant le siège.

A 2 ou 3 km en arrière de la ligne principale de défense est organisée la deuxième ligne, qui consiste en points de soutien (forts) et en intervalles dans lescpiels on organisera, seulement à la mobilisation, des tranchées et des ouvTages temporaires. Les forts peuvent être espacés non pas de 2, mais de 3 km. Quoiqu'il n'y ait pas de retranchements dans chaque intervalle, on peut cependant y construire une caserne bétonnée pour une compagnie.

Il faut que de la deuxième ligne on puisse canonner la première.

Pour ne pas compliquer la planche III, on n'y a pas fait figurer les communications téléphoniques ni les projecteurs : il suffira de se reporter à cet effet aux figures 7 et 8.

PROJET DE FORT OU D'OUVRAGE INTERMÉDIAIRE POUR UNE COMPAGNIE (PLANCHES IV ET V)

Le projet de fort ou d'ouvrage intermédiaire, dont les détails sont donnés sur les planches IV et V, a été rédigé d'après les discussions précédentes résultant du siège de Port-Arthur.

Pour réaliser un bon défilement et la dissimulation du parapet, la cour est profonde de 6 m et le parapet de la face est constitué en partie par le sol naturel et en partie par des terres rapportées. La caserne pour la garnison est disposée sous le parapet de gorge. Les fenêtres des

casemates se trouvent sur l'escarpe et les portes débouchent dans un corridor qui communique avec :

1° La galerie souterraine qui est en relation avec une autre galerie débouchant sur le retranchement-parados ;

2** Les galeries de tireurs sur les flancs ;

3** La galerie d'escarpe ;

4** Le fossé de gorge et, par-dessous ce dernier, avec la galerie de contrescarpe ;

5° La communication souterraine qui débouche à Farrière du fort.

La galerie sous le retranchement-parados a des sorties :

1° Dans la cour entre le rempart de gorge et le parapet ;

2° Dans la cour entre le rempart de la face et le parapet ;

3** Dans les refuges pour les hommes de service sous la face ;

4° Dans les galeries de tireurs sur les flancs.

Les refuges pour les hommes de service sont constitués par une casemate à deux étages : l'étage inférieur est^ réser\'é aux hommes d'infanterie et l'étage supérieur aux canons contre l'assaut et aux servants. Le premier est relié par une poterne aux galeries d'escarpe et de contrescarpe.

Les flancs s'abaissent progressivement depuis l'angle saillant de la face jusqu'à l'angle de gorge, de sorte que la crête de feu de cette face est à 4 m au-dessus de celle de la gorge, qui est en outre protégée par le parados contre les coups directs de la plaine. Ce parados est organisé en retranchement pour l'infanterie, ainsi que la nécessité en a été démontrée déjà par les attaques des forts de Port- Arthur; de plus, il permet de dissimuler le parapet de la face qui se projette sur lui.

Une traverse perpendiculaire à la face et au parados réunit ces deux levées de terre en protégeant ainsi les défenseurs contre les coups d'enfilade et en localisant les effets des éclats des projectiles.

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Dans les angles de la face sont préparées deux barbettes, chacune pour deux canons contre Tassant, à tir rapide, de 67 mm, qui sont abrités dans les refuges à proximité. L'élévation de la plate-forme de ces barbettes au-dessus du sol de Tabri n'est que de 2,4 m et la rampe d'accès est à 1/5 ; ce qui permet de mettre facilement les pièces en batterie. Pour plus de rapidité et de facilité, on peut même installer une poulie fixée au revêtement bétonné du parapet.

Dans le deuxième étage des refuges de la face pleine, il existe : un logement pour les servants ; un pour les officiers ; un magasin à poudre et à munitions et des water-closets.

A l'étage inférieur des mêmes refuges on loge le peloton des hommes de service, d'où ceux-ci montent sur la banquette de tir par deux escaliers et quatre sorties et d'où ils peuvent se rendre également dans les galeries de fusillade et à la caserne de gorge par des galeries souterraines.

On a déjà montré précédemment, d'après des exemples du siège, combien il serait difficile de défendre les intervalles entre les forts si on ne mettait pas l'infanterie, qui en aura la charge, à l'abri des plus (ortes canonnades de l'ennemi. On ne peut y arriver que par l'emploi de galeries de fusillade bétonnées ou cuirassées. La nécessité de ces galeries est contestée par ceux qui n'ont pas pris part au siège, et cependant l'ingénieur Chochine en a déjà construit dans son service pendant l'année 1906.

Toutefois, ces galeries ne peuvent être ouvertes à l'arrière, sinon leurs défenseurs pourraient être en butte à un feu d'enfilade. On propose donc des galeries complètement fermées, recouvertes d'une tôle d'acier chromé de 10 cm d'épaisseur qui, d'après les données du tableau du général Dourlakher, est capable de résister aux bombes des mortiers de 28 cm, tirées à une distance de 5 km.

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Tous les 3 m, ces galeries sont renforcées par des piédroits en béton de 60 cm de saillie, servant à localiser les effets des bombes, dans le cas où celles-ci arriveraient à percer le ciel, et en même temps de points d'appui pour les plaques de tôle d'acier. Deux ou trois de ces plaques, tenues en réserve, permettent de réparer les dégâts.

La ventilation est obtenue par des tuyaux débouchant à la partie supérieure. Pour protéger mieux encore les galeries à Tarrière, on les dispose non pas à l'aplomb de la banquette de tir, mais à 2 m en avant, ce qui conduit à avoir 2,1 m d'épaisseur de remblai et une deuxième ligne de feu à découvert. Celle-ci peut être utilisée la nuit, lorsque l'ennemi ne peut régler son tir sur le fort. A la période de mobilisation on y élèvera des traverses et on y installera des boucliers à rabattement comme l'indique le profil n° 8 de la planche V.

Dans les angles de gorge, on construira, quelque peu en saillie des galeries, afin d'augmenter le champ de tir, des tourelles cuirassées pour deux mitrailleuses; elles communiquent avec le corridor de la caserne de gorge. Cette dernière comporte : dix casemates, un local pour les officiers, des cuisines et des water-closets avec dix lunettes.

Dans le mur d'arrière de ce corridor, on ménage des niches pour les provisions.

Les difficultés de ravitailler et de renforcer la garnison des forts au moment des assauts ont été maintes fois démontrées dans le courant du siège ; aussi la grande majorité des défenseurs est-elle d'avis de construire une galerie souterraine qui, partant des locaux souterrains ou de la cour du fort, débouche en arrière de celui-ci dans un endroit abrité des coups de Tartillerie ennemie. Cet endroit pourra être un ravin, un bois, etc. Cette communication est indiquée sur la planche IV et le profil n® 2 de la planche V, à l'arrière de la caponnière.

En plus, pour permettre d'introduire des appareils ou

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