‹ De l'influence des excitations cutanées sur la circulation et la calorificationChapitre 7 sur 65 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Applications tliérapeutiques.

Il nous paraît impossible de faire une classification rationnelle des excitants cutanés utilisés par la thérapeutique.

Les moyens employés, les modes d'application, les résultats cherchés ou obtenus sont trop variables pour nous laisser cet espoir. Que voyons-nous, en effet? Tantôt on a recours aux agents physiques : le froid, la chaleur, l'électricité, etc., tantôt on exerce sur la peau une simple action mécanique telle que le frottement ou la flagellation, d'autres fois on utilisera des préparations chimiques. Ces excitations seront légères, modérées ou violentes , elles agiront sur une petite étendue ou sur une grande surface de la peau, pendant un temps trèscourt ou plus ou moins prolongé ; souvent le moyen employé sera complexe, comme dans les douches où l'excitation par la percussion s'ajoute à Texcitalion thermique, ou dans les bains minéraux où l'action chimique se combine a celle de la température ; enfin, des excitants de nature opposée pourront agir successivement, comme le froid et le chaud dans la douche écossaise. Ces excitations seront destinées à produire une action soit stimulante, soit au contraire, antiphlogistique ou dépressive , et le même agent employé de la même manière peut produire l'un ou l'autre de ces effets suivant l'état du sujet; et ici comme dans toutes les

questions de thérapeutique, il y alieu d'envisager simultanément la médication et le malade.

Il nous faut cependant chercher, sous peine d'omissions graves ou de redites fréquentes, à rapprocher les uns des autres les excitants qui sont de nature différente mais dont le résultat est sensiblement le même, au point qu'ils peuvent se suppléer. Il nous faut aussi en séparer ceux d'entre eux dont le mode d'action est absolument opposé.

Or, dans la pratique, on a recours aux excitations cutanées dans trois conditions différentes :

Dans le premier cas, on cherche à obtenir un effet immédiat, tel par exemple que l'arrêt d'une épistaxis, ou la cessation d'une syncope, et alors les excitations doivent produire un effet rapide et ne sont généralement pas de longue durée.

D'autres fois, au contraire, le médecin recherchera un effet plus éloigné ou une modification plus persistante, il voudra par exemple faciliter la résolution d'une phlegmasie, s'opposera des congestions locales, exercer une action tonique et permanente sur la circulation et alors il placera un vésicatoire, fera des applications réfrigé- • rantes locales et prolongées, en un mot, il aura recours à des excitations cutanées de longue durée ot à longue échéance.

Enfin, il est des circonstances où l'on s'adressera à des modes d'application qui produiront bien des effets immédiats ou du moins assez rapides mais peu durables, de sorte qu'un effet salutaire ne sera obtenu que lentement, par la répétition plus ou moins fréquente du moyen employé. Les douches, les bains, l'hydrothérapie d'une

façon générale rentrent presque complètement dans cette classe.

On peut donc diviser, d'une façon assez arbitraire, les excitations cutanées thérapeutiques en trois classes :

1^ Excitations de courte durée et à efiFets rapides ;

2^ Excitations prolongées et à efiFets moins immédiats où éloignés;

3"* Excitations à répétition et à efiFets éloignés.

Dans la première classe : Excitations de courte durée et à effets rapides^ se trouvent : les frictions, la flagellation, Turtication, la sinapisation, Tapplication du marteau de Mayor, la cautérisation, la faradisation cutanée énergique, etc.

Dans la deuxième classe : Excitations prolongées et àeffets moins immédiats ou éloignés : 1* les vésicatoires ; 2** les cautères, les sétons, etc.

Enfin dans la troisième classe : Excitations à répétitions et à effets éloignés^ rentrent la plupart des pratiques hydrothérapiques, et nous réserverons pour ce chapitre tout ce qui est relatif à l'emploi extérieur de l'eau en thérapeutique, en tant qu'excitant cutané.

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