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traitement spécifique, soutenu pendant un temps proportionné à l'ancienneté et à la gravité de la syphilis, ait fait disparaître pendant une période assez longue toute manifestation diathésique non seulement locale, mais générale ou à distance.
Il faudra également s'enquérir avec soin des antécédents, des commémoratifs de tout malade, et rechercher, avec toute la réserve que l'on doit apporter dans un semblable diagnostic, si le sujet, qui va subir l'opération, n'est pas sous le coup d'une syphilis latente.
Les précautions à prendre chez les syphilitiques traités par le mercure et l'iodure de potassium ne sauraient être exagérées. Et, pour le prouver, je rappellerai une intéressante observation de M. Abadie (1).
Obs. — Chez un malade atteint de double iritis syphilitique plastique, ayant entraîné la cécité, un mois après que le traitement spécifique eut déterminé la disparition de toute manifestation syphilitique M. Abadie pratiqua d'un coté la pupille artificielle, mais dès le lendemain la pupille nouvelle se recouvrit d'une fausse membrane, qui les jours suivants ne fit qu'augmenter d'épaisseur, malgré le traitement spécifique aussitôt repris. La cécité était de nouveau complète. M. Abadie dut recourir à une nouvelle opération. Mais, avant de la pratiquer, il résolut d'attendre que le traitement eût été administré pendant un temps assez long pour pouvoir conclure que la diatlièse était neutralisée.
Il opéra alors, mais au lieu de s'adresser à l'œil non encore opéré, il se servit de l'œil sur lequel il avait pratiqué la première iridectomie, comme pierre de touche. Le succès de cette opération nouvelle, inutile au point de vue fonctionnel, lui permit de juger que l'iridectomie serait suivie de succès sur l'œil sain, prévision que justifia l'opération pratiquée peu de temps après.
Ainsi, sur un syphilitique, quelque long qu'ait été le temps écoulé depuis la disparition de toute manifestation
(1) Gaz. des Hôp.. 1875, n» 28. ,
diathésique, on ne saurait trop redoubler de précautions, et, si l'opération est jugée nécessaire, l'on peut donner comme précepte absolu, surtout s'il s'agit d'un cas oii l'intervention est peu urgente, surtout s'il s'agit d'une de ces opérations plastiques dont le moindre accident rend le résultat déplorable pour le malade et pénible pour le chirurgien; on peut, dis-je, donner comme précepte qu'il faut, quelque temps avant de recourir à l'instrument, avoir consolidé en quelque sorte le malade par un traitement approprié à la période de la syphilis à laquelle il est arrivé.
Les autres intoxications générales produites par un virus d'origine animale constituent les affections charbonneuses e.iVQ.^eci\on farcino-mormuse. Les premières évoluent trop rapidement pour que Ton puisse observer d'une manière suivie sur elles les modifications des plaies ou des autres lésions traumatiques .
Nous n'aurions, du reste, pas plus à nous en occuper que des troubles que la diphthérie, l'infection purulente, et toutes les autres infections septiques qui entraînent d'emblée un état organique des ];)lus graves, amènent dans la marche des phénomènes réparateurs chez les individus qui en sont atteints.
Si nous ne parlons pas davantage des effets de l'affection farcino-morveuse, c'est que, jusqu'à présent, à notre connaissance, personne n'a eu l'occasion de constater ou du moins n'a décrit la manière dont se comportaient les plaies accidentelles chez les sujets qui étaient atteints de cette maladie, dont l'évolution est d'ailleurs trop rapidement fatale pour permettre sur ce point des observations d'une plus longue durée.
Mais, en arrivant aux maladies constitutionnelles qui procèdent de l'infection du corps par une substance miasmatique pure et probablement d'origine végétale, nous trouvons une affection qui offre d'autant plus d'intérêt dans l'étude de ses rapports avec le traumatisme, qu'à ce point de vue elle établit une sorte de transition entre les diathèses que nous venons de passer en revue et les intoxications telles que l'alcoolisme.