‹ De l'influence des maladies du foie sur l'État des reinsChapitre 13 sur 42 · TON · texte numérisé non relu

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Nous avons injecté dans les veines d'un lapin, en quatre fois, 5 gr. d'acide lactique (en solution au dixième, puis au cinquième). L'animal succomba immédiatemént après la dernière injection, et ses reins nous présentèrent des lésions assez accusées, consistant en un éclaircissement de l’épithélium sur un grand nombre de tubes con tournés et de branches ascendantes, avec augmentation de volume, déformation, quelquefois même disparition des noyaux. Les tubes collecteurs étaient généralement sains.

T° Injections de peptone. — Certains auteurs, parmi lesquels il faüt citer surtout Plosz et Gyergiai, attribuent au foie un rôle important dans la transformation des peptones, ou, plus exactement, de cette albumine spéciale que devient la peptone après son passage À travers l'épithélium intestinal. D'après Seegen, le foie transformerait les

-peptones en sucre. M. Roger a montré que la peptone, après passage par le foie, devenait trois fois moins toxique. En tout cas, c’est un fait bien connu aujourd'hui, que la peptone apparaît fréquemment dans l'urine au cours de certaines affections hépatiques. M. le professeur Bouchard a observé la peptonurie chez soixante-seize malades atteints de diverses affections du foie. Elle a été notée dans la cirrhose (von Jaksch, Stadelmann, Pacanowsky), le cancer (Robitschek), l’atrophie aiguë du foie (Maixner, Frerichs, Schultzen et Riess, Thomson, Fischel, von Noorden).

La toxicité de la peptone, étudiée par MM. pose et Roger, serait, en moyenne, de 1 gr. 50 par kilogr.

Nous avons pratiqué, chez deux lapins, des injections intra-veineuses répétées d’une solution de peptone (1), dont le titre varia de 4 p. 10 à 1 p. 7. La dose totale fut de 3 gr. 65 dans le premier cas, de 8 gr. 30 dans le second. Les reins de ces animaux se montrèrent très altérés. La plupart des tubes contournés et des branches ascendantes étaient malades : éclaircissement presque complet de l’épithélium, disparition des noyaux, émiettement du protoplasma dans la lumière des tubes sous forme d’une poussière claire, telles étaient les principales altérations. Quelques tubes collecteurs étaient également

(1) Il existe, on le sait, un grand nombre de variétés de peptones, suivant les matières albuminoïdes qui leur ont donné naissance. Aussi nos résultats n’ont-ils forcément qu’une valeur relative. Nous nous sommes servi de la peptone sèche spongieuse de Poulenc.

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atteints. En somme, ces reins sont parmi les plus malades que nous ayons observés au cours de nos expériences.

8 Injections d'acides sulfoconjugués. — On sait qu'il existe dans les albuminoïdes un noyau aromatique. Normalement, cependant, les substances du groupe aromatique (indol, crésol, skatol, phénol), mises en liberté par les putréfactions intestinales et absorbées, n'existent guère qu'à l'état de traces dans l’urine, parce qu'elles sont à peu près complètement oxydées (indoxyle, skatoxyle, etc.) et sulfoconjuguées par le foie. En effet, Baumann a trouvé les acides sulfoconjugués en plus grande abondance dans le foie que dans le sang. C'est ainsi que, par exemple, le foie transforme le phénol en phénysulfate (Kochs). Lorsque le fonctionnement de cet organe est entravé, le phénol peut passer dans l'urine, et l’on connaît sa toxicité pour l'épithélium rénal. Mais les sulfophénates eux-mêmes, tout en étant moins toxiques que, le phénol (Baumann), ne peuvent-ils, à une certaine dose, léser le filtre rénal ? Il est intéressant d'être fixé sur ce point, parce que, contrairement à ce qu'on pourrait prévoir, la quantité de ces sels (qui,

normalement, ne dépasse pas 12 à 25 centigr. en vingt-quatre heures

(d'après van den Velden et Hoppe-Seyler), a été trouvée très augmentée dans la cirrhose et le cancer du foie (Hopadze). En réalité, cette augmentation paraît dépendre surtout de l’exagération des putréfactions intestinales. | 4

Nous avons injecté. à un lapin, en plusieurs fois, une dose totale de 6 gr. 70 de sulfophénate d’ammoniaque en solution au-vingtième, puis au dixième, et enfin au huitième. A la suite de chaque injection, l'animal présenta des phénomènes d'intoxication très accusés, mais passagers (parésie des membres, respiration convulsive). Il saccomba après la huitième injection. Les reins nous présentèrent des lésions bornées à un petit nombre de tubes contournés et de branches ascendantes, dont l'épithélium était en voie d'éclaircissement.

On voit encore apparaître ou augmenter dans l'urine un certain nombre d’autres substances, au cours des maladies du foie. Nous allons les signaler brièvement, bien que nous n'ayons pas expérimenté personnellement leur toxicité pour le rein.

9% Toxicité de l'acide urique, — La plupart des auteurs font jouer un

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rôle important à cet acide dans la formation de l’urée. Pour Liebig,Becquerel, Heynsius, Stokvis, etc., cette substance représente, dans les: phases successives de l’ dal de la matière protéique, le terme qui précède immédiatement l'urée. L'ingestion d'acide urique augmente là proportion d’urée (Wôhler et Frerichs). In vitro, on transforme très facilement, par oxydation, l'acide urique en allantoïne et urée. Dans les maladies du foie, la diminution de l'urée s’ accompagne générale= ment d'une augmentation correspondante de l'acide urique (Lécorché). On sait, en particulier, combien l'urine est riche en acide urique, dans la cirrhose. Au lieu de 40 centigr. à 1 gr. en vingt-quatres, l’élimination de cet acide peut atteindre 8 grammes et plus (Bouchard). Lieblein a constaté qu’il augmente considérablement dans l'urine, après destruction du foie par le procédé de Pick.

La toxicité générale-de l’acide urique est peu élevée, ‘puisqu'H-faut: tre à en injecter 64 centigr. par kilogr, ponr-amener-la-mort (Bouchard). 7 72 Pr Ar DRE Il ne paraît cependant pas inoffensif pour l'organisme, si l’on s’en. rapporte aux expériences de Gigot-Suard; qui, en ayant fait absorber à dés chiens, nota constamment un prurit intense, quelquefois même. des éruptions cutanées. Cet auteur attribue à l’uricémie expérimentale une longue série d'accidents.

: L'élimination prolongée, à hautes doses, de cet acide ou de ses sels est-elle inoffensive pour le rein ? L'examen de cette question sera mieux à sa place lorsque nous étudierons le rein goutteux. Nous pou vons cependant citer ici l'opinion de Deguéret: « Nous avons cons= taté chez les enfants une albuminurie assez intense et transitoire, coïncidant avec une élimination abondante d’urates. Dans un cas, même, il y avait dans le dépôt urinaire des globules de pus, que nous avons attribués à une pyélite très superficielle. Nous considérons comme certaine la subordination de cette albuminurie à l’uricémie.

Dans de tels cas, la lésion rénale est nettement secondaire à un dé

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sordre hépatique. »

ACIDE HIPPURIQUE., — On l’a trouvé angmenté dans lirine, au cours de certaines affections du foie. Mais il est infiniment moins to xique que l'acide urique (Bouchard).

AGDE oXALIQUE, — Cet acide existe normalement dans l'urine

en très faible quantité (jamais plus de 2 (Fürbringer) à 7 centigr.

(Schultzen). Pour la plupart des auteurs français et italiens, sa for- G. 11

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