‹ De l'influence des maladies du foie sur l'État des reinsChapitre 16 sur 42 · ASTON · texte numérisé non relu

ASTON

Lariboisière, relative à un malade atteint d'atrophie jaune aiguë du

foie, rattache l’albuminurie « à l’altération du sang produite par la suspension de la sécrétion biliaire. Dans ces conditions, dit-il, l'albuminurie est un bon signe de l'acholie ». M. Huchard admet également l'albuminurie hépatique. Enfin M. le professeur Bouchard a montré que « le foie peut élaborer certaines substances albuminoïdes de telle sorte que l’albuminurie en résulte », parce qu ‘il produit une albumine impropre aux échanges. L’ Sbaintnurté dans la dilatation de l'estomac, est trois fois plus fréquente chez Le malades dont le foie est congestionné que chez ceux qui ont le foie normal.

M. Springer nous a communiqué une observation de kyste hydatis que du foie où, à deux reprises, l'albuminurie cessa pendant quelques jours à la suite de la ponction. Il ne faut pas confondre cette albuminurie avec celle qui est due à la compression des veines rénales par l’ascite au cours de la cirrhose, et qui cède également à la paracentèse.

L'albuminurie hépatique a les caractères des albuminuries dyscrasiques, c'est-à-dire qu'elle est toujours peu abondante, et souvent intermittente. C’est même à une suractivité fonctionnelle du foie, amenant une destruction trop active des hématies, que Ralfe, Teissier, et von Noorden, attribuent l'albuminurie intermittente cyclique, sur laquelle nous reviendrons. L'albuminurie d'origine hépatique a encore

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pour propriété de n'être pas rétractile, bien que ce caractère n'ait

peut-être pas toute la valeur qu'on lui avait primitivement attribuée.

Pour distinguer l albuminurie dyscrasique de l’albuminurie rénale, « Bouchardat conseille de faire bouillir les urines suspectes avec un excès de chaux, et d'examiner le précipité produit. S'il existe une lésion matérielle du rein, l'albumine mélée à la chaux forme un coagulum qui surnage, et reste nettement séparée de l’urine sous-jacente ; s'il s’agit d'une albuminurie dyscrasique, le coagulum formé gagnera le fond du tube à expérience, et l'urine restera claire au dessus »

(Bussière). !

D’après M. le professeur Jaccoud, cette albumine « ab hœpate

læ5s0 » ne serait pas de la sérine, mais de la globuline. Or, pour lui,

tandis que la sérine est « l’albumine brightique par excellence », la globuline est sans valeur sémiologique en ce qui concerne l’état des reins. Elle n'indique qu'une modification du sang. Ce fait a été contesté: d’après Hoffmann et Senator, la globuline prédominerait dans l'albuminurie des néphrites aiguës (Brault). ‘

Quand nous avons rencontré l’albuminurie au cours de nos expé-

riences, elle était généralement passagère, et toujours peu abondante. Tantôt elle survenait immédiatement après l'opération, et paraissait sous la dépendance de l'acte opératoire lui-même, tantôt elle ne se montrait qu’au bout de quelques jours, et devait sans doute être rattachée à l’état du foie. Il est possible qu’elle ait été due dans certains cas à l’état des reins, mais nous ne saurions l’affirmer.

% Présence de cylindres dans l'urine, — LEUR FRÉQUENCE. — Les

eylindres sont fréquents dans l’urine ictérique. D'après Nothnagel,

ils s'y observent constamment et en abondance, quand il y a eu élimination d'acides biliaires par le rein. Leyden a démontré, en effet,

que l'injection de ces acides dans le sang fait apparaître des cylindres

dans l'urine. Dans près des deux tiers des cas où Nothnagel trouva des cylindres, et alors même qu'ils étaient nombreux, l’albuminurie manquait. ï

M. le professeur Cornil, Rosenstein, Finlayson, ont de même observé, dans l'urine ictérique, des cylindres pigmentés sans albuminurie.

D'après Wagner, dans l'ictère, l'apparition des cylindres précède

toujours celle de l'albumine.

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