CHAPITRE VI Indications thérapeutiques
La notion de l'influence des maladies du foie sur l'état des reins n'apporte guère d'indication nouvelle à la thérapeutique, mais elle renforce celles qui sont déjà acquises. Elle impose surtout les obligations suivantes :
1° Favoriser la diurèse. Tant que celle-ci se maintiendra à un taux suffisant, l'urémie hépatique pourra être conjurée.
2° Diminuer autant que possible la toxicité de l'urine. Pour cela, il faut d'abord donner une alimentation aussi pauvre que possible en matières extractives. |
Le régime lacté répond à cette double indication. Ce n'est pas à dire par là que tout malade atteint d’une affection hépatique un peu sérieuse doive être soumis pendant toute la durée de sa maladie au régime lacté exclusif, mais le laït doit toujours entrer pour une part dans son alimentation, à moins d’intolérance spéciale.
Il ne suffit pas d'éviter l'introduction de nouveaux poisons dans l'organisme : il faut encore essayer de détruire ceux qui s’y trouvent déjà formés. On y arrive, dans une certaine mesure, par l’antisepsie intestinale qui, ainsi que l’a montré M. Bouchard, diminue la toxicité des urines. Les purgatifs, surtout les cholagogues, rendent également des services, en stimulant l’activité du foie, et en éliminant par l’intestin un certain nombre de produits toxiques. Enfin les alcalins peuvent neutraliser jusqu’à un certain point l'acide lactique formé, et épargner ainsi au rein son action nocive.
3 S'abstenir rigoureusement. de toute médication capable, à un degré quelconque, d’irriter le rein. C’est ainsi qu'on devra être sobre de vésicatoires.
4° Soustraire, au tant que possible, le malade à toute cause d'infection, quelle qu’elle soit, puisque l'insuffisance hépatique expose particulièrement le rein à l’action des toxines microbiennes.