‹ De l'influence des maladies du foie sur l'État des reinsChapitre 24 sur 42 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La concomitance des altérations hépatiques et rénales est fréquente.

l'antôt elles sont dues à l'influence d’une cause commune, tantôt

l'affection Lu est sous la dépendance de l'affection rénale, tantôt enfin celle:ci relève d’une altération organique ou fonctionnelle du foie.

Il y a lieu de distinguer, au point de vue de leur retentissement sur le rein, les affections du foie avec ictère, et celles der ne s’accompagnent pas d’ictère.

1° Maladies du foie avec ictère. — Le passage prolongé des éléments de la bile à travers le rein amène, outre l’infiltration pigmen-

faire, une désintégration granuleuse, un éclaircissement progressif,

et quelquefois une dégénérescence graisseuse de ses épithéliums. … L’expérimentation montre que la part principale, dans la production de ces lésions, revient à l’action des sels biliaires.

2° Maladies du foie sans ictère. — Les lésions rénales sont presque aussi fréquentes ici qu’au cours de l’ictère. À part l'infiltration pigmentaire, elles sont semblables aux précédentes.

On peut les reproduire par l’expérimentation. Celle-ci montre que les différents principes anormaux contenus dans l'urine, au cours des maladies du foie, sont tous plus ou moins toxiques pour le rein. Les plus toxiques paraissent être les matières extractives (surtout la leuie la tyrosine et la taurine) et les peptones.

En somme, les principaux caractères des lésions rénales d’ origine hépatique sont les suivants : ce sont des lésions de nature dégénérative, frappant l’épithélium des tubes contournés et des branches ascendantes, plus rarement celui des tubes collecteurs. Les glomé- rules, les vaisseaux, le tissu interstitiel sont intacts. Les altérations n’atteignent généralement qu'un nombre de tubes assez restreint, et se trouvent souvent réparties par petits foyers.

Au point de vue symptomatique, l'influence des affections du foie sur le rein se traduit par des modifications de la diurèse. Mais ces modifications ne sauraient renseigner sur l’état anatomique du rein. L'albuminurie est le plus souvent sans valeur. La présence des cylindres hyalins et granuleux a un peu plus d'importance.

Les altérations du rein, lorsqu'elles sont un peu étendues, influent d’une manière très fâcheuse sur le pronostic des affections du foie. La présence de lésions rénales n’est cependant pas nécessaire à la production des accidents de l’ictère grave, mais l'état de la diurèse exerce une influence prépondérante sur leur apparition et leur terminaison.

La plupart des lésions rénales que l’on observe dans l’ictère grave doivent être attribuées à l'infection. L'insuffisance hépatique facilite l’accès' de l'agent infectieux dans l'organisme, et lui prépare le terrain en faisant du rein un locus minoris resistentiæ.

La notion du retentissement des affections du foie sur le rein impose au médecin les obligations suivantes : entretenir la diurèse, donner au malade un régime aussi pauvre que possible en substances toxiques, faire l'antisepsie de l'intestin, éviter tout médicament irritant pour le rein, soustraire autant que possible le malade à toute espèce d’infection.

. Les troubles fonctionnels du foie jouent un rôle important dans la pathogénie des. manifestations de la goutte et du diabète sucré.

L’expérimentation permet d'attribuer à l'accumulation des acides dans le sang certaines des lésions rénales du diabète.

Les altérations rénales dues aux affections hépatiques, à la goutte et au diabète, rentrent dans la catégorie des néphrites par autointoxication On peut y ajouter les néphrites dyspeptique et phosphaturique, celle du surmenage, le chloro-brightisme, la néphrite par suppression des fonctions de la peau, enfin certains cas d'albuminurie intermittente. Toutes ces néphrites sont sous la dépendance soit d'une désassimilation exagérée, soit d’une diminution des oxydations, soit enfin de ces deux causes réunies.

Page 1