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foyers ; puis, vers le cinquième jour (Foa et Salvioli), des cellules -embryonnaires s'insinuent dans les fibres du réticulum, dont elles tendent à rétrécir les mailles. Quelquefois même, ainsi que l’a noté Steinhaus, et que nous l'avons observé personnellement, ces cellules migratrices pénètrent jusque dans l’intérieur des cellules nécrosées.
C'est en partie grâce à ce processus que les foyers de nécrose, qui s'observent déjà trois heures après la ligature du cholédoque chez le pigeon (Stern), quatre heures après chez le cobaye et le lapin (Bielousow), et qui atteignent leur plus grand nombre du second au sixième jour, commencent à diminuer du septième au dixième, et peuvent avoir disparu complètement au bout de quatorze à dix-huit jours (Pick, Foa et Salvioli).
Mais l’infiltration embryonnaire n'est jamais très accusée. Si elle s'observe surtout au niveau des espaces portes parce que les foyers de nécrose sont généralement attenants à ces espaces, elle y reste circonscrite, sans tendance à s'étendre le long des fissures portes.
En même temps, il se produit dans les cellules de la zone limitante un processus de karyokinèse, qui a été bien étudié par Canalis et Steinhaus.
D'après Foa, Ruppert, Canalis, Pick, at la karyokinèse
s’observe aussi dans les cellules de l’épithélium biliaire : c’est même exclusivement dans ces cellules que l’a notée Toupet. Enfin elle s'observerait jusque dans les cellules du tissu conjonctif, d’ après Ruppert et Pick, contredits sur ce point par Steinhaus. D'ailleurs, selon ce dernier auteur, la karyokinèse ne va que très rarement jusqu'au bout. Bientôt les tractus de chromatine perdent leur disposition régulière, et s'émiettent en ie qui disparaissent à leur tour.
Il y aurait cependant néolormetion de canalicules biliaires aux dépens des canaux préexistants et même des cellules hépatiques (Obrzut, — Gerhardt), mais cette néoformation est niée par Steinhaus et Alonzo,
Enfin les foyers sont pénétrés par des cellules géantes venues de leur périphérie, et qui tirent leur origine de l’endothélium vasculaire (Gerhardt). Ces cellules géantes seraient même, d'après cet auteur, l'unique agent de réparation des petits foyers.
C'est grâce à ces processus de réparation multiples que les foyers de nécrose disparaissent assez facilement. Mais par quel mécanisme
se produisent-ils ? On sait que Rokitansky et von Dusch, invoquant l'action dissolvante bien connue des acides biliaires sur les globules sanguins, Ont prétendu qu'ils dissolvarent également. les cellules hépatiques par contact prolongé, opinion combattue par Ch. Robin, -Kühne, W. Lego. Charcot et Gombault, à leur tour, ont attribué les foyers de nécrose à l'action locale de la bile , épanchée par rupture des canalicules biliaires surdistendus. Mais Hoi et Salvioli, Biélousow, Gerhardt, ont constaté que si l’on injecte dans le cholédoque une masse colorante, celle-ci ne pénètre pas dans les mailles du réti-
culum. :
Aussi, pour Foa et Salvioli, la simple compression biliaire suffit. Telle est également l'opinion de Bielousow, qui admet à la fois la compression des cellules par les canaux biliaires dilatés et, leur imbibition par la bile. Lahousse n'incrimine que l’action chimique de la bile, en rejetant l’action mécanique. En revanche, pour Chambard, les foyers de nécrose ne sont pas dus à l'action de la bile, mais à des altérations artérielles, caractérisées par une infiltration colloïde de la tunique moyenne, avec prolifération de l OCDE d'où diminution de l'apport sanguin.
De fait, Foa etSalvioli, Steinhaus et Gerhardt, ont Hhiae quelquefois la thrombose des vaisseaux voisins des foyers de nécrose. D'après Janowski, l'augmentation de la pression dans les capillaires biliaires amène l'épanchement de la bile entre les cellules et la paroi des capillaires sanguins, d'où compression de ceux-ci et nécrose des cellules. s
Les autres auteurs ont admis pour la plupart une théorie mixte. Ruppert attribue les foyers à l'imbibition biliaire de cellules mal nourries. Steinhaus admet l'influence successive dela stase biliaire et des troubles circulatoires La stase biliaire agit. non seulement physiquement par compression, mais encore chimiquement, d'autant que, par le fait de la stagnation, la bile se concentre (0. Wyss). Cette stase biliaire amène elle-même bientôt une diminution du courant sanguin (Betz), d'où hypotrophie de la cellule hépatique.
Il nous semble, quant à nous, que si les troubles circulatôires peuvent jouer un rôle dans la production des foyers de nécrose, ce rôle estici bien accessoire, et ne peut être qu'un rôle adjuvant. Le rôle
principal revient à la bile. 3
Mais s'agit-il d'une action mécanique ? En réalité, ces deux actions secombinent, etsont d'ailleursinséparables.Eneffet, l'influence directe, toxique, de la bile sur la cellule hépatique paraît incontestable. Steinhaus, ayant mis de petits fragments frais de foie de cobaye dans de la bile fraîche du même animal, vit. au bout de six heures, le noyau devenir incolorable, tandis qu’il persistait sur des fragments plongés dans une solution de chlorure de sodium à 0,6 p. 100. La bile dissout donc très vite la chromatine. !
Normalement, la cellule hépatique n'échappe à cette ‘influence toxique que parce que la bile s'élimine au fur et à mesure de sa production. Mais, si l'équilibre eritre la production et le débit se trouve rompu au profit de la première, la cellule se trouve littéralement imprégnée de bile et périt. La production de foyers de nécrose hépatiques est donc intimement liée à l'élévation de la pression dans les voies biliaires, et trouve des conditions d’autant plus favorables que cette pression est plus élevée.
Ce qui met bien en évidence ce rôle de la pression, c’est que, dans nos premières expériences sur les lapins, alors que nous nous contentions d'une ligature simple du cholédoque, les foyers denécrose étaient ; relativement rares, et manquaient même quelquefois. Or, dans un certain nombre de ces cas, nous trouvions, à l’autopsie, que la ligature s'était desserrée, et permettait un petit écoulement de bile dans l'intestin, Plus tard, nous avons eu soin de couper le canalentre deux lig'atures fortement serrées : les foyers de nécrose se sont montrés à la fois plus abondants et plus volumineux. .
D'ailleurs il n'est même pas nécessaire de lier le cholédoque pour créer des foyers de nécrose L'élévation de pression qui résulte du simple catarrhe des voies biliaires suffit à les produire. C’est ainsi, selon nous, qu'il faut interpréter la production des foyers de nécrose chez les animaux de M. Laffitte, intoxiqués par ingestion d’alcool. Aussi
. bien, toute cause qui élève suffisamment cette pression dans les voies
biliaires, même au prix d’une dilution de la bile, amène la production des foyers de nécrose. Nous les avons obtenus en injectant une solution étendue d'acide acétique dans le canal cholédoque de: lapins. Il
est vrai qu'on pourrait incriminer le catarrhe biliaire consécutif 'à
l’action irritante de l'acide acétique. Mais si l'on injecte dans les
voies biliaires d'un lapin une solution de chlorure de sodium (Bielou-
sow), ou même de l’eau pure (Foa et Salvioli), on obtient le même
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résultat. Cependant Gerhardt a contesté le fait : ayant injecté une solution de chlorure de sodium pendant deux minutes sous une pres- | sion de 50 centim. cubes, il n’a observé aucun foyer de nécrose. Nous avons donc repris l'expérience, en nous servant d’eau bouillie. Un lapin reçut 10 centim. cubes d’eau bouillie dans le cholédoque. L’ayant sacrifié le dixième jour, nous trouvâmes dans le foie quelques foyers de nécrose.
Enfin la réaction différente du tot à la ligature du cholédoque, suivant les espèces animales. vient encore mettre en relief le rôle majeur dévolu à la pression dans les voies biliaires. Chez le chien, la ligature du cholédoque n’amène guère de foyers de nécrose. Foa et Salvioli, puis Canalis, ont déjà signalé le fait. Gerhardt, ayant lié le cholédoque sur sept chiens, n’observa sur aucun d'eux autre chose que de la dilatation biliaire. Nous avons nous-même pratiqué sur trois chiens la section du cholédoque entre deux ligatures, et nous n'avons jamais obtenu de foyers de nécrose. Alonzo, sur trois chiens également, n’obtint ces foyers que dans un cas.
Foa et Salvioli attribuent ce fait à ce que, chez leurs chiens, la perméabilité du canal se rétablit onze fois sur douze, à la suite de la nécrosé et de l'élimination du point comprimé par la ligature. D'ailleurs Schwann, puis Tiedmann et Gmelin, avaient déjà signalé la résorption du fil et le rétablissement de la perméabilité du canal. Mais cette explication ne saurait suffire pour nos trois cas. Là, en effet, le cholédoque était sectionné, et si la perméabilité s'était rétablie au-dessus du point de section, il y aurait eu épanchement de bile dans le péritoine, ce que nous n'avons jamais observé. La principale explication nous paraît, comme à Steinhaus, résider dans ce fait, signalé par Heidenhain, que le lapin et surtout le cobaye sécrètent beaucoup plus de bile que le chien (en 24 heures,le cobaye sécrète 175 gr. de bile par kilogr., et même 223; pour Lukjanow ; le lapin en sécrète 136, tandis que le chien n’en sécrète que 20). Foa et Salvioli n'ont pas observé de foyers denécrose chez l'agneau: or il ne sécrète que 25 grammes de bile par kilogr. |
L'augmentation de la pression dans les voies biliaires joue donc un rôle capital dans la production des foyers de nécrose. Maïs pourquoi ces foyers ne se produisent-ils que dans les premiers jours, alors que l'occlusion du cholédoque persiste ultérieurement? :
Sans doute, comme le dit Gerhardt, parce qu'au bout de quelques