‹ De l'influence des maladies du foie sur l'État des reinsChapitre 9 sur 42 · PT) VER · texte numérisé non relu

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jours de stase biliaire le foie travaille autrement, produit des substances moins toxiques. Vaughan Harley a constaté que, huit jours après la ligature du cholédoque, non seulement la quantité de la bile sécrétée est sept à huit fois moindre, mais sa née est

changée. Elle perd surtout de l'acide taurocholique, qui s'y trouve

dix fois moins abondant. En revanche, elle devient très riche en cho- Re

& Normalement, dit M. Hanot, la bile en tenet 2 p. 100 d'acides biliairos. Pendant la stase biliaire, elle peut. n’en contenir plus que 0,04 p. 100. » Cet auteur a de même signalé la perte de la fonction chromogénique (acholie pigmentaire).

Quant à la teinte variable des foyers, qui sont tantôt colorés par la bile, tantôt incolores, elle doit dépendre de leur âge (Janowski), car, plus il s’est écoulé de temps depuis la ligature, moins les foyers colorés sont nombreux.

Leslésions en foyer n ‘intéressent, dans leur ensemble, qu'une partie relativement restreinte du foie. Mais ils’ y joint une série de lésions diffuses, qui frappent soit une cellule isolément dans une travée, soit. un groupe de deux ou trois cellules adjacentes. Elles s’observent

surtout vers la périphérie des lobules : tantôt il s'agit d'une infiltra-

tion des cellules par le pigment biliaire, tantôt, au contraire, les cellules se colorent mal ; leur protoplasma tend à devenir homogène ; il est plus clair, et le noyau moins net. Enfin, au degré le plus

accusé, on observe une véritable nécrose. Quelques cellules sont le :

siège de vacuoles, roue autres sont atteintes de dégénérescence granulo-graisseuse. En revanche, nous n'avons jamais observé la tuméfaction trouble, signalée. par Lahousse.

Vers le centre des lobules, les lésions sont Pine un peu différentes. La veine centrale et les capillaires voisins sont gorgés de sang, d'où aplatissement des travées cellulaires. Îl en résulte même parfois un aspect réticulé et,comme caverneux, rappelant ce qu'on observe dans certains foies- cardiaques. Dans un cas, nous avons trouvé, dans quelques veines CÉNRAlRE) des cellules que nous ont paru

| être des cellules hépatiques altérées.

Nous avons déjà signalé les. altérations des canalicules biliaires,

consistant en dilatation de la lumière avec transformation cubique et

prolifération de l'épithélium, Nous: avons vu également qu'il se pro-

- duisait, au bout de quelque temps, une néoformation de canalicules

pe biliaires. Enfin les fentes lymphatiques sont dilatées, et remplies de pigment biliaire. $

Saunders, en 1795,, avait déjà noté que, des heures après la ligature du OUR chez le chien, la lymphe venant du foie est colorée en jaune jusqu’au canal thoracique, et que le sang des veines sus- “hépatiques est également fortement coloré. Mais les travaux récents ont établi que c'est par les lymphatiques seuls que le pigment biliaire est résorbé, et que ce n’est qu'nltérieurement qu'il pénètre dans le torrent circulatoire. Von Fleischl et Kunkel ont montré que si, chez le chien, peu après la ligature du cholédoque, on met à nu les lymphatiques allant du foie à la citerne de Pecquet, leur contenu est teint en vert, et donné la réaction de Gmelin, tandis qu'il n'existe pas de traces de pigment biliaire dans le sang.

Si on lie alors le canal thoracique, on n'observe pas le passage du pigment biliaire dans le sang, ou tout au moins il n'y passe qu’à l'état detraces. Cette dernière expérience a été. répétée avec le même résultat par Kufferath, von Frey, et Vaughan Harley. Elle s’est trouvée reproduite chez l'homme dans un cas de Reïchel : un malade atteint d'intoxication phosphorée aiguë ne présenta ni ictère, ni pigment biliaire dans les urines. On trouva, à l’autopsie, un foyer hémorrhagique dans le tissu cellulaire entourant le canal thoracique, et dans la paroi de celui-ci. Cependant, en général, il se produit une circula- tion lymphatique collatérale, permettant le passage des éléments de la bile dans le torrent ciculatoire.

T'elles sont les altérations du foie consécutives à la ligature du cholédoque chez le lapin et le cobaye. à

Chez le chien,.en l'absence de foyers de nécrose, nous avons trouvé, comme principales altérations : une dilatation très marquée des capillaires centro-lobulaires, avec aplatissement des travées cellulaires voisines (cette altération était si marquéé au niveau de certains lobules, qu'elle donnait absolument l'aspect du foie interverti) ; quelques cellules isolées en état de nécrose; puis une disposition particulière des cellules au contact de certains espaces portes, Au lieu d’être parallèles à ces espaces, elles leur sont perpendiculaires, allongées dans le sens radial. Càet là, nous avons observé une légère prolifération de l’épithélium des canalicules biliaires, mais pas de néocanalicules. Jamais nous n'avons vu d'infiltration embryonnaire.

En revanche, nous avons noté, chez le chien, une altération que

nous avons retrouvée aussi, mais moins accusée, chez le lapin et le co-

baye. Au voisinage dé certains espaces portes, les cellules hépatiques prennent la disposition nodulaire. Elles ne sont pas augmentées de

volume, comme dans la véritable hépatite parenchymateuse nodu-

laire, mais leur disposition en couches concentriques est aussi nette

que dans cétte dernière lésion. Aussi serions-nous disposé à voir, -comme Sabourin, dans l'évolution nodulaire un processus assez

vulgaire, et non spécifique, comme tendent à l'admettre Kelsch et Kiener.

Si l’on compare les lésions que nous venons de signaler chez les

animaux à celles que l'on observe chez l'homme daus des conditions

analogues, c'est-à-dife à la suite de l’occlusion des voies biliaires, soit par un Calcul, soit par une tumeur, elles paraissent au premier abord assez dissemblables. C'est ainsi, par exemple, que les auteurs classiques ne décrivent pas chez l’homme la plus caractéristique des lésions observées chez l'animal, les foyers de nécrose. è à + ê PA / ‘ £ +

Cependant cette lésion se retrouve chez l’homme. Charcot et Gom-

: bault ont signalé ces foyers de nécrose dans un cas de cirrhose

hépatique. Ruppert les à observés dans un cas de cancer de l'estomac et du duodénum comprimant les voies biliaires. Janowski, ayant examiné dix foies de stase biliaire (huit par lithiase, deux par cancer de l'ampoule de Vater), trouva dans tous les cas des foyers de nécrose, de tout point semblables à ceux que l’on observe chez’le lapin ou le cobaye. Le nombre de ces foyers était en raison inverse de la durée de la stase biliaire : dans un cas où l’ictère datait de quinze jours seulement, on en trouva dans presque tous les lobules. Enfin, tout récemment, Sauerhering a observé les mêmes foyers de nécrose dans

deux cas de compression des voies biliaires par un cancer du foie.

Cette similitude des lésions observéés ‘chez l'homme et chez l'animal se retrouve dans l'infiltration embryonnaire. Or, chez l'animal, cette infiltration est manifestement sous la dépendance dés foyers de nécrose. Chez le chien, en l'absence de ces foyers, nous n'avons pas observé d'infiltration embryonnaire. D'autre part, chez le cobaye et le lapin, c'est autour de ces foyers qu'elle se produit, finissant par les envahir et par se substitucr à eux. Chez l'homme, il paraît bien en être de même: dans les cas de Janowski et de

Sauerhering, certains foyers de nécrose présentaient sur leurs bords

—"32 — une infiltration de cellules rondes ; d’autres se trouvaient pénétrés par ces cellules ; enfin, dans les cas les plus anciens, les foyers étaient remplacés par une véritable petite cicatrice, due à la transformation du tissu embryonnaire en tissu fibrillaire.

Chez l'animal, il peut en résulter une véritable cirrhose, dans le cas de survie prolongée après la ligature du cholédoque. Chez un chien d’Alonzo, quatre mois et demi après la ligature, le foie:était un peu diminué de volume, dur, granuleux, avec cirrhose péri et intra-lobulaire. N'est-ce pas la reproduction de ce qu’on observe chez l'homme, en cas d'occlusion persistante du cholédoque par un calcul ?

Certains ABUS tendent aujourd'hui à admettre que les cirrhoses ont nécessairement dans leur étiologie un élément infectieux. Litten a prétendu que l'infiltration embryonnaire ne sobserve que dans la ligature septique du cholédoque, et l’on incline actuellement vers cette opinion que la rétention biliaire aseptique, est impuissante à produire la cirrhose.

Cependant Steinhaus, ayant lié de cholédoque à dix-huit chiens, examina chez tous la bile au point de vue bactériologique, et n’y trouva pas de microbes : or tous ses animaux présentérent de l'infiltration embryonnaire dans leur foie. L'infiltration embryonnaire consécutive à la ligature du cholédoque peut donc s’observer indépendamment de toute infection. Elle est secondaire à l’altération de l'élément noble, de la cellule hépatique. Dans la cirrhose par stase biliaire, c'est celle-ci qui est frappée la première : le développement du tissu conjonctif n'est qu'un processus de réparation. La cellule hépatique ne reste d’ailleurs pas passive : sa prolifération montre qu'elle aussi réagit. C'est donc à elle que revient le principal rôle dans la pathogénie de la cirrhose par stase biliaire. |

SympromEes. — Nous n'insisterons pas sur les symptômes présentés par les animaux à la suite de la ligature du cholédoque. C’est une inappétence croissante, un amaigrissement rapide, puis de la diarrhée, et une diminution progressive de la diurèse, aboutissant quelquefois à l’anurie. Plus rarement, on peut observer, vers la fin, des accès convulsifs, ou même des contractions toniques et de la dyspnée. Mais il est un symptôme sur lequel il y a lieu de s'arrêter un peu, car sa présence ou son absence a une grande importance au point de vue qui nous occupe : nous voulons parler de l’ictère.

nage”

Chez le chien, l'ictère est constant, et facile à constater dès le

lendemain de la ligature. Il offre le type complet de l'ictère par réten-

: tion, c’est-à-dire la teinte spéciale des conjonctives, la réaction de

Gmelin, et la décoloration des matières. Chez le lapin et le cobaye,

il n'en est pas de même: l'ictère est beaucoup plus rarement observé,

Certains auteurs ont même prétendu que, chez ces animaux, la liga-

ture du cholédoque n'était pas suivie d'ictère. Il se produit cependant,

mais il est généralement peu accentué et fugitif. Chez le cobaye, il

ne se montre guère avant le sixième jour (Steinhaus); chez le lapin,

il s’observe généralement à partir du second ou du troisième jour

- (Gerhardt a vérifié le fait sur 36 lapins), et ne dure guère que vingt-

quatre ou quarante-huit heures. Il se manifeste par la teinte spéciale des conjonctives et la réaction de Gmelin.

Deux de nos lapinsontprésenté un ictère très net. Chez l’un d’entre eux, les urines commencèrent, au bout de quarante-huit heures, à donner la réaction du pigment biliaire, et la coloration des conjonctives se montra le lendemain. Le quatrième jour, l’ictère était à peine appréciable ; l'animal mourut le soir. Chez l’autre, les conjonctives ne furent pas examinées, mais, dès le lendemain de l'opération, l'urine présenta la réaction caractéristique, et le pigment biliaire fut retrouvé dans le rein, l’animal étant mort au bout de dix-sept heures.

Érar pes rEINs. — Salvioli, un des premiers, étudia les altérations des reins consécutives à la ligature du cholédoque chez le chien. Dés les premiers jours, on trouve dans les épithéliums de fines granulations brunes de pigment, qui augmentent par la suite. Au bout de huit à douze jours, la lumière des tubes, surtout de ceux de l'écorce, est occupée par de nombreuses boules hyalines, libres ou fondues

‘ ensemble. Ces boules siègent primitivement dans la partie de l’épithélium qui regarde La lumière du tube. Puis cette partie se détache, ne laissant plus contre la membrane propre qu'une masse granuJeuse de protoplasma contenant le noyau, tandis que la lumière des tubes

- est bourrée de boules claires, souvent réunies en cylindres hyalins.

- Les vaisseaux, surtout ceux des glomérules, sont très congestionnés. Le tissu interstitiel est normal.

Au bout de vingt à trente-cinq jours, outre l'accroissement du pigment, on note une dégénérescence graisseuse qui amène la désintégration des cellules. On trouve alors des tubes dégarnis d'épithélium.

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Dans un cas datant de plus d’un mois, Salvioli trouva un peu d’épaississement des capsules de Bowman. et une augmentation des noyaux dans beaucoup de glomérules hypertrophiés. Dans deux cas datant de plus d’un mois, le stroma conjonctif était, çà et là, infiltré de leucocytes.

Popow, ayant lié le cholédoque chez quatre chiens et deux lapins, dont la survie varia entre cinq et trente-huit jours, ne trouva rien d'anormal dans les reins, à part une réplétion des canalicules par le pigment biliaire.

Lahousse pratiqua la ligature du cholédogre sur la grenouille, le cobaye et le lapin. Chez ces deux derniers animaux, il trouva, au bout de quelques jours, les reins congestionnés. De plus, il vit, entre la capsule de Bowman et le glomérule. un exsudat albumineux et des leucocytes, rarement l'épithélium desquamé. Les tubes contournés avaient leur lumière. pleine de granulations d'albumine, d’hémoglobine, de bilirubine, et de grumeaux protoplasmiques. En revanche, les cylindres hyalins y étaient rares.

Récemment, enfin, Alonzo a repris l'étude des altérations du foie et du rein consécutives à la ligature du cholédoque. Il examina les reins de trois chiens, qui survécurent quatre jours, dix jours et quatre mois et demi. Chez tous trois, il trouva des lésions d'autant plus accusées que la survie avait été plus longue. Ces lésions n'étaient appréciables qu’à un fort grossissement ; cependant, chez le chien qui survécut quatre mois et demi, on pouvait constater à l'œil nu une certaine diminution de volume de la substance corticale, fait que l'on trouve signalé dans quelques observations d'ictère chronique chez l’homme. :

Les lésions siégeaient surtout dans les tubes contournés. Un cer tain nombre d’entre eux avaient leur épithélium rempli de très fines granulations, où même de petits blocs de pigment biliaire, Sur quelques autres. l'épithélium était en état de tuméfaction trouble. Ailleurs, il était rapetissé, d'aspect plus homogène, finement granuleux, avec désagrégation progressive du protoplasma, perte des contours cellulaires, et fusion des cellules entre elles. Au degré maximum, on trouvait tout le revêtement épithélial réduit à l’état de détritus granuleux obturant la lumière agrandie des tubes. Quant aux noyaux, quelques-uns avaient disparu, mais la plupart, bien

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