‹ De l'influence des moeurs sur la comédieChapitre 6 sur 14 · SIXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

SIXIÈME PÉRIODE

Sous la Hestauralion, les mœurs ne tardent pas à se modifier d'une manière sensible. Des pas-

sions politiques surgissent tout à coup du nouvel ordre de choses, et avec elles, selon la coutume, la violence, F injustice et la discorde. Mais les opinions qui, plus tard, doivent se subdiviser à l'infini, et s'isoler les unes des autres, se groupent pour le moment en masses compactes, et ne font naître dans toute l'étendue de la France que deux factions ennemies, celles des royalistes et des bonapartistes. Cette époque de réaction, si féconde en revirements, en apostasies de toute espèce, où les contrastes les plus singuliers frappent incessamment les yeux, demanderait, pour en bien faire apprécier la physionomie, une peinture développée et précise dans ses moindres détails; le plan que nous avons dû adopter nous l'interdit, et ne nous permet que d'en esquisser les traits principaux.

Les dissentiments politiques que Ton voit éclater jusque dans le sein des familles en brisent tous les liens ; ils y engendrent des haines si profondes et si implacables, que des pères et leurs enfants ne peuvent plus habiter le même toit.

Les coryphées du parti royaliste, les émigrés, rentrés en France à la suite des Bourbons, et à qui les princes de cette famille, pour prix de leurs services et de leur dévouement, ont partagé ou restitué les plus hauts emplois, dissimulent à peine leur mépris pour les hommes et les choses de l'Empire; ils affectent, en outre, des airs de triomphe tout à fait blessants ; et c'est avec vérité que, dans sa verve railleuse, et pour stigmatiser leur jactance^ le poète national a pu s'écrier :

Voyez ce vieux marquis Nous traiter en peuple conquis î

Sous leur influence funeste le clergé reprend son ancien ascendant. Les congrégations religieuses, les couvents renaissent et se multiplient à Tinfini. Les missionnaires parcourent toute la France, et dans les moindres villes comme dans les plus populeuses, à leur voix s'élèvent aussitôt et splendidement les croix dites de mission. Le chef-d'œuvre de Molière et de la scène, Tartufe, est mis à l'index. Toléré encore à Paris, il ne peut

plus se produire sur nos théâtres de province. Les processions publiques sont autorisées; et Ton voit, sans en être bien édifié, de vieux guerriers, les amis, les soutiens, les premiers lieutenants du plus grand homme de guerre qui fut jamais, assister à ces cérémonies , où, la tête baissée et l'air contrit, ils tiennent un cierge d'une main et de l'autre un cordon du dais. Ces tristes résultats servent singulièrement l'opinion libérale qui se propage dans la classe ouvrière et marchande, mais non pas sans créer quelques sectaires maladroits, dont le ridicule exerce bientôt la verve et la raillerie parisiennes. En effet, des employés, des artisans, des boutiquiers, pour mieux afficher sans doute leur libéralisme, se croient obligés d'assombrir leur physionomie et de porter la moustache. Par leur tenue et certains détails de leur costume, ils espèrent faire voir en eux des débris de notre héroïque armée. Les commis des magasins de nouveautés vont plus loin encore, et pour rendre leur métamorphose plus complète, outre la moustache, ils adaptent à leurs

chaussures <le sonores éperons qu'ils font retentir militairement sur les pavés et les dalles des boulevards. Ce sont eux qu'à cette époque on appelle du nom de calicots, et tous ceux dont la tournure et les airs fanfarons paraissent suspects reçoivent le même sobriquet.

Certes, (elle période de quinze années, où la paix européenne succédait pour la France à un état de guerre permanent; où dans tout le pays s'était organisée, avec la liberté de la presse, une lutte d'un autre genre, la lutte des idées et des principes; où Tégoïsme et l'avidité avaient tué chez tant de puissants personnages le sentiment national et jusqu'au respect de soi-même; où naissaienl déjà le culte des intérêts matériels, la passion du luxe, le désir des rapides fortunes, qui faisaient recourir aux entreprises hasardeuses, aux spéculations de bourse et à l'agiotage; où enfin, pour achever le tableau, la littérature subissait aussi son invasion et se trouvait divisée en deux sectes ennemies, classique et romantique , non moins violentes, non moins implaca-

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bles dans leur haine que les deux sectes politiques, cette période de quinze années, disonsnous, devait être, on le voit, éminemment favorable à la comédie. Examinons comment les auteurs dramatiques en furent impressionnés, et quelle influence les mœurs de cette époque ont exercée sur leurs productions.

Si nous en exceptons sept à huit pièces estimables telles que la Famille Glinet, de Merville ; l'Agiotage et lesTrois Quartiers , de Picard; le Folliculaire et le Roman, de Delaville; la charmante comédie de M. Samson, la Belle-Mère et le Gendre, et deux autres fort remarquables de Casimir Delà vigne, les Comédiens et l* Ecole des Vieillards, tout le répertoire nouveau du Théâtre-Français et de l'Odéon ne se compose guère que d'ouvrages sans couleur, où l'on chercherait en vain la peinture de quelque caractère et des mœurs de l'époque. Mais il faut prendre la comédie partout où elle est, sans avoir égard à la dénomination des genres, ni se laisser arrêter par d'absurdes préjugés, et dès lors on la pouvait trouver dans

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les vaudevilles de M. Scribe, dont le rare talent commençait à se faire connaître. Son théâtre, pendant ces quinze années, pour n'être composé que d'esquisses légères, n'en est pas moins l'expression la plus fidèle des mœurs de la Restauration. Les preuves pour le démontrer ne nous feront pas défaut, comme on le verra ; mais avant de les produire, nous devons revenir sur les deux grands ouvrages cités plus haut, les Comédiens et 1 Ecole des Vieillards, les meilleurs, peut-être, qu'on ait donnés depuis Turcaret et la Métromanie, et qui, malgré quelques défauts que nous devons signaler ici dans l'intérêt de notre recherche , resteront sans aucun doute, avec ceux des maîtres, au répertoire de la scène française.

«Ah ! les étranges animaux à conduire que les « comédiens ! » s'écrie Molière dans l'Impromptu de Versailles. Il savait, en effet, par expérience, quelles tribulations , quelles vicissitudes leur mauvais vouloir et leurs caprices font éprouver à ceux qui les dirigent. Mais un directeur de théâtre est un prince omnipotent, et, comme tel,

il peut réprimer, ou du moins contenir les haines, les jalousies et les rivalités nuisibles que doit né > cessa irement engendrer une profession où l'amour-propre est sans cesse excité. Casimir Delavigne, en traçant le tableau d'un sénat comique, composé d'acteurs ayant tous des droits égaux et se gouvernant eux-mêmes, a voulu montrer combien pouvaient être dangereuses pour l'art ces rivalités, ces haines, ces jalousies lorsqu'elles prennent leur libre essor et qu'elles ne sont plus retenues par aucun frein. Sa pièce peint avec vérité, mais non pas sans quelque exagération, des travers qui ne sont que trop réels chez les comédiens. L'intrigue pourrait mériter le même reproche ; elle est un peu forcée, et lord Pembrock, épouseur sérieux, qui fait suivre ledon de sa main d'une fortune immense, pousse bien loin la crédulité, quand, sur la simple affirmation de mademoiselle Estelle , il n'hésite pas à voir en elle une femme titrée, une baronne, et quand , plus tard, la rencontrant dans un foyer d'acteurs, cette maîtresse intrigante, pour y justifier sa pré-

sence, lui persuade qu'elle esl l'auteur de la pièce nouvelle qu'on répète en ce moment. Le style, qui distingue surtout le talent de l'auteur, fait le principal mérite de l'ouvrage. Il est pur, élégant, élevé, plein d'énergie et de passion; i 1 abonde, en outre, en traits heureux, fins, piquants et comiques. Oserons- nous le dire cependant? ce style si brillant, remarquable à tant de titres, manque peut-être des qualités qu'exigent avant tout les œuvres dramatiques; et ce n'est point là, nous essaierons de le démontrer, le genre de versification qui convient à la comédie. En fait de style comique, c'est encore à Molière qu'il fau 1 recourir pour en trouver le meilleur modèle. Le tour poétique n'exclut point chez lui la franchise et la simplicité. C'est pourquoi le langage qu'il prête à ses acteurs a tout le naturel de l'improvisation, et c'est en effet ainsi que Ton est censé parler au théâtre. Nous en citerons, entre autres preuves, la belle tirade d'Alceste, qui se termine par ces vers ;

1 élcblcu ! ce me sont de mortelles blessures

De voir qu'avec le vice on garde des mesures -, Et parfois il me prend des mouvements soudains De fuir dans un désert l'approche des humains.

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Certes, s'il pouvait être permis de 's'éloigner un peu du naturel dans le langage, c'était en faisant parler un personnage passionné, à qui sa haine contre les vices devait inspirer pour les flétrir les mouvements d'une mâle et noble éloquence. Néanmoins, dans cette tirade si pleine de poésie , les tours de phrase , les expressions, leur emploi, tout est naturel, et l'on sent que Ton peut parler ainsi d'abondance. /

Voici maintenant, parmi beaucoup d'exemples que nous pourrions citer, un passage de la pièce des Comédiens; c'est la relation d'un voyage à Bordeaux que lord Pembrock fait à l'un de ses amis :

Le trait qui m'a dompté Des regards d'une veuve est parti cet été.

Je roulais vers Bordeaux, où tendait mon voyage : Soudain vient à passer un brillant équipage Qui, par mon phaélon, dans sa course heurté,

Aux cris des voyageurs s'abat sur le côté;

J'arrête, et vois descendre une femme expirante;

Elle tombe sans force aux bras de sa suivante,

L'œil éteint, le front pâle et les cheveux épars.

Moi, qui soutiens toujours l'honneur des léopards.

Surtout auprès du sexe, en offrant ma voiture,

Je tourne un compliment qui d'abord la rassure.

Sa suivante, à mon char, la conduit par la main ;

Elle allait à Bordeaux, j'en reprends le chemin.

Les plus Gères beautés n'ont jamais dans l'Asie

D'un aiguillon plus vif piqué ma fantaisie ;

Mes regards attachés sur ses yeux languissants

Commençaient à parler du trouble de mes sens.

Mais j'apprends qu'elle est veuve ; elle pleure, et ses larmes

Contre ma liberté sont de mortelles armes.

Je l'invite à l'auberge, en termes délicats,

A tromper sa douleur par un frugal repas.

La baronne consent, car c'est une baronne,

Et la Tamise enfin soupe avec la Garonne.

Ces vers, à coup sûr, sont délicieux, pleins d'élégance et de poésie, mais ce genre de poésie est-il bien celui qui convient au théâtre? est-ce ainsi que l'on parle dans la conversation? Non*

sans doute ; et pour dire toute notre pensée, cette versification brillante nous semble moins appartenir à la comédie qu'à l'épître ou à la satire. Du reste, ce défaut est bien moins sensible, et disparaît même presque entièrement dans l'École des Vieillards, admirable comédie qui ne laisserait rien à désirer si Ton y trouvait un peu plus de comique, et si la peinture de certains travers de l'époque, très compatible avec la nature de son sujet, en rehaussait le mérite. Voyez le Misan thrope, car c'est toujours Molière qui doit servir de modèle en tout. Àlceste reproche ainsi à Célimène d'admettre dans sa société toute sorte de gens :

Mais au moins, dites-moi, madame, par quel son Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort. Sur quel fond de mérite et de venu sublime Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime ? Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit? Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde, Au mérite éclatant de sa perruque blonde?

Ou sa façon de rire et son ton de fausset Ont-ils de vous toucher su trouver ie secret ?

Voilà, certes, un original fort bien dépeint; cependant Molière ne se borne pas à nous en donner le portrait. Il le met en scène; non- seulement lui, mais encore l'un de ses amis, le présomptueux Acaste. A la rigueur, il aurait pu se passer de ces deux personnages, mais outre que par leurs airs évaporés et leur ton suffisant ils jettent de la gaieté dans la pièce, Molière trouvait un autre avantage à les y introduire , celui de faire connaître dans des peintures en action, ainsi qu'il le recommande, les hommes ridicules de son temps ; et toutes les descriptions, tous les portraits du monde, en effet, n'auraient pas pu donner une idée aussi exacte des jeunes courtisans de cette époque, des petits marquis, comme on les appelait, que les délicieux rôles d' Acaste et de Clitandre.

Dans l'École des Vieillards, Dan ville fait aussi reproche à sa femme de la société qu'elle reçoit,

SUR LA COMKDIE. tf

des grands dîners qu'elle donne, des beaux esprits qu'elle y invite. Je ne sais pas, dit-il,

De quel air on écoute Vos auteurs nébuleux auxquels je n'entends goutte, Et tout leur bel esprit ne fait que m'étourdir. Moi, qui cherche à comprendre avant que d'applaudir.

De traiter ces messieurs j'aurais eu la manie. Si j'étais assez sot pour me croire un génie

Le jeune duc Del ma r, épris de madame Danville, essaie, dans l'espoir de l'entraîner au bal que donne son oncle le ministre, de piquer sa curiosité en lui faisant l'énumération des célébrités de tous genres qui doivent s y rendre. Vous y verrez entre autres, dit-il,

Ce savant, qui pour vous déridant son front sec, Un jour sur voire album écrivit un mot grec; Et le gros général qui rit bien comme trente : Par malheur sa gaîté suit le cours de la rente.

Eh bien! c'est ce gros général, c'est l'auteur nébuleux dont parle Banville, qu'il eût fallu

f.2 INFLUENCE DES MŒURS

mettre en scène C'était de l'actualité. Les romantiques faisaient alors grand bruit ; on les recherchait, et beaucoup de nos généraux de l'empire mis à la retraite, retrouvant sans doute dans les spéculations de la Bourse quelques-unes des émotions des champs de bataille , s'y livraient avec la pins vive ardeur. Ces deux personnages, en faisant connaître les travers du temps, eussent pu répandre dans la pièce la gaieté que trop souvent on y cherche en vain. Quoi qu'il en soit, et malgré ses défauts, cette comédie est certainement l'une des plus belles qu'on ait données depuis Molière. Il est toujours fort difficile de classer les œuvres d'art remarquables et de déterminer à quel degré leur mérite peut les rendre supérieures les unes aux autres, puisque le plus souvent elles se distinguent par des qualités toutes différentes. Néanmoins , si parmi les grandes comédies en vers il nous fallait assigner le rang que doit occuper C École des Vieillards, ce n'est point à côté des Deux Gendres, m du Philinte de Molière, ni du Mëcfiant, que nous lui donne-

SUR LA COHÉIME. <tf

rions place. Notre admiration nous la ferait porter plus haut encore, et c'est jusqu'à la Métromanie qu'il nous semblerait juste de l'élever.

Nous avons dit que M. Scribe, dans une foule de petits ouvrages, avait reproduit fidèlement les mœurs de la Restauration. On doit comprendre dans ce qu'on appelle les mœurs ces ridicules, ces travers, ces goûts fugitifs que la circonstance fait naître et qui se renouvellent sans cesse dans une grande capitale. M. Scribe expose d'abord, en effet, à la risée publique l'outrecuidance de ces malencontreux commis marchands dont la prétention était de se faire passer pour des militaires licenciés de l'armée impériale. Dans une petite pièce intitulée le Combat des Montagnes, il introduit un certain M. Calicot, marchand de nouveautés, qu'une dame prend pour un militaire. « Je ne le suis pas, lui dit-il. — C'est que « cette cravate noire, ces éperons, et surtout ces « moustaches... Excusez, monsieur, je vous pre- « nais pour un brave. —11 n'y a pas de quoi, » répond M. Calicot.

Oui, de tous ceux que je gouverne

C'est l'uniforme, cl l'on pourrait entiu

Se croire dans une caserne En entrant dans mon magasin ;

Mais ces liers enfants de Bellone,

Dont les moustaches vous font peur t

Ont un comptoir pour champ d honneur, Ft pour arme une demi-aune.

Dans le Solliciteur, M. Scribe attaque un autre traversée l'époque, une man ie devenue commune à des milliers d'individus, celle de postuler des places et de réclamer des indemnités auxquelles le plus souvent ils n'avaient aucun droit. On les voyait dès le matin assiéger, envahir les bureaux de tous les ministères; ils y demeuraient toute la journée, y prenaient leurs repas, et ne les quittaient qu'avec les employés. Les tribulations de tous genres du pauvre M. L'Espérance font assez voir combien était ridicule et décevant le triste métier de solliciteur. Le vieil émigré de la Kestauration est peint à merveille dans le vicomte de la Morlière du vaudeville d'Avant. Pendant ft

Après. Ce nouvel Épiménideest revenu en France après une absence, ou plutôt après un sommeil de quarante ans. Il ne reconnaît plus son Paris, qu'il prétend qu'on lui a gâté. Les gloires de l'Empire, l'ascendant qu'exerça la France sur l'Europe entière pendant de si longues années, tout cela est comme non avenu pour le vicomte. On lui parle de Wagram ; il ne sait ce qu'on veut dire, et demande si ce n'est point une terre appartenant à son frère le marquis. A soixante ans passés, il a conservé les airs sautillants, le ton évaporé, les idées, les préjugés, les mœurs des nobles d'avant 1789. Croyant que le fils du comte de Surgy, son ancien ami, a des créanciers et de plus un rival plébéien qui le contrarie dans ses amours, il conseille au jeune homme de faire mettre les uns au For-l'Évêque et d'envoyer l'autre à la Bastille. Sa stupéfaction est extrême quand il apprend que Bastille et For-l'Évêque n'existent plus. Nous n'avons pas dessein de passer en revue tous les vaudevilles de M. Scribe où l'on pourrait apprécier son talent de peintre ob-

servateur; c'est d'autant moins notre intention que, dans la période suivante, nous aurons à parler avec détails de beaucoup d'autres de ses ouvrages plus importants, représentés sur la scène française depuis 1830. Nous dirons seulement que dans toutes ces petites pièces il n'en est aucune, quand même elles ne reproduisent point spécialement quelque travers du jour, où l'on ne trouve des traits mordants, de fines railleries et des couplets satiriques, faisant allusion à tout ce qu'il y avait alors de ridicule et de moquable dans les mœurs. Ktienne prétend qu a défaut d'histoire, de chronique, d'inscriptions et de médailles, on devinerait les révolutions politiques et morales d'un pays à l'aide seulement de comédies, fidèle expression de ses mœurs. Si cette supposition n'est pas plus ingénieuse que vraie, le répertoire de M. Scribe pourrait offrir en partie cet avantage. Les nombreux vaudevilles dont il se compose forment une galerie, non pas de tableaux, mais d'esquisses de mœurs très ressemblantes qne dans la suite, nous n'en doutons

pas, les amateurs consulteront avec beaucoup d'intérêt.

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